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Sur les ailes de l'Ange

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Amy Hamilton a quatorze ans en cet automne 1885.

Elle est domestique dans un manoir à Oban dans les Highlands en Écosse, chez les O'Sullivan où le paysage rime avec son état d'âme. Mal traitée, battue par ses parents et les châtelains qui l'emploient. Amy souffre en silence, elle puise son courage au fond d’elle-même, prie son ange pour une vie meilleure.

Un jour, frappée violemment, elle perd connaissance et doit être emmenée à l’hôpital voisin. Elle y rencontre Andrew Mac Leod, un médecin mais également riche châtelain d'Édimbourg depuis plusieurs générations. Sa vie va alors basculer dans la félicité.

Des années plus tard, elle découvrira les raisons de la maltraitance subie durant son enfance ainsi que la vérité sur ses origines. Sa vie en sera bouleversée à jamais.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Karen Dauch a plusieurs cordes à son arc. Elle est autodidacte.

Après divers métiers comme l’inspection filtrage à l’aéroport de Roissy, puis fonctionnaire à l’ambassade de France à l’étranger, enseignante d’anglais, elle s’occupe désormais d’élèves en difficultés scolaires dans le Tarn-et-Garonne retrouvant ainsi ses racines.

Ses centres d’intérêt sont les voyages, l’histoire, la peinture et l’écriture. Elle a obtenu le 1er prix de poésie en 2014 lors du Printemps des Poètes et ainsi écrit deux recueils. L’auteure a publié actuellement cinq ouvrages sur différents thèmes et continue d’écrire.

