LE BONHEUR Ce fut un retour fantastique. Tout d’abord, ils ne se dirent rien. Ils allèrent par les ruelles de Naxos. Pierre tenait la main de sa mère. Parfois, il la tirait un peu, l’entraînait dans une course légère très vite arrêtée. Dans la nuit de Naxos, le ciel perlé d’étoiles blanchissait à l’horizon, à la naissance de la lune sur l’Égée. Parfois, ils surprenaient, au loin, de longs miroitements métalliques, des chandelles pâles qui tremblaient entre le ciel et l’eau. Puis elle se mit à rire parce qu’elle ne pouvait plus suivre son enfant dans cette course folle vers un lieu inconnu. — Arrête, Pierre. Arrête, je n’en peux plus. Ils venaient de sortir du village. Le chemin grimpait un peu vers la colline noire. — Comme tu as grandi, mon petit ! Ils distinguaient à peine leur vi


