ILLUSIONS Il ouvrit la porte un soir de janvier. Il y avait peu de monde dans le café. — Mon dieu, s’écria Miléna ! C’est toi ! Tout d’abord elle ne l’avait pas reconnu. — Que tu es beau, mon Piotr, que tu es beau ! Derrière le comptoir, deux jeunes femmes regardaient la scène : Laétia et Moumè, une mulâtresse magnifique qui venait d’arriver. Miléna était heureuse. Elle s’accrochait au bras de Pétros, plus énorme que jamais. Elle avait repris son poids d’antan, plus encore… — Comme tu as changé ! Comme tu as forci ! — Et toi, tu as grossi ! — Un peu, fit-elle en minaudant. Séféris m’aime bien ainsi. Après ces trois années où elle avait prié chaque jour pour le retour de son Piotr, elle savait que tout allait recommencer, même s’il semblait un peu changé, s’il était moins rieur et