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1 Les bords de l’océan succédaient aux falaises, le sable ocre aux tenues brunes, les vallées aux forêts sombres. Tout en marchant, Amy regardait les arbres, tentait d’en saisir la nature profonde, la sublimation. Par moments, la lumière s’insinuait si profondément dans les rameaux des arbres, s’accrochait si fortement qu’on aurait pu entendre le bois craquer, les feuilles frissonner dans le vent. Elle contemplait silencieusement ce décor. Sa respiration était calme et régulière elle envahissait l’espace. Les nuages étaient si denses qu’il était impossible de déterminer si le soleil s’était levé ou non, ce qui était très déstabilisant, elle l’avait pourchassé durant la marche qui la conduisait au manoir. En ce premier jour du mois de septembre, elle allait commencer son nouveau travail comme bonne à tout faire. Amy Hamilton a quatorze ans, elle a obtenu son certificat d’études, ses parents acariâtres l’ont placé chez les O’Sullivan, un couple de châtelains aussi bourrus qu’insociables disait-on au village. Elle arriva en haut de la pente hors d’haleine, elle avait traîné sur le chemin admirant le paysage des Highlands. Ses mains étaient glacées, son visage paralysé, elle frissonnait de tout son être. Ce n’était pas dû au temps, mais plutôt à la peur. Elle avait entendu tellement de mal sur ce couple qu’elle ne pouvait s’empêcher d’être sur ses gardes. Des arbres commençaient à perdre leurs feuilles, une cuvette de brume stagnait toujours. Elle prit un chemin et descendit le vallon. Elle s’approchait de ces menhirs, des blocs de pierre aux formes inquiétantes, mais, Amy n’avait pas peur, c’est à cet endroit qu’elle allait se réfugier pour leur parler. Selon la légende, des elfes et des spectres hantaient la lande. Certains villageois affirmaient avoir rencontré des fantômes. Amy n’avait aucunement peur, au contraire, elle leur parlait pour se sentir moins seule, ses conversations avec l’invisible la rassuraient. Elle apercevait au loin le manoir, il apparaissait parfaitement immobile dans le ciel. Le cours du temps semblait subir d’étranges variations. Lorsque les vallées s’estompaient, elles laissaient apparaître les ombres des arbres. Elle était arrivée au manoir après avoir parcouru les quatre kilomètres à pied, qui la séparaient de sa chaumière. Quelle ne fut pas sa stupeur en voyant le manoir sombre peu attrayant à une vie paisible ! C’était un manoir obscur et peu propice à l’accueil. Avant de franchir le seuil du manoir, Amy s’arrêta pour admirer une quantité de sculptures grotesques qui ornaient la façade au-dessus de la porte principale, et où gisaient des griffons délabrés. Une femme d’un certain âge venait à sa rencontre. Elle entra dans le manoir, Amy était réticente à l’idée de travailler dans cet endroit lugubre et défraîchi. Elle scruta le visage de la vieille femme, mais elle n’y lut aucune émotion ni tendresse, rien d’autre que l’amertume et de la froideur qui voilaient ses traits. Son visage était impassible. Amy n’arrivait pas à l’imaginer autrement que dans son apparence actuelle. Elles traversèrent un long couloir, à gauche duquel se trouvait la cuisine avec divers ustensiles culinaires, des casseroles de cuivre étaient suspendues le long des murs. À l’autre extrémité de la cuisine reposaient des rangées d’immenses plats d’étain s’entassant les uns au-dessus des autres sur un grand buffet en chêne. Au-dessus de la cheminée était disposée une rangée des boîtes d’épices qui se dessinaient dans l’ombre. Un léger bruit la fit sursauter elle se tourna vers une pièce qu’une faible lumière éclairait à peine. Assis dans son fauteuil du salon, un vieil homme se tenait près de la cheminée où l’on pouvait l’apercevoir de l’embrasure de la porte. C’était une vision terrifiante pour une enfant de quatorze ans. Son visage était dur, anguleux, ses yeux rappelaient très vaguement ceux de son père aussi froid qu’un glaçon. Ses longues mains ridées reposaient sur les accoudoirs du fauteuil. Amy ne s’était pas préparée à trouver une personne aussi rigide, au sourire inexistant. Sans qu’elle puisse s’expliquer pourquoi une bouffée de peur l’envahit. Une voix intérieure lui dit qu’il n’y avait chez les O’Sullivan rien de semblable aux autres êtres. Amy sentait par instinct que leurs réserves provenaient d’une aversion de sentiments pour les manifestations d’amabilité. Une sorte d’impertinence de l’amour à la haine. Ils pouvaient aimer comme ils pouvaient haïr. Cependant, le peu de considération qu’ils avaient pour les humains les rendait plus haïssables qu’ils ne pourraient haïr. Cette tournure d’esprit leur a valu une réputation de cruauté qui était sûrement justifiée. Puis Erwan O’Sullivan engagea la conversation, Amy ne s’attendait pas à de telles remontrances. — Tiens, voilà la bonne ! Le ton accusateur blessa Amy qui s’abstint de répondre. Erwan O’Sullivan était aussi froid et austère que sa femme, incapable d’ouvrir leur cœur aux autres. Il sentait le whisky, son haleine se répandait dans la pièce. Son apparence physique faisait peur, grand, costaud avec un regard noir aussi noir que ses cheveux, son visage était buriné par l’alcool. Puis il reprit de plus belle. — Que diable portes-tu ? Tu es habillée comme une souillonne ! cria Erwan en la regardant de la tête au pied d’un air qu’Amy eut peine à supporter après ce traitement inhospitalier. Amy sentait son regard et corroborait l’assaut de ce traitement. Le ton était sarcastique. Elle eut un haut-le-cœur, ce dernier mot son père lui répétait sans cesse avec ce même ton haineux. Fénéla et Erwan O’Sullivan n’étaient pas des personnes chaleureuses. Ils n’avaient jamais eu d’enfants, ils ne manifestaient aucun intérêt envers leurs employés ou à l’égard de quelques amis si tant est qu’ils en aient eu. Quelle ironie du sort, Amy pensait trouver un peu d’affection au crépuscule de sa vie, sachant que ses parents ne lui ont jamais conféré la moindre attention. Amy refoula à grand-peine les larmes qui lui brûlaient les yeux. Comme elle aurait aimé se blottir dans