– On étouffe, murmura-t-elle en s’approchant d’une fenêtre comme pour baisser davantage la jalousie. Mais elle se pencha, regarda de nouveau à droite et à gauche. Au même instant, Léonie, qui guettait un homme, arrêté sur le trottoir d’en face, s’écria : – Qu’est-ce qu’il fait là, ce vieux ? Il y a un quart d’heure qu’il espionne ici. – Quelque matou, dit madame Lerat. Nana, veux-tu bien venir t’asseoir ! Je t’ai défendu de rester à la fenêtre. Nana reprit les queues de violettes qu’elle roulait, et tout l’atelier s’occupa de l’homme. C’était un monsieur bien vêtu, en paletot, d’une cinquantaine d’années ; il avait une face blême, très sérieuse et très digne, avec un collier de barbe grise, correctement taillé. Pendant une heure, il resta devant la boutique d’un herboriste, levant les


