ÉPISODE 16
KIMORA JOHNSON
Je suis rentrée chez moi complètement sonnée. C’est la première fois maman me parle aussi franchement et même si je suis secoué je me sens heureuse et j'ai soudain une force, comme si je pouvais vaincre le monde. Je suis allée vers ma table de chevet pour prendre les médicaments que je me suis procurer dans le marché noir et je les ai déversé dans les toilettes et puis j'ai tiré la chasse d'eau. C'est vrai qu'ils m'ont coûté une fortune mais ils ne m'ont pas fait de bien en tant que tel. En sortant des toilettes j'ai crié Eurêka !!! Pour cette première victoire et la facilité que j'ai eue à le faire. Je me suis fait belle et j'ai mis des talons et ma robe, ça faisait si longtemps. Je suis passé devant le miroir et je me trouve divine. Je suis excitée comme une puce. Si je n'avais pas jeté ces médicaments on aurait pensé que je fais une overdose d'anxiolytique. Il y a un café bar discothèque qui a ouvert dans ma rue. Il appartient à un type pour lequel j'avais de l'admiration et que je suivais sur les réseaux sociaux. Il s'appelle Ken. Je suis en phase avec ses valeurs et séduite par son mentale. Il a eu à traverser des moments difficiles et ceux devant le monde entier, il n'en est pas mort pour autant. Il s'est même régénérer tel un phénix.
Les jeudis soir, c'est lui-même qui est au micro avec sa guitare. Il y joue du Blue jazz. Je crois que je vais essayer son bar aujourd'hui.
Vingt-et-une heure trente ! J’arrive le coin n'est pas mal du tout. On aurait dit qu'on a réglé la température. C'était ni trop chaud ni froid, des veilleuses donne à l'intérieur une ambiance torride. Je suis heureuse d'être là. Le serveur s'est rapproché de moi pour prendre ma commande, j'ai voulu prendre de la salade avec des grillades. Il m'a laissé entendre que le boss sera sur scène à 22h, c'est la première fois que je le verrai en vrai. Je suis excité on aurait dit une groupie. A 22h pile effectivement il a fait son entrée sur scène. Surprise totale. Je vois un bout d’homme courtois et timide totalement différent de ce que j'avais imaginé. Comme quoi les réseaux sociaux sont un monde d'apparence. Ma commande arrive juste à temps, je savoure mon plat en l'écoutant. Sa musique est épurée, pas dans le genre qui agresse le tympan ou qui vous incite à danser. On aurait dit de la poésie. A côté de lui se trouvait un peintre qui essayait un truc sur son planché. Je pense bien que le challenge c'est qu'ils finissent au même moment et je n'ai pas tort, à la dernière note de la guitare, le peintre à lever son pinceau en l'air et toute la salle a applaudi. Il reste qu'on découvre ce qu'a peint le peintre. Suspens, on décompte de 5 a 1 et il tourne le tableau vers nous. J'ai laissé ma fourchette tombé tellement la surprise est de taille. C'est moi qu'il a peint et le tableau est si bien fait que je suis intimidé. On m'invite à les rejoindre sur la scène. Mille scène me traversent l'esprit. Et si en voulant monter sur le podium je fais un faux pas et je me renverse,et si en marchant vers la scène le talon de ma chaussure s'enlève. Je ne suis pas habituer à marcher avec les talons et voilà qu'aujourd'hui où j'ai osé en porté je dois me lever devant tout le monde pour monter sur une scène. Finalement je ne sais comment j'ai marché pour atteindre la scène, en arrivant le peintre m'a fait la révérence et m'a tendu sa main pour que je monte sur scène. Il a expliqué pourquoi c'était moi qu'il a choisi peintre. Apparemment il a senti que c'était ma première fois chez eux et aussi l'expression de mon visage quand Ken est monté sur scène qui l'a amusé. J'avoue que j'en suis gêné qu'on est remarqué cela. Je le remercie tout de même. On m'explique que ce n'était pas fini,qu'on mettrait le tableau aux enchères et j'accorderais une danse à celui qui l'aura remporté. C'est assez drôle tout ça. Les enchères ont commencé et à écouter les montants proposés mon orgueil grimpe en flèche. Une voix au fond a dit un millions, toute la salle s'est retourné pour le regarder et mon coeur a failli lâché quand j'ai découvert le visage de l'intéressé : c'était le DG que j'avais menacer il y a quelques jours, monsieur Frédéric Kouassi. Plus personne n'a surenchéri ,le tableau lui revient donc. Mon coeur à continuer à battre jusqu'à ce qu'il me tende la main pour une danse. J'étais comme une statue jusqu'à ce que ses mains se posent sur le bas de mon dos
Frédéric : souriez un peu et détendez vous,on aurait dit que vous avez vu un fantôme
Moi:.....
