Chapitre 13

3820 Mots
Hey guys✨ sorry pour cette longue absence. On reprend l'histoire Voter et commenter🥰 ELIZABETH SENGHOR 13h30, dans les locaux de Mansour Motors J'ouvris la porte de la salle de réunion. Aussitôt, les murmures cessèrent. Mon regard se porta instinctivement vers la chaise du DG, mais elle était vide. Rien d'étonnant – il avait pris l'habitude d'être le dernier à se pointer aux réunions, comme pour rappeler à tout le monde son statut. Ça commençait sérieusement à m'agacer, d'autant plus que même son père était déjà présent. Je pris une grande inspiration et décidai de commencer malgré tout. Moi : Bonjour à tous. Eux : Bonjour. Moi : Merci d'être là pour le daily week. Je vais lancer le débriefing, même si le DG n'est pas encore arrivé. Je suppose qu'il a des urgences à gérer... Je me mis à détailler les réalisations de la semaine : les marchés gagnés, les axes d'amélioration. Seydou, notre financier, était en train d'expliquer les nouveaux investissements lorsque la porte s'ouvrit brusquement. Mansour Kébé entra, et toutes les têtes se tournèrent vers lui. Lui : Désolé pour le retard, j'avais complètement oublié la réunion, dit-il en se dirigeant vers sa chaise. Je levai la main pour l'arrêter. Moi : Mansour, tu sors. Lui : ...Pardon ? Moi : Tu m'as très bien entendue. Tu prends la porte. Il laissa échapper un rire nerveux. Lui : Eliza, dangua doff walla daffa am loula dall ? (Eliza, tu es folle ou quoi ?) Moi : Hé, on n'a pas élevé les moutons ensemble. Tu surveilles ton langage. Lui : Je crois que tu oublies que ces personnes sont MES employés. Et que cette entreprise, j'en suis l'héritier. Moi : Oh ça, je m'en contrefiche. Ce que je ne tolère pas, c'est le manque de respect. Chacun ici a mis ses obligations de côté pour être présent, et toi tu te permets de te pavaner dans Dakar pour arriver en retard comme si de rien n'était. Un vrai DG, comme tu te proclames, se doit de montrer l'exemple. Lui : Très bien, on va voir qui commande ici. Mesdames et messieurs, prenez vos affaires et sortez ! Moi, Mansour Kébé, directeur général de cette entreprise, je mets fin à cette réunion. Les employés se regardèrent, hésitants, certains commençant à se lever. Moi : Si l'un d'entre vous franchit cette porte, qu'il sache qu'il est licencié sur-le-champ. Un nouveau rire nerveux de Mansour. Lui : SORTEZ ! Tout de suite ! Moi : PERSONNE NE SORT ! Lui : JE... Un grand coup sur la table résonna, interrompant net la confrontation. Le père de Mansour : Ça suffit, tous les deux ! Votre comportement est indigne. Rejoignez-moi immédiatement dans mon bureau. Sans attendre de réponse, il sortit, laissant la pièce dans un silence pesant. L'atmosphère était glaciale lorsque nous entrâmes dans le bureau. Mansour passa devant moi, les mâchoires serrées. Son père était déjà assis derrière son immense bureau en acajou, les mains jointes. Il nous fit signe de nous asseoir. Je pris place sur le fauteuil en cuir, droite et silencieuse. Mansour, lui, resta debout, les bras croisés. M. Kébé (calme mais ferme) : Asseyez-toi, Mansour. Il s'exécuta à contrecœur. M. Kébé : Je vous écoute. Je respirai profondément avant de parler. Moi : Monsieur Kébé, avec tout le respect que je vous dois, nous ne pouvons plus continuer comme ça. Mansour prend les réunions à la légère. Cela affecte la motivation de toute l'équipe. Aujourd'hui, nous devions finaliser des dossiers cruciaux, et son retard a encore tout perturbé. Mansour ricana et secoua la tête. Mansour : un simple retard ? On parle d'une réunion hebdomadaire, pas d'une signature de contrat à un milliard. Moi (piquante) : Justement. Si pour toi la réunion