Dans l’obscurité, parfois, surgissent les vérités qu’on fuit le jour… Le salon était plongé dans une pénombre tranquille lorsque Gabriel referma doucement la porte derrière lui. Il était presque minuit. Son pas résonnait à peine sur le parquet ciré, mais son esprit, lui, grondait comme un orage en pleine mer. Depuis qu’Elina avait quitté la maison dans ce silence résigné, une brèche s’était ouverte en lui, plus béante qu’il n’aurait voulu l’admettre. Il posa sa veste sur le dossier d’un fauteuil, desserra sa cravate et se dirigea sans hésiter vers le meuble à alcools. Sans regarder, il saisit la bouteille de whisky — la même qu’il n’ouvrait que lors de grandes décisions ou d’échecs retentissants. Il en versa un verre généreux, puis s’enfonça dans le canapé, le regard rivé vers un point i


