10 C’était un après-midi doré par le soleil de juin. Chaque souffle du vent était si plein de vie, qu’il semblait que celui que respirait Erwan fut mourant. Le visage de Fénéla était semblable au paysage, les ombres, les rayons de soleil s’y succédaient avec rapidité, mais les ombres y restaient plus longtemps, les rayons de soleil étaient plus fugitifs. La chambre de Fénéla était devenue son univers. Les mois s’écoulèrent et laissèrent place aux années, quatre douloureuses années dont chaque jour fut marqué par une terrible altération de l’état de santé d’Amy. Elle s’affaiblissait. La vivacité de son esprit l’empêchait de se laisser leurrer. Elle devinait la terrible probabilité qui peu à peu devenait une certitude, elle allait mourir de malnutrition et de chagrin. Elle fut souvent pris