n'a pas d'importance, imagine ce que pense le reste de l'équipe. C'est toi qui donnes le ton. Le visage de M. Kébé se durcit. M. Kébé : Mansour, elle a raison. La ponctualité, le respect de l'agenda, ce sont les bases du leadership. Mansour (offensé) : Donc vous prenez son parti ? M. Kébé (haussant la voix) : Je ne prends pas de parti ! Je te rappelle que cette entreprise n'est pas un jouet. Tu es peut-être mon fils, mais dans ces murs, tu es d'abord le Directeur Général. Et si tu continues à te comporter comme un enfant gâté, je n'hésiterai pas à confier la direction à quelqu'un d'autre. Mansour resta bouche bée. Je vis son ego se froisser, mais aussi une lueur de colère dans ses yeux. Mansour (d'une voix plus froide) : Très bien. Si c'est comme ça... Il se leva d'un bond et quitta le bureau, claquant la porte derrière lui. Un silence pesant s'installa. M. Kébé (soupirant) : Eliza, je compte sur toi pour maintenir la cohésion de l'équipe. Mais essaie... d'être un peu plus diplomate. Il est impulsif, et tu sais qu'il déteste qu'on le contredise en public. Je hochai la tête, même si je n'étais pas totalement d'accord. Moi : Je ferai de mon mieux, monsieur. M. Kébé : Bien. Reprenez la réunion. Et dites aux employés qu'ils n'ont rien à craindre. Je me levai, saluai respectueusement et sortis du bureau. Dans le couloir, je croisai le regard de Mansour, adossé au mur, les bras croisés. Il me fixa quelques secondes, sans rien dire, avant de s'éloigner. Je savais que ce n'était pas fini. Je pris une grande inspiration avant de retourner dans la salle de réunion. En ouvrant la porte, toutes les conversations cessèrent immédiatement. Les employés semblaient mal à l'aise, certains ne savaient même pas s'ils devaient rester assis ou partir. Je m'avançai jusqu'à la table et posai calmement mon dossier. Moi (d'une voix ferme) : Bien. La réunion reprend. Un léger soupir de soulagement parcourut la salle. Seydou, toujours un peu tendu, reprit place. Moi : Je comprends que ce qui vient de se passer vous a déstabilisés. Mais je veux être très claire : nous avons un travail à faire, et nous allons le faire. Je vis quelques têtes acquiescer. L'ambiance se détendit légèrement. Moi : Alors, reprenons là où nous en étions. Seydou, vous parliez des investissements. Il hocha la tête et continua son exposé, cette fois avec un ton plus assuré. Je pris des notes, donnant de temps à autre des précisions et posant des questions. Petit à petit, la réunion retrouva son rythme normal. À la fin, je pris un moment pour adresser un message à toute l'équipe. Moi : Merci à tous pour votre professionnalisme malgré l'incident de tout à l'heure. Je sais que ce n'est pas toujours facile, mais votre implication est ce qui permet à cette entreprise d'avancer. Continuez dans ce sens. Un murmure d'approbation se fit entendre, et plusieurs sourires se dessinèrent. Moi (sourire léger) : Allez, on clôture ici. Bon travail à tous, et à demain. Les employés se levèrent, visiblement plus sereins qu'à leur arrivée. Je restai un moment seule dans la salle, ramassant mes dossiers. Je savais que ce que j'avais fait aujourd'hui allait avoir des conséquences. Mais je ne regrettais rien. Quelqu'un devait rappeler à Mansour qu'être DG, ce n'est pas seulement un titre, c'est aussi un exemple à donner. Je rangeai mon stylo et soufflai profondément. La journée prenait fin pour moi. Je ne suis pas chaque jour dans les parages. La plupart du temps je travaille chez moi mais il faut parfois venir pour remettre les pendules à l'heure. NDEYE CATHY DIOP 15h00 – Maristes Je suis allongée sur mon lit, les yeux fixés sur le plafond. Depuis ce fameux déjeuner, où j'ai découvert que Demba – mon ex, avec qui j'avais couché – est en réalité le cousin de mon mari, je n'arrive plus à fermer l'œil. Je ne suis que l'ombre de moi-même. Chaque jour, c'est pire. Je me surprends à être constamment sur les nerfs, à m'énerver pour des détails. Il suffit que Bamba me frôle pour que je sursaute, ou qu'il m'adresse un mot tendre pour que je lui crie dessus. Le pauvre... il ne comprend rien à ce qui m'arrive. Et moi, je ne sais pas comment lui dire. Je m'en veux terriblement. Ce sont des coups frappés à la porte qui me tirent de mes pensées. Je me lève difficilement, les jambes lourdes, et traîne jusqu'à l'entrée. Quand j'ouvre, mon souffle se coupe. Alyssa. Comme si mon cœur n'attendait qu'elle, je me jette dans ses bras et éclate en sanglots. Mes mains agrippent son dos, mes larmes mouillent son épaule. Moi (la voix brisée) : Alyssa... Elle ne dit rien. Ses bras se referment doucement sur moi, et cette étreinte suffit à faire céder la digue que je retenais depuis des jours. Toute la culpabilité, la peur, la colère que j'accumulais se déversent en un torrent incontrôlable. Je restai blottie dans ses bras près d'une heure, à pleurer sans m'arrêter. Nous étions assises par terre, contre le mur. Alyssa ne disait rien, se contentant de caresser doucement mon dos, me laissant vider tout ce que j'avais accumulé. Quand enfin mes sanglots se calmèrent, elle prit une grande inspiration et brisa le silence. Alyssa (doucement) : C'est Bamba qui m'a demandé de venir te voir. Je relevai lentement la tête pour la regarder, les yeux gonflés. Alyssa : Il m'a dit qu'il ne te reconnaît plus... Que ça fait presque deux semaines que tu le fuis. Tu ne manges presque pas, tu dors à peine. Cathy, est-ce que tu t'es vue, vraiment vue ? Je baissai aussitôt les yeux. Alyssa (secouant la tête) : Cathy, je ne te reconnais plus. Tu vas laisser cette simple erreur te détruire à ce point ? Dis-moi... tu penses vraiment que tout ça est de ta faute ? Je ne répondis pas. Alyssa (plus ferme) : Est-ce que tu savais que Demba et Bamba étaient cousins ? Non. Alors pourquoi te torturer comme ça ? Oui, tu as commis une erreur. Et je t'avais prévenue : tu aurais dû dire à ton mari que tu n'étais pas chaste avant votre mariage... mais tu as choisi de te taire. Très bien. C'est ton choix. Mais ça ne veut pas dire que tu dois te laisser sombrer. Elle marqua une pause, sa voix légèrement tremblante. Alyssa (plus émue) : Cathy... tu sais ce que c'est la vraie dépression ? Quand tu y tombes, tu n'en ressors plus. Elle déglutit difficilement avant de continuer. Alyssa (la voix cassée) : J'ai déjà perdu un être cher à cause de ça. Et je refuse de rester là à te regarder te détruire à ton tour. Je sentis sa main serrer la mienne. Alyssa (plus douce) : Si tu décides de ne rien dire à ton mari, alors crois-moi, Demba ne dira rien non plus. Alors mets une croix dessus. Reprends-toi, Cathy. Reprends ta vie en main. Ses mots résonnèrent longtemps dans ma tête. Je restai silencieuse, incapable de prononcer un mot. Les paroles d'Alyssa tournaient en boucle, douloureuses mais étrangement libératrices. Je pris enfin une grande inspiration. Moi (voix tremblante) : Tu sais ce qui me fait le plus peur, Alyssa ? ... Ce n'est pas que Bamba l'apprenne. C'est qu'il ne me regarde plus jamais comme avant. Ma gorge se serra, et je sentis de nouvelles larmes brouiller ma vue. Alyssa prit ma main et me fixa avec douceur. Alyssa : Je te comprends. Tu l'aimes, et c'est normal d'avoir peur de le perdre... Mais ne laisse pas cet amour te détruire à petit feu. Elle esquissa un sourire amer avant d'ajouter : Alyssa (un