Mais, lorsque l’hiver arriva, l’existence devint impossible chez les Coupeau. Chaque soir, Nana recevait sa raclée : Quand le père était las de la battre, la mère lui envoyait des torgnoles, pour lui apprendre à bien se conduire. Et c’étaient souvent des danses générales ; dès que l’un tapait, l’autre la défendait, si bien que tous les trois finissaient par se rouler sur le carreau, au milieu de la vaisselle cassée. Avec ça, on ne mangeait point à sa faim, on crevait de froid. Si la petite s’achetait quelque chose de gentil, un nœud de ruban, des boutons de manchette, les parents le lui confisquaient et allaient le laver. Elle n’avait rien à elle que sa rente de calottes avant de se fourrer dans le lambeau de drap, où elle grelottait sous son petit jupon noir qu’elle étalait pour toute cou


