Chapitre 17

1026 Mots
- Bonjour, