XVLa première neige était tombée quand les nouveaux époux regagnèrent Montaubert après un assez long séjour à Paris. Aurore avait reçu un accueil empressé des parents de Wilfrid – oncle et tante du côté maternel – qui habitaient la capitale. Elle s’était plu dans ce milieu où la mondanité se montrait fort discrète, laissant large place aux préoccupations de l’esprit. Elle-même avait été fort appréciée. Les compliments à son sujet ne manquaient pas à Wilfrid « le plus heureux des hommes », lui disait son oncle, sans qu’il songeât à le contredire. Avant le départ de Paris, Aurore avait écrit à son père pour lui demander s’il lui plairait qu’elle s’arrêtât avec son mari à Ambleuse en regagnant Montaubert. Elle reçut en réponse ces quelques mots : « Je vous remercie, ma chère fille, mais il


