Chapitre 16

1411 Mots
J’ouvre les yeux et me redresse en sursaut. Je tremble de tout mon corps et transpire. Je respire lentement afin de me calmer. Je reconnais ma chambre du refuge. La lumière est allumée. Il n’y a personne et je n’entends aucun bruit. Je m’assois au bord du lit et me lève. Toujours aucun bruit, rien. Je marche jusqu’à la porte et l’entrouvre. Personne. Seulement du silence et le couloir blanc et vide. Je sors de ma chambre et referme la porte derrière moi, à l’afflux du moindre petit bruit. Je fronce les sourcils. Peut-être qu’ils sont tous dehors, à s’entraîner… J’avance dans le couloir jusqu’à la porte d’entrée qui s’ouvre à mon passage. Je sors au dehors. Il fait jour et le soleil illumine le terrain de basket-ball. Personne. C’est désertique. Est-ce que tout ça n’était qu’un rêve ? Je trouve alors un téléphone portable par terre, allumé. Il marche très bien et n’a aucune fissure. C’est un modèle de portable récent, et de haute qualité, qui coûte très cher. Je reconnais un modèle Smartung X5, noir, sans protection car c’est un modèle très résistant aux impacts. Il n’y a pas de mot de passe, l’accès semble autorisé à plusieurs personnes. Le téléphone est allumé sur un numéro de téléphone avec marqué : Appel il y a dix minutes. Je reconnais le numéro de téléphone de ma mère. Pourquoi l’ont-ils appelée ? Et comment connaissent-ils son numéro ? Les voitures garées sur le parking le long du grillage n’y sont plus, sauf une. Et s’ils sont allés voir ma mère afin de guérir Jessy ? Je retourne à l’intérieur du bâtiment pour vérifier que la chambre de Jessy est vide. Elle l’est bien. Ce qui veut dire qu’ils ont pris un risque en allant chez moi. Les cagoules noires pourraient tous les kidnapper. Et puis pourquoi sont-ils tous partis là-bas en me laissant seule ? Je ne perds pas plus de temps et prends la dernière voiture, en gardant le téléphone avec moi. *** Je viens d’arriver à Futury, en voiture. J’ai mis le portable en GPS car je ne connais pas les rues. Je parviens en quelques minutes chez moi, où toutes les voitures du refuge y sont garées. Je gare la voiture et en sors pour courir jusque chez moi. J’ouvre la porte en grand et arrive en trombe. Plusieurs visages se tournent vers moi, dont celui de ma mère. Ils sont rassemblés autour d’une table. - Ferme la porte, Megan, s’il te plaît, me dit ma mère. J’obéis puis me tourne vers elle. - Qu’est-ce que vous faites ? je demande afin de confirmer mon hypothèse. On me lance un journal que je rattrape au vol. Je le déplie et le lis. « Un nouveau virus des pouvoirs s’installe dans notre communauté. Il évolue et contamine déjà beaucoup de personnes. Les guérisseurs se font de plus en plus rares. Une nouvelle crise épidémique ? Depuis une semaine déjà, les citoyens de notre continent changent. Ils deviennent violents et incontrôlables. Un virus très dangereux et destructeur s’est installé dans les pouvoirs. Soyez prudents. Les guérisseurs sont en cours de recherches et de solutions face à cette crise. Le gouvernement veut tester une nouvelle innovation afin de sauver tous les contaminés : implanter un autre pouvoir plus puissant de personnes qui n’en ont pas besoin. C’est pourquoi il est important que les personnes avec un pouvoir d’une puissance de 18 ou plus se rendent dans un commissariat de police, un hôpital ou encore appellent le gouvernement afin de faire don de son pouvoir et sauver le continent. » Je replie le journal. - C’est n’importe quoi, ce sont des mensonges ! je m’écrie. - Non, c’est vrai, c’est juste que ça les arrange pour qu’on fasse les rats de laboratoire, me répond Harry. Je remarque l’absence de Tyler. - Où est Tyler ? je demande. - Il a le virus, il est incontrôlable. Tu es restée inconsciente plusieurs jours, la moitié d’entre nous a eu le virus, c’est pour ça on a besoin de ta mère et toi. Les pouvoirs de guérison soignent ce virus, explique Harry. - C’est pas un virus, je le coupe. - Si, insiste Harry. - Non, les pouvoirs se révoltent, ce sont des êtres vivants, des extra-terrestres, les scientifiques ont implanté ces êtres dans nos gênes, et le pouvoir varie et change selon notre personnalité. Et les pouvoirs sont révoltés contre nous car on se sert d’eux sans s’en soucier, je réponds. - Et comment tu sais tout ça toi ? s’énerve Harry. - Parce que mon pouvoir m’a parlé, et m’a laissé le contrôle...