ÉPISODE 06
KIMORA JOHNSON
Ce que Mademoiselle Isha dit est sérieux. Il est vrai que ma foi ne me permet pas d'être d'accord avec ça parce’ il s'agit d'une vie qu'on arrache. Mais il faut se l'avouer. Les filles ont toujours avorté dans ce pays. Il n'y a qu'à voir le nombre de perte en vie humaine lié aux avortements qui ont mal tourné. Je me souviens de notre employé de maison. Elle s'est faite avorté clandestinement. Ça a mal tourné et au lieu d'avouer elle a gardé le secret jusqu'à ce que ce soit grave et qu'elle soit entre la vie et la mort. Elle est morte sans qu'on ne sache qui l’a enceinté et qui lui a donné les comprimés abortifs. Personnellement je pense que c'est mon beau père, l'époux de maman. Ce type est une ordure, un obsédé sexuel. Je crois qu'au fond maman la toujours su, elle fait juste semblant de ne rien voir. Je n'arrive toujours pas à savoir pourquoi elle ne la jamais quitté, il ne lui donnait pourtant rien à part des problèmes à régler. Il savait qu'elle avait peur qu'il la quitte et qu'elle se retrouve célibataire une fois encore. Je me rappelle de quand on est revenu du royaume uni. L'entourage n'a pas été très tendre avec les critiques à son endroit.
Les gens sont allés jusqu'à dire que si un blanc n'a pas pu la supporter alors que les blancs sont réputés pour être doux c'est qu'elle doit être si ou ça. Papa Fernand (c’est comme ça qu'on l'appelle) a été comme un soulagement quand il est venu dans sa vie. Il était riche indépendant et cultivé. C'était un homme qui s'assumait, il semblait ne pas être gêné par la condition de femme divorcé et mère célibataire de ma maman. Il venait chez nous avec plein de cadeau pour moi, c'était le seul homme que maman a fait entrer dans notre vie. Très tôt il venait dormir chez nous. Un soir de 14 février, il lui a demandé sa main avec tout le tralala comme si on était chez les Whity. Maman était heureuse. Elle pétillait. J'étais contente aussi parce-que a l'école j'avais désormais un papa et pas n'importe lequel, c’était un homme respecter. Maman lui faisait confiance, il nous a demandé de venir habiter avec lui, on ne le pouvait pas. La maison où nous habitons était en litige la quitter voudrais dire prendre le risque de le perdre. Il a alors aménagé avec nous. Papa Fernand nous faisait même à manger, il n'était pas le genre qui croit que les travaux domestiques sont réservés aux femmes. Nous étions heureux jusqu'à ce qu'une cousine vienne passé un bout de temps avec nous. Elle était jeune ,18 ans je crois. Elle m'avait confié être vierge. A l'époque je devrais avoir 11 ou 12 ans, papa Fernand venait contrôler si je me lave bien à chaque fois que je prenais un bain. J'avais déjà des seins et tout. Donc quand ma cousine est venu, nous prenions nos bains ensemble, papa Fernand venait toujours pour son contrôle. Ma cousine m'a dit que ce n'était pas normal qu'il fasse ça. Que c'était pervers vu que nous sommes désormais des jeunes femmes. Elle m'a demandé de le dire à ma maman.
Un soir lorsque cette dernière est rentrée je lui ai donc fait part de cela. C'est l'effet contraire qu'elle a eu. Elle m'a grondé dessus et m'a accusé de faire les choses interdite avec les garçons, que sinon ce n'est pas aujourd'hui qu'il me surveille lors de mes bains et que cela ne m'a jamais dérangé. Elle a dit que c'est elle qui lui a demandé cela.
Les choses ont continués jusqu'à ce que papa Fernand ait commencé à avoir des comportements bizarres envers ma cousine. Il lui touchait les fesses, les seins sans gêne. Il voulait tout le temps amené ma copine connaître la ville ou se promener avec elle. Maman n'y trouve aucun inconvénient.
Un jour ma cousine a fait appel à ses parents accusant papa Fernand de l'avoir v****r. Cela a créé tous ce que ça pouvait créer. Papa Fernand a nié les faits et maman a accusé ma cousine de vouloir détruire son foyer. La famille s'en ai sorti déchirer, une partie soutenait maman et l'autre ma cousine.
C'est l'année qui a suivi que Assiba a fait son entrée dans nos vies. Elle était âgé que moi de 3ans. Elle avait 16ans, très pulpeuse. Elle avait des formes généreuses. Je ne sais pas si maman faisait l'aveugle pour ne pas voir que celle-là ne pouvait pas rester chez nous ou c'était un plan qu'elle avait prémédité. C'était sûrement un bout de viande lancé dans la grille de son mari pour calmer son appétit qu'elle a du mal à gérer. Assiba était pubert donc un peu malmené par les hormones. Elle était très enchantée par le regard que lui lançait mon beau père. Il avait littéralement devant elle. Maman avait commencé à enchaîné les voyages d'affaires pour le bonheur de son pervers de mari.
Moi je m'isolais dans ma chambre quand je rentrais. La maison était à eux deux.
Les choses ont dégénéré quand Assiba n'allait pas bien, elle se plaignait des maux de ventre. Maman était allée lui prendre un produit pour ça. Elle n'allait toujours pas mieux. On avait constaté qu'elle saignait beaucoup, maman a alors décidé de la conduire aux urgences. Les médecins ont fait tout ce qui était en leur pouvoir mais elle en est morte.
Isha : j'aimerais pouvoir lire dans la pensée des gens, comme ça je saurai ce a quoi vous pensez tout le temps.
