Chapitre 2
Après une bonne journée de travail, je suis rentrée à la maison mais sans enthousiasme. Stanley revient juste après moi. Je fais à manger et tente de tout faire pour le satisfaire. Une fois à table.
- Elles sont super bonne tes lasagnes maman !
- Ouais ben peu mieux faire. (dit Stanley)
- Non, je les trouve bonnes moi. (répond Victoria)
- Vicky ! Laisse tomber ! (lui dis-je)
- Oh ! J'ai encore le droit de donner mon opinion non ! (dit Stanley)
- Oui Stan. Je suis d'accord.
Je mets un petit coup de pied à Victoria pour lui faire comprendre qu'elle doit tamponner.
- Oui, excuse-moi Stan. Je voulais juste faire un compliment à maman pour qu'elle me donne un peu plus d'argent de poche.
- T'es une maligne toi !
Victoria sourit bêtement.
A la fin du repas.
- Tu vas au lit.
- Tu ne veux pas que je reste maman ?
- Non, il est tard. Tu as école demain !
- Si je reste un peu, Stan s'endormira certainement avant toi.
- Je ne comprends pas là.
- Maman ! J'ai 15 ans. Je ne suis pas dupe. Je vous entends le soir !
- Vicky c'est notre vie intime. J'essaierais de faire attention. Promis. (Gêné)
Je souris, mais je reste gêné par les révélations de ma fille.
- Bonne nuit maman.
- Bonne nuit ma chérie.
Ma fille rentre dans sa chambre et comme à l'accoutumé met son casque sur les oreilles. C'était devenu un rituel pour elle. Le soir, elle écoutait de la musique très fort pendant deux à trois heures, ce bruit lui était plus agréable que les bruits qu'elle entendait dans la pièce d'à côté.
Ce soir-là, j'ai fait ce que j'ai promis à ma fille, j'ai tenté de me contrôler afin de ne pas faire trembler les murs.
Le lendemain, Darren arrive au burreau.
- Où est Brenda ? Elle est bien plus matinale d'habitude !
- Je ne sais pas. Pas arrivée encore ! (répond Riley)
- Ok.
L'ascenseur s'ouvre, j'arrive au bureau et rase les murs.
- A ben Brenda ! Je te cherchais !
Je vois que Darren me regarde bizarrement. Je pense qu'il a remarqué quelque chose.
- Mais qu'est-ce que tu as fait ?
- Comment ça ?
- Tu as une châtaigne sur la joue !
- Ouais c'est trop idiot ! Je suis une andouille.
- Comment ça ?
- J'ai cassé un de mes talons dans les escaliers. Je suis tombée.
- Quand ?
- Ce matin ! D'où mon retard !
- Mince ! Tu as vu un médecin ?
- Oui ! Je n'ai rien.
- Ok ! Tu es opérationnelle alors.
- Oui, je suis opérationnelle.
J'arrive dans mon bureau et compose un mot de passe sur mon coffre-fort. Je prends mon arme et son chargeur et le met dans son holster. Depuis quelques jours, j'ai décidé de ne plus le rapporter chez moi.
Je m'assois et commence mon travail malgré la douleur. Il y a une grande pile de dossiers à relire et signer.
- Je ne m'en sortirai jamais ! (me parlant à moi-même)
Je prends mon téléphone et compose un numéro, décidé à demander de l'aide, mais je raccroche aussitôt. Je ne cesse de sortir mon petit miroir pour voir mon visage durant toute la matinée.
Lindsay arrive
- Eh ben ! Ça t'es arrivée sur l'intervention d'hier ?
- Non, j'ai chuté dans l'escalier.
- Ah mince. C'est l'accident bête quoi.
- Oui, comme tu dis !
- J'ai besoin d'une signature pour la scientifique !
- Oui
Je signe sans regarder Lindsay.
- Tu viens toujours demain soir ?
- Bien sûr Lindsay. Je ne raterais ça pour rien au monde.
- Super.
Je me retrouve à la morgue avec Darren pour suivre les conclusions de John notre médecin légiste.
- Cette personne avait un cancer de la prostate en stade terminal.
