ON A GLORY NIGHT Lorsqu’il ouvre enfin les yeux, lorsqu’il relève enfin la tête, les lumières de Paros ont presque disparu. Le Léonidas ronronne dans la nuit. Des matelots s’affairent à côté de lui à quelque manœuvre dont il ne devine pas le sens. Peu importe. — Vous n’avez pas froid ? lui demande gentiment l’un d’eux. Vous devriez rentrer au chaud. — Non, non merci. Merci beaucoup. Il sait que c’est ainsi que l’on parle aux vieillards. Comme s’ils n’étaient pas capables de se rendre compte par eux-mêmes, comme s’ils étaient amputés de tout jugement. Regards, mots, attente des autres, tout l’agace. À Hydra, personne ne venait lui dire quoi que ce soit. La solitude a ceci de bon qu’elle vous libère de la pitié d’autrui. La nuit semble se refermer. Quelques nuages plus noirs que l’ombre


