QUELQUE PART DANS LA NUIT Arriver de nuit est une façon comme une autre de se détacher du réel. On ne sait rien encore du jour qui viendra. On imagine la couleur du ciel, le paysage et le mouvement des hommes. Mais rien ne sera jamais semblable à ce que l’esprit délivre. La nuit, ce sont les heures d’illusion où les craintes et l’espoir se partagent l’avenir. Au loin, très au loin, il y a des îles de silence et de rochers, torturées d’absence. Pétros s’y était arrêté, un jour, avec Michélis, lors d’un voyage dans les Cyclades. L’angoisse les avait saisis dans le petit port de Livadhia où ils étaient arrivés à la nuit tombante, un soir de juillet. L’impression d’être enfermés, prisonniers des rochers... Ils avaient fui, dès l’aube, pour Siphnos et la baie magnifique de Milos, immense, ouv


