CARRARE Le 15 décembre 1949 Mon cher Séféris. Il a plu depuis mon arrivée. Il paraît que c’est normal en hiver. Et je m’ennuie. J’ai trouvé une chambre chez un ouvrier qui travaille dans une carrière. Il s’appelle Orlando Ugolini. Il m’a promis de m’aider à trouver un atelier. Mais les jours passent et il n’est toujours pas rentré. Il est parti pour la semaine à la carrière de Tocca Bianca, de l’autre côté du mont Altissimo. Je te donne là des noms inconnus et tu ne peux même pas imaginer les paysages ! Je n’y suis pas encore allé. Je vois seulement les montagnes autour de moi. La ville en est entourée. Elles sont immenses, jusqu’à 2 000 mètres. Orlando a bien tenté de me donner le nom de chacune d’elles mais je n’ai rien compris. Pourtant j’ai fait de gros progrès en italien. Je sais d