peu plus dure) : Les hommes... ils ne valent pas qu'on se sacrifie à ce point. Tu as le droit de tomber, Cathy, mais pas de rester à terre. Je relevai la tête, le cœur serré. Moi (avec amertume) : C'est facile pour toi de dire ça... parce que tu n'as jamais connu le vrai amour. Alyssa resta silencieuse un instant, puis haussa légèrement les épaules. Alyssa (calme mais ferme) : C'est vrai... peut-être que je ne sais pas ce que c'est d'aimer comme toi tu l'aimes. Mais le jour où ça m'arrivera, ça ne m'empêchera jamais de me choisir d'abord, de mettre mon bonheur au-dessus de tout. Quitte à renoncer à l'homme que j'aime. Ses yeux brillaient d'une conviction presque douloureuse. Alyssa (plus douce) : Cathy, si ton amour te détruit, ce n'est plus de l'amour. C'est une prison. Et moi, je refuse de te voir t'enfermer toute seule. Je baissai les yeux, incapable de soutenir son regard. Une partie de moi savait qu'elle avait raison, mais l'autre... n'arrivait pas encore à lâcher prise. Alyssa (doucement) : Promets-moi que tu vas te relever. Que tu vas reprendre tes activités, retrouver ta joie de vivre. Je pris une grande inspiration et hochai la tête. Moi (sincère) : Je te le promets. Alyssa eut un petit sourire satisfait et essuya du bout des doigts les dernières larmes sur mes joues. Alyssa : Voilà qui est bien, mon cœur. D'ailleurs, Bamba t'invite à dîner ce soir à La Fork. Et après... vous partez à Palm Beach pour passer le week-end. Je la regardai, interloquée. Moi : Attends... quoi ? Alyssa (sourire malicieux) : Tu as juste à te préparer pour le dîner. Tout le reste est réglé. J'ai déjà acheté tout ce dont tu auras besoin pour ton week-end. Ngua watchie Saly beu zéro (tu vas profiter de Saly comme jamais). Un rire m'échappa malgré moi. Moi (en riant) : Alyssa, mais tu es complètement folle ! Et si je n'avais pas réussi à me relever, hein ? Qu'est-ce que tu aurais fait ? Elle me lança un regard complice, presque fier. Alyssa (sourire en coin) : Toi, je te connais comme ma main. Ne l'oublie jamais. Je sais toujours quels mots utiliser pour te remettre sur pied. Je secouai la tête en souriant. Pour la première fois depuis des jours, mon cœur se sentit un peu plus léger. Alyssa jeta un coup d'œil à sa montre et se leva à contrecœur. Alyssa : Bon... moi je dois filer. J'ai pris ma pause pour venir te voir et si je tarde, mon papa va encore râler. Je me levai à mon tour et la serrai fort dans mes bras. Moi (émue) : Merci, Alyssa. Vraiment. Alyssa (souriant) : C'est ça aussi, avoir une cousine comme meilleure amie. Maintenant, file te préparer. Je veux que tu sois resplendissante ce soir. Moi (rire léger) : Oui madame. Elle m'adressa un clin d'œil avant de quitter l'appartement. Le silence revint dans la pièce, mais cette fois, il était apaisant. J'allai jusqu'à la salle de bain, me regardai dans le miroir. Mon visage était encore gonflé par les larmes, mais dans mes yeux brillait une lueur que je n'avais pas vue depuis longtemps. Je pris une grande inspiration. Moi (à voix basse) : Ce soir... je recommence à vivre. Je me mis à fouiller dans mon armoire, cherchant quoi porter. Chaque geste me paraissait étrange, comme si j'apprenais à marcher à nouveau. Mais, pour la première fois depuis longtemps, un sourire sincère se dessina sur mes lèvres. Ma douche dura presque deux heures. L'eau chaude glissait sur ma peau comme pour emporter avec elle le poids de ces dernières semaines. À ma sortie, la voix du muezzin retentit pour l'Asr. Je pris le temps de prier, mon cœur un peu plus léger à chaque prosternation. Puis je choisis une belle robe – simple mais élégante – et coiffai mes cheveux en un