Je n'arrive pas à formuler un seul mot
Frédéric : cette robe vous va à ravie. Et vos cheveux lâché comme ça ..hum mamamia vous êtes à coupé le souffle. En disant il approche son nez de mon cou pour pouvoir sentir mon parfum. Là je me détache de lui brusquement. Heureusement qu'on était plus seul sur la piste.
Moi: bon , si vous me dites à quoi vous jouer? Que faites-vous ici et pourquoi dépenser une telle somme juste pour un portrait.
Frédéric : je suis là pour m'amuser comme tout le monde, je ne vous suit pas comme voulez le prétendre. Mis à part notre accrochage dans mon bureau, vous savez que vous m'avez taper dans l'oeil dès l'instant ou je vous ai vu. Ce tableau je vous l'offre,je ne rentre pas avec.
C'est vous qui me voulez du mal pas moi alors profitons de cette soirée.
L'entendre parler ainsi m'a fait baisser ma garde. On a dansé et sa compagnie à été agréable, à la sortie il m'a remis le tableau comme convenu et je suis rentrée chez moi. Cette journée a décidément été pleine de surprise. C'était quand même agréable. Arrivé chez moi j'accroche le tableau en face de mon lit. Ça me fait des effets mais pour une fois je vais être excentrique.
Pour la première fois depuis un moment je n'ai pas peur de me coucher même si je sais que les cauchemars n'attendent que mes paupières se ferment pour faire leurs apparitions. Je me sens même prête à leurs faire face.
Cette fois-ci on aurait dit que je fais une vision car je sens que je ne dors pas,en tout cas pas profondément quand même.
Papa Fernand est assis à ma table de nuit me faisant face. Sa vue ne m'a pas effrayer comme d'habitude.
Papa Fernand : je t'ai vu durant toutes cette journée entrain de te prouver à toi même que tu es forte et je ne cesse de pouffer de rire. Mais Kim pour qui tu te prends?
J'étais là genre je le nargue,je ne réponds pas à sa question.
- tu me réponds quand je te parle espèce d'idiote.
Moi: sinon quoi?
Et puis je l'entend ricaner de toutes ses dents et l'enfant en moi veut reculer comme si elle avait gaffé mais je me donne de la force. Il ne faut surtout pas qu'il le voit en moi.
Il a pris le bâton pour m'assomer et au lieu de me recroqueviller sur moi je n'ai pas sourciller.
Moi: tu ne me touche pas!!
Effectivement, le coût ne m'a pas atteint. Je profite pour poursuivre :
- Tu n'existes que parce que ma mémoire t'a créé ; ce qui veut dire que le pouvoir de te faire disparaître est en moi.
Papa Fernand : Je vois que madame à gagner en assurance. Je voudrais bien voir ça. Fais-moi disparaître donc.
J'ai peur de ce qui pourrait se passer si je me dégonfle. Alors je poursuis :
- Tu me dois des excuses pour m'avoir pourri la vie, pour toutes ces fois où tu as abusé de moi. Je n'étais qu'un enfant et toi tu t'es transformé en prédateur pour moi. Tu m'as traumatisé ainsi que ma maman. Tu as éloigné cette dernière de sa famille. Par ta faute, Assiba est morte. Quel genre de personne es-tu ?
Je ne sais pas combien de temps mon monologue a duré. Mais quand j'ai levé les yeux vers lui, il n'était plus là. Alléluia !!!
Je me suis réveillé mais cette fois, je n'étais pas épuisée ni effrayée. Le reste de la nuit, je l'ai passé à fixer le toit. C'est la conséquence des calmants que j'avalais sans posologie. Je vais devoir accepter le fait de ne pas bien dormir et sûrement être de mauvaise humeur pendant quelques temps. Malgré tout je ne cesse de me répéter
- Il est temps que tu pérennes le contrôle de ta vie. C'est le moment de vivre la meilleure vie qui t'es destiné. Carpe diem !!! ...