les bras accueillants d’une personne aimante. Elle manquait d’amour, c’était une évidence. Mais ce n’était pas ici qu’elle trouverait l’amour ni le réconfort. Elle retrouva un peu de sa dignité et ajouta : — Pardon, Monsieur, mais ce sont mes habits de tous les jours. — Quelle honte de porter ces guenilles ! Amy resta silencieuse, elle ne savait pas quoi répondre. Erwan se leva de son fauteuil et prit la direction du pub où il passait le plus clair de son temps à boire. Il avait soixante-trois ans mais il paraissait plus âgé, le tabac et l’alcool avaient fait des ravages. Fénéla avait soixante-deux ans. — Suis-moi, dit-elle d’une voix empreinte d’irascibilité. Je vais te montrer ce que tu auras à faire. Tu devras faire le ménage dans toutes les pièces, et préparer les repas. La liste était longue et démotivante pour Amy. Tu commenceras à sept heures pour finir à midi, puis tu reviendras à quinze heures après notre sieste pour terminer à dix-neuf heures. Elles traversèrent un salon plongé dans la pénombre, ensuite un long couloir obscur. À chaque pas, Amy ressentait de la frustration, des larmes de terreur lui montaient aux yeux. Fénéla O’Sullivan poussa une porte, un faible flot de lumière inonda la pièce. Un crucifix ornait un mur, sur un autre était accroché les portraits de ses ancêtres. Un lit en bois occupait le centre de la chambre. Il y avait une armoire et une commode, le tout était de style Louis XV. — Tu commenceras par ma chambre. Il y a dix-sept pièces, tu auras de quoi faire, tu ne seras pas autorisée à la rêverie. Ton salaire sera de dix livres par mois. Ne t’éternise pas à admirer les objets, tu feras la poussière partout et tu ne me casses rien sinon je le ponctionnerai sur ton salaire. Tu as bien compris ! Amy hocha la tête, elle voyait devant elle qu’une vieille dame acariâtre, revêche et taciturne. Tu passeras le balai tous les jours, tu allumeras le feu de cheminée dans les deux salons, la cuisine, la chambre de Monsieur et la mienne, tu feras nos lits. Tu laveras notre linge, tu feras la vaisselle, tu prépareras nos repas du midi et du soir, tu laveras le sol. Amy comprit qu’ils ne dormaient pas ensemble, vu le caractère de chacun, cela ne l’étonna pas, à moins que ce soit pour une tout autre raison. Amy s’en fichait à vrai dire, ce qui la préoccupait, c’était la charge de travail. Madame O’Sullivan était une femme impitoyable et réciproquement elle semblait malheureuse. La cause, était-elle de n’avoir pas eu d’enfant ? Amy s’abstint de tout commentaire, elle n’avait aucune envie de lui poser la question, de plus, cela relèverait de l’insolence. Amy avait hâte de quitter cet endroit lugubre et déprimant. Bien que chez ses parents, ce ne fut guère mieux. Qu’avait-elle fait pour mériter pareil châtiment. Elle n’avait personne auprès de qui elle aurait pu exprimer sa douleur. Ses parents étaient odieux, elle se retrouvait à présent avec ces personnes immondes, effrayantes dans cet endroit sinistre. Pourquoi ses parents la laissaient travailler dans cette famille répugnante ? Pourquoi ne lui ont-ils pas laissé continuer ses études ? Elle ne le saura jamais. — Au fait, j’oubliais, tu nous apporteras le petit-déjeuner au lit à huit heures tous les matins, ajouta Fénéla. Amy hocha la tête en guise de réponse. — Tu as perdu ta langue ! — Non, Madame. — Alors, tu peux commencer le travail. Elle lui montra le cagibi au fond du couloir où étaient entreposés les produits d’entretien. Amy se mit au travail avec une boule au ventre. Fénéla la suivait du regard. — Tu n’as pas l’air motivée ! Je te préviens, si tu rechignes poursuivit-elle en dardant sur elle un regard menaçant, je te le ferai payer, crois-moi, tu dois suivre les règles, je serais inflexible. Amy hocha la tête mécaniquement. Elle comprenait toute la détresse d’être une bonne. Elle commença par faire les lits de ses maîtres. Son estomac vide se tordait douloureusement. Elle avait à peine mangé chez elle depuis la veille, trop angoissée de travailler comme bonne chez des gens inconnus. Elle était dans ses pensées alors Madame O’Sullivan la suivait. — Je jetterai un coup d’œil lorsque tu auras terminé tes corvées, dit-elle d’un air sévère. Mets-toi bien dans la tête que tu devras travailler assidûment pour recevoir ton salaire sinon, il sera amputé à chaque fois que le travail sera mal fait. Le regard courroucé de la vieille dame la fit tressaillir. Amy s’excusa, elle voulait éviter les remontrances de cette dernière, elle voulait se faire toute petite et surtout discrète. Ce n’étaient pas les corvées dont elle devait s’acquitter qui lui parurent compliquées, mais plutôt le nombre qui l’effrayait. Cette vieille femme revêche lui en rajoutait de plus en plus. Soudain, elle sursauta en attendant les hurlements de Fénéla. — C’est comme ça que tu fais ton lit chez toi ! Hurla Fénéla. Tu ne vois pas que l’édredon est mal positionné, espèce de gourde ! L’effroi se peignit sur le visage d’Amy. Cette femme avait vraiment l’intention de lui faire subir le moindre reproche aussi insignifiant, la moindre erreur soit-elle. La gorge nouée, Amy était incapable de prononcer un seul mot. En quelques heures, sa vie était devenue un véritable cauchemar. Elle vivait la même chose dans la chaumière de ses parents. En y repensant, elle avait les larmes qui lui montaient aux yeux. Lorsque Fénéla fut partie vaquer à ses occupations, Amy laissa libre cours à ses sanglots qui redoublèrent de plus en plus fort. Son visage était ravagé par une détresse infinie. Il lui était difficile d’imaginer une autre vie que celle-ci faite de peur, de solitude, de faim et de chagrin. Un chagrin qui lui transperçait le cœur. Elle se remémorait les paroles de Fénéla qui résonnaient encore à ses oreilles, elle en mesurait toute la portée. « Je ne suis qu’une bonne à tout faire, aussi bien ici que chez mes parents », pensa-t-elle avec des sanglots dans la gorge. Les journées seraient longues pour Amy, obligée de supporter un quotidien épuisant, une vie de travail proche de l’esclavage.

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