chignon soigné. Je passais mon fer à lisser sur les mèches rebelles quand mon téléphone vibra sur la coiffeuse. L'écran affichait husbae. Mon cœur fit un bond. J'hésitai quelques secondes, puis décrochai. Lui (voix douce) : Hello, babe. Un frisson me parcourut. Moi (sourire timide) : Hi, love. Un léger rire de soulagement franchit la barrière du combiné. Lui (ému) : Alhamdoulil'Allah... Ça faisait si longtemps que je n'avais pas entendu ce surnom venant de toi. Mes yeux se remplirent de larmes, mais cette fois, elles étaient différentes. Moi (sincère) : I'm really sorry... j'ai vraiment merdé, Bamba. Lui (d'une voix rassurante) : Hey, no worries. Ce qui compte, c'est que tu ailles mieux. Je fermai les yeux, laissant ses mots m'apaiser. Je restai quelques secondes silencieuse, la gorge serrée. Sa voix dans le combiné avait ce pouvoir de me ramener à nous, à avant. Lui (doucement) : Ce soir, je veux juste toi et moi. Pas de disputes, pas de tensions. On dîne ensemble , et ensuite... on verra où la nuit nous mène. Un frisson me parcourut, comme si ses mots avaient caressé ma peau. Moi (chuchotant) : D'accord... Je l'entendis sourire, presque le deviner à travers le téléphone. Lui : Mets ta plus belle robe. Ce soir, je tombe amoureux de toi une deuxième fois. Mon cœur fit un bond, mes joues s'empourprèrent. Moi (esquissant un sourire) : Alors je vais faire en sorte que tu n'oublies pas cette soirée. Lui (soupir satisfait) : C'est tout ce que je demande. À tout à l'heure, madame Kébé. Je t'aime éperdument Moi: je t'aime encore plus mon coeur. bisou L'appel se termina, me laissant avec un mélange d'excitation et de nervosité qui faisait battre mon cœur plus vite. Je retournai devant le miroir. Mes yeux brillaient, mes lèvres formaient un sourire que je croyais perdu. Je passai un peu de parfum derrière mes oreilles, sur mes poignets, laissant la fragrance douce et chaude se mêler à ma peau. Mes mains tremblaient légèrement, mais cette fois, ce n'était plus de peur. C'était de l'impatience. Vers les alentours de 19h30, j'entendis klaxonner devant la maison. Le chauffeur était là. Je pris mon sac et enfilai mes talons, mon cœur battant un peu plus vite. En descendant, je traversai le salon. Heureusement, je ne tombai que sur Soumaya et ma belle-mère, confortablement installées sur le canapé. Elles levèrent les yeux vers moi et me gratifièrent d'un sourire chaleureux. Ma belle-mère : Macha'Allah, tu es radieuse ce soir. Je souris timidement. Moi : Merci... Soumaya se leva pour me prendre dans ses bras. Soumaya (douce) : Ça fait du bien de te voir comme ça, Cathy. Je sentis mes yeux picoter. Depuis des jours, elles étaient les seules à venir me voir, à essayer de me tirer de ma coquille. Moi (sincère) : Merci à vous deux... pour tout. Elles échangèrent un regard complice et me complimentèrent encore, me disant qu'elles étaient heureuses de voir que j'allais mieux. Au fond, cela me toucha plus que je ne voulais l'admettre. Dans cette maison, parmi toutes les femmes, ce sont elles qui me soutiennent vraiment. Mes belles-sœurs, elles, m'ignorent presque complètement depuis que j'ai arrêté de participer à leurs grandes séances de cuisine familiale. Mais franchement, ça ne m'atteint plus. Il y a des aides-ménagères pour ça, pensai-je en haussant intérieurement les épaules. Si elles veulent jouer les belles-filles modèles, libre à elles. Après quelques échanges légers avec ma belle-mère et Soumaya, je sortis rejoindre le chauffeur. La voiture glissait dans les rues de Dakar, bercée par le vrombissement sourd des klaxons et les éclats de voix des vendeurs ambulants. Les lampadaires diffusaient une lumière