COMME SI LE TEMPS S’ÉTAIT ABOLI... L’orage est passé aussi rapidement qu’il est arrivé. Un vent de nuit chargé d’odeurs nouvelles vient de se lever. Pétros rejoint le pont avant. Après un long moment d’abattement, il reprend un peu vie. Il respire mieux. Mattias vient retrouver un petit groupe de jeunes revenant d’Athènes. Ils avaient embarqué à la dernière minute. Il connaissait l’un d’entre eux. Après un petit moment d’agacement devant leur joie sans entrave, leurs rires gras et leurs gestes un peu fous, Pétros se dit que Mattias est un jeune comme un autre et que c’est lui qui ne sait plus rien de la jeunesse, de sa vie, de ses modes et de ses rêves. La vieillesse est un âge sans pitié et fantastiquement égoïste. Intolérante parfois jusqu’à l’exclusion des autres. La nuit s’éclaire de