- Donc la thèse du suicide se confirme ?
- Oui Brenda, il est peu probable que ce soit un homicide. Coup à bout portant, résidu de poudre sous les ongles, ça ne fait aucun doute.
- Bon ben très bien, on boucle le dossier. (dit Darren)
- Si toutes les affaires pouvaient se résoudre si facilement !
- Oui !
John qui est toujours bienveillant, va dans un tiroir me donne une crème.
- Je mets ça sur les corps pour cacher ou atténuer les hématomes. Ça marche très bien sur les vivants, je t'assure.
- Merci John.
- C'est un méchant bobo ! Qu'est-ce que tu as fait ?
- J'ai chuté dans les escaliers ce matin.
- Ce matin ? (étonné)
- Oui, ce matin. Bon je vais essayer ta potion magique. Merci !
Je m'en vais, John semble préoccupé.
- Que se passe t'il John ! Tu as oublié un détail ? (demande Darren)
- Non, mais quelque chose m'intrigue je dirais plutôt.
- Quoi donc ?
- D'après mon expérience, je pense que la blessure de Brenda est là depuis au moins une vingtaine heures. Elle n'a pas pu se faire ça ce matin Darren.
- Tu en es sûr ?
- Absolument. Brenda a une ecchymose qui vire vers le foncé. Si elle s'était fait ça ce matin, ça serait encore rouge, à peine violet peut-être, mais là ça vire au vert. Cette blessure ne date pas de ce matin.
- Pourquoi elle m'aurait menti ?
- Parce qu'elle ne veut pas qu'on sache. Elle a peut-être fait un truc stupide ou elle s'est peut-être battu. On ne sait pas.
- Oui, bizarre quand même.
Je suis dans les toilettes et applique la crème miracle de John. Je me regarde dans le miroir, j'avoue que mon visage commence à me dégoûter et les larmes me montent aux yeux.
Flash-back (La veille)
Une fois Vicky couchée. Je me déshabille dans la salle de bain et fait ma toilette. Stanley arrive et tente d'ouvrir la porte.
- Ben ma chérie, pourquoi tu as fermé à clé ?
- Je vais prendre un bain.
- Pas besoin de fermer à clé pour ça ?
Je me regarde dans le miroir et soupire. Je savais à ce moment-là, ce qui m'attendait.
- Oui, tu as raison. J'ouvre.
Je tourne la clé et ouvre la porte. Stanley entre.
- Je viens juste me brosser les dents.
- Je t'en prie !
- Quoi « Je t'en prie » !
- Ben je t'en prie, brosse-toi les dents.
- Mais au fait, tu es déjà en pyjama ! Tu n'allais pas prendre un bain là !
- Si, mais en fait j'ai décidé ça après avoir mis mon pyjama. J'allais l'enlever.
- D'ailleurs il est ridicule ce pyj ! Avec le corps que tu as, tu pourrais dormir en tenue plus légère.
- Je n'aime pas dormir en tenue légère.
Stanley me met une gifle comme il en avait pris l'habitude depuis bien longtemps maintenant, trop longtemps.
- Arrête ! Je t'en supplie ! Ne recommence pas ! Chaque jour, c'est pareil ! Y en a marre Stan !
- C'est toi qui m'oblige Brenda ! C'est toi !
- Je ne t'ai jamais demandé de me mettre des baffes, des coups de poing ou des coups de pieds.
- Mais tu m'énerves ! Je n'aime pas qu'on me contredise, tu le sais.
- Stan ! J'aimerais que tu partes.
- Je pars si je veux.
-Tu es chez moi ici !
Stanley m'attrape par la chevelure et me cogne violemment la tête contre le rebord de la baignoire.
- Prends-le ton bain, ça va te détendre. Tu as les nerfs à fleur de peau ma chérie.
Stanley quitte la pièce, je reste à terre quelques minutes. Je me relève et constate que ma joue est enflée.
Fin du flashback.
Les larmes roulent le long de mes joues.
- Tu n'es qu'une idiote Brenda ! Une idiote ! Tu ne sais même pas te défendre !
A suivre