dorée qui se reflétait sur les vitres, donnant à la ville un air presque magique. À mesure que l'on approchait du Plateau, mon cœur battait plus vite. Mes doigts jouaient nerveusement avec la lanière de mon sac, et j'essayais de calmer le tourbillon dans ma poitrine. Lorsque nous arrivâmes devant le restaurant, je sentis une bouffée d'air parfumé mêlé d'épices, de sel marin et de grillades flotter dans l'air. Les rires et conversations des clients s'échappaient en écho, mêlés à la musique jazzy qui venait de l'intérieur. Le chauffeur m'ouvrit la portière. Je descendis doucement, prenant le temps de lisser ma robe et de respirer profondément. Puis mes yeux le trouvèrent. Il se tenait debout à l'entrée du restaurant tenant un bouquet de rose, élégant dans sa chemise blanche légèrement ouverte au col et son pantalon beige parfaitement repassé. Son parfum, subtil mais familier, me parvint avant même que je ne sois à sa hauteur. Il me regarda comme s'il me voyait pour la première fois. Ses yeux sombres brillèrent et un sourire doux étira ses lèvres. Lui (d'une voix basse) : SubhanAllah... tu es magnifique. Je sentis mes joues s'embraser. Moi (timide) : Merci... Il s'approcha de moi et, pour la première fois depuis longtemps, prit ma main. Un frisson remonta le long de mon bras. Il m'embrassa tendrement. Au point j'en oubliais les personnes autour de nous. Lui (souriant) : Allons-y, madame Kébé. Ce soir, tout est pour toi. Il m'entraîna à l'intérieur. L'ambiance feutrée, les lumières tamisées et le parfum de plats raffinés créaient une atmosphère intime. Les conversations se faisaient murmures autour de nous. Un serveur nous conduisit à une table soigneusement dressée, au fond de la salle, avec vue sur la mer. Les bougies vacillantes faisaient danser des ombres sur la nappe blanche. Je baissai les yeux sur le menu pour cacher le trouble dans mon regard, mais Bamba ne me laissait pas fuir. Lui (souriant doucement) : Tu sais, j'ai presque oublié à quel point tu étais belle quand tu es gênée. Je relevai la tête, un petit sourire se dessinant malgré moi. Moi (amusée) : Tu n'as pas oublié... tu exagères. Lui : Non. J'ai juste manqué cette Cathy-là. Celle qui rit, qui brille, qui me rend fier rien qu'en la regardant. Mes yeux se remplirent de larmes, mais cette fois, elles n'étaient pas lourdes de douleur. Moi (voix basse) : Je suis désolée, Bamba... pour ces jours de silence, pour m'être enfermée dans ma bulle. Il tendit la main par-dessus la table et prit la mienne. Son pouce traça doucement des cercles sur ma peau. Lui (sérieux) : Tu n'as pas à t'excuser. Ce que je veux... c'est juste que tu sois bien. Si quelque chose te fait mal, je veux être la première personne à le savoir. Pas la dernière. Je serrai ses doigts. Moi : J'ai eu peur. Et... Un sourire tendre étira ses lèvres. Lui (doucement) : Regarde-moi, Cathy. Je levai les yeux vers lui. Lui : Tu es mon épouse, ma moitié. Peu importe ce qui se passe, rien ne changera ça. Tu es et tu resteras la femme que j'ai choisie. Une larme glissa sur ma joue et il l'essuya du bout de son pouce. Moi (souriant à travers mes larmes) : Tu sais que tu es en train de me refaire tomber amoureuse de toi ? Lui (clin d'œil malicieux) : C'était exactement le plan. Un rire m'échappa. Pour la première fois depuis longtemps, un vrai rire. Le serveur arriva avec deux coupes de jus et des amuse-bouche. Bamba leva sa coupe vers moi. Lui (regard doux) : À nous. Et à un nouveau départ. Je levai la mienne, le cœur plus léger. Moi : À nous. Nos verres s'entrechoquèrent doucement, et un sentiment de paix m'envahit
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