ça peut paraître totalement fou mais c’est vrai, dis-je calmement. - C’est de la folie ! J’ai besoin d’air, crie Harry. Il sort à grands pas de la maison. Je devine qu’il lui est arrivé quelque chose pour le mettre dans cet état. Je me tourne vers les autres. - Il lui est arrivé quoi ? je demande. - Il a perdu son frère hier, et sa mère est devenue folle. Il avait déjà perdu son père lorsqu’il était plus jeune, m’explique une fille. Je hoche la tête d’un air peiné. - J’essaie de soigner Jessy, mais ils ont attendu trop longtemps. Je pense qu’elle va en mourir, ajoute ma mère. Je m’approche et vois Jessy mourante, allongée sur la table. Je me concentre et pose ma main sur le front brûlant de Jessy. - Qu’est-ce que...murmure ma mère, perdue. Petit à petit je sens Jessy refroidir et reprendre sa couleur habituelle. J’enlève ma main au moment où Jessy ouvre les yeux. Je m’éloigne de la table. Tous saluent Jessy avec de grands sourires. Ils semblent soulagés. J’en profite pour m’éclipser de la maison. Harry est assis dans l’herbe du jardin. Je m’assois à côté de lui. - Désolé de m’être énervé, tout à l’heure, s’excuse-t-il. - C’est pas grave, ça arrive, je réponds. - Tu as soigné Jessy ? - Oui. Il y a un moment silencieux, puis Harry reprend : - Je m’énerve souvent pour rien. C’est parce que je pense toujours à ma situation, au chaos qui règne sur le continent, je vois aucune issue. C’est ça le problème, je vois que le négatif alors que j’ai le refuge et des amis. - Il y a pas beaucoup de choses positives, en ces moments, mais il faut s’y accrocher. Même si je te connais pas beaucoup et qu’on est pas vraiment amis, je sais que tu es une bonne personne, et qu’il y a toujours une issue à tout. - J’aime ta façon de penser. Je me suis mal comporté avec toi, j’aurais dû être plus sympa. Je m’apitoie toujours sur mon sort alors que tout le monde ici a des problèmes. Pour certains c’est même pire. Je suis vraiment qu’un idiot. Tu as raison, on devrait essayer de quitter le continent. - Je ne sais même pas si mon idée marchera. - On essayera quand même. Le groupe du refuge sort de la maison et se dirige vers les voitures, avec mes parents et ma petite sœur. Harry se lève et me sourit. Il me tend la main. - Je suis pardonné ? me demande-t-il. - Ouais, mais évite de me toucher parce que je suis quand même pas sûre de contrôler tout le temps mon pouvoir, je réponds, souriante, en arquant un sourcil. Harry affiche un sourire amusé en rangeant sa main dans sa poche. Je me relève seule. - Rentrons au refuge, dit-il. *** Nous arrivons au refuge. Je décide de voir Tyler, peu importe qu’il ait le virus ou non. Après hésitation on me donne les clés de la salle où il est enfermé. J’y vais directement, sans hésiter. Je fais bien attention à refermer la porte derrière moi. Tyler est bien là, assis en tailleur sur le sol. Il semble en pleine lutte avec lui-même, et dès qu’il me voit il se calme. - Ça va ? je lui demande bêtement. - A peu près. C’est difficile, je lutte tout le temps contre mon pouvoir et parfois il prend le contrôle. J’ai l’impression d’avoir plusieurs personnalités, me répond Tyler en grimaçant. - Je vois. Tu dois essayer de négocier et d’être gentil, laisse-le un peu libre, enfin sans être v*****t, et demande-lui pourquoi il fait ça...dis-je. Tyler arque un sourcil. - Facile à dire, remarque-t-il. Soudain, il s’immobilise, comme paralysé. Je ne bouge plus non plus, à l’afflux. Je me prépare à tout.
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