Moi: (sortant de ma rêverie) lol ! Ce n'est rien d'intéressants je vous assure.
Isha: hum! Si vous le dites.
Moi: un jour vous saurai tout, un pas après l'autre. Tout est question de temps.
Dites-moi, après cet avortement, vous vous êtes mise sous contraception ?
Isha: non non, c'est l'une des erreurs que j'ai fait, j’ai toujours craint les contraceptives, surtout pour leurs effets secondaires. Il y a une désinformation qui consiste à faire croire aux jeunes femmes qu'elles courent le risque de ne pas avoir un enfant. On disait qu'il vaut mieux attendre avoir un enfant avant.
Après le curetage, nous avons gagné en maturité sexuelle. On était désormais en troisième année de notre formation a l'Université. Notre deuxième bourse venait de sortir quand j'ai voulu aller rendre visite à mes parents. Je me rappelle que j'avais laissé ma carte bancaire a Aristide, là où j'allais il n'y avait pas cette banque pour que je puisse faire des retraits et c'est possible que j'ai besoin d'argent.
Après mon départ, Aristide a eu un souci avec leurs bailleurs. Il lui devait 16 mois, le bailleur voulait les vider. A l'époque il y avait sa sœur, lui, son frère et leur papa. Il m'a donc demandé de lui prêter l'argent que j'ai laissé sur compte. Je ne pouvais pas avoir de l'argent sur un compte pendant qu'on les vide de chez eux alors je le lui ai prêté. Sa bourse avec laquelle il devrait me rembourser est sortie bien plus tard. Il a pris une moto avec ça, nous avons grandi et il était temps que nous cessions de marcher. Ce n'était pas seulement pour lui qu'il a pris la moto mais surtout pour moi, je méritais d'avoir un gars qui a une moto et qui pourrais m'amener ou je veux. Bien évidemment pour nos dépenses et ses soucis d'argent ma bourse à moi a servi à ça. Mes parents ont alors commencé à me voir du mauvais Œil. Tous mes camarades ont réalisé avec leurs bourse, ils ont un ordinateur et et une moto moi je n'ai rien. Ils pensent que je ne sais pas gérer l'argent et que j'ai dilapidé mon argent, je ne pouvais pas leurs expliquer que j'avais fait un prêt à mon petit ami. Et puis de toute façon il y a la société qu'on a créé lui et moi, enfin qu'il a créé et avait besoin d'un associé. Il me la proposé et j'ai accepté. J'ai investi mes dernières économies dedans parce-que lui-même n'avait plus rien. J'ai compris plus tard qu'il n'a jamais été question d'avoir une société lui et moi et qu'on va léguer a notre progéniture, il avait commencé à créer l'entreprise seul et quand il a été confronté au problème d'argent, il a penché sur le volet avoir un partenaire et le faire signé actionnaires. Son argent servira pour la part qu'il faut nécessairement avoir sur le compte de l'entreprise et les paperasses.
Évidemment tout ça m'a fait de la peine, l'humain est très calculateur.
Moi: Ce n'est pas pour vous interrompre mais dites-moi, c'était votre dernier avortement ?
Isha : oui, quand j'étais tombé enceinte de mon fils, j'ai voulu avorté.
Moi: pourquoi cette fois?
Isha : j'étais en première année de master en science et technique. Dans mon univers il n'y avait pas de femme, j’étais la seule. Avant que je ne commence la rentrée, Aristide en bon calculateur avait voulu demander ma main chez mes parents. Je n'étais pas prête, j'en ai parlé à ma maman. Elle m'a rassuré que c'était une bonne chose, la suite logique de notre relation et que je devais être heureuse parce-que j'ai de la chance. Je pouvais continuer mes études tout en étant rassurer que je ne finirai pas vieille fille. Elle m'avait demandé si je l'aimais, je lui ai répondu que oui mais je n'étais pas sûr que ce soit lui le bon. Elle m’a dit que c'était normal d'avoir cette impression. Alors ils sont venus demander ma main. Je ne remercierai jamais assez mon papa de m'avoir épargné de certaines choses. Vous savez il y a des hommes qui méritent le titre de sage, eh bien c'est comme mon père. Avec lui je n'ai pas eu besoin de lui dire que je n'étais pas prête ou quoi que ce soit.
Il les a reçu et leur a dit que c'était plutôt une reconnaissance qu'ils vont faire parce que je n'étais pas prête à me marier. Il leur a dit que je voulais continuer les études et qu'il espère que ça ne les gênent pas. Il a par ailleurs poursuivit en disant qu'il ne veut pas entendre que j'étais enceinte ou quoi que ce soit dans cet ordre-là. C'est donc juste une promesse que les deux familles se sont faites.
Juste après ça, je me rappelle que Aristide avait trouvé un job à Hilacondji. Il était donc là-bas et moi à Cotonou. Il voulait que je vienne rester avec lui là-bas pour soi-disant prendre soin de lui. Je ne sais pas qui fait croire aux hommes que quand ils demandent la main d'une femme ou qu'ils se marient, ils se sont payé l'exclusivité d'une bonne à tout faire ou d'une sorte de maman pour eux. J'ai bien évidemment refusé de le faire. Il a prétexté être malades pour me faire coopérer, mais j'ai dit niet. Il s'est plaint de moi pour la toute première fois à son papa. Ce dernier m'a appelé pour me faire des tas de reproches. Il a prétendu que j'étais devenue récalcitrante parce qu'ils sont allés demander ma main. Il pense que nous les femmes on attend...