IV— Elle a raison, Léa. Qui va passer pour le meilleur criminel dans cette affaire ? Lulu a des mains de tueur, c’est une évidence. Faut voir quand il saisit un animal. Ce n’est jamais pour le caresser. C’est souvent pour lui serrer le kiki. Pas forcément pour lui faire mal mais parce que c’est comme ça. L’animal n’est pas le meilleur ami de l’homme. Il y en a un qui a pris la place de l’autre sans demander. C’est dans l’ordre des choses.
Et il aurait tué, Alice ? Pourquoi pas ! Il n’en est pas à son coup d’essai. En Afrique, il a bien dû obéir ou se laisser aller. Des fois, la vue du sang…
Et puis c’était la guerre, le droit de tuer, l’ordre de tuer. Il sait faire le sale boulot. Il a été formé et payé pour ça. Soudoyé même !
Et il aurait tué, Alice ? Parce qu’elle se serait refusée, parce qu’elle préférait le jeu sensuel à l’étreinte bestiale. Parce qu’une brute épaisse n’était pas son truc. L’habitude de Lulu c’est de prendre, de posséder. Pas de partager.
Mais moi, je ne suis pas une brute épaisse. Pourtant j’ai pu la tuer. Le cou des femmes n’est pas si large qu’on ne puisse le serrer.
Elle était belle Alice. Une jeune femme superbe, un peu fofolle au final mais plaisante. Toujours d’accord. Disponible. Le canapé l’a déjà accueillie.
Et elle me faisait rire quand elle riait. Elle le faisait sans retenue. Comme un peu tout d’ailleurs. Et dire que je me suis carapaté. J’ai fui comme un voleur mais il le fallait bien. On s’aimait. On aurait pu essayer ensemble. Même si c’était un projet fou. Elle n’en serait pas là.
Le canapé bleu n’a jamais servi de cette manière. Il s’en souviendra, c’est sûr !