XVIPresque chaque jour, Wilfrid et Aurore allaient patiner sur le lac, au-dessus du chalet Piennes. Mlle Idalie se joignait parfois à eux. Ils s’arrêtaient alors chez elle au retour pour prendre le thé, puis faisaient avec elle un peu de musique. Ainsi en fut-il la veille de Noël. Dans le clair salon bien clos, égayé par un grand feu de bois, la vieille cuisinière leur servit des crêpes fourrées de confitures, le régal d’Aurore. Elle avait été la nourrice de Mlle Idalie et jouissait pour cela de certaines privautés. Quand elle eut posé le plat sur la table, elle annonça : – J’ai appris tout à l’heure une drôle de nouvelle, Mademoiselle ! – Et quoi donc, Mélanie ? – C’est la nièce de M. le Curé qui me l’a dit, sans quoi j’aurais traité ça d’invention. Voilà qu’Estelle est revenue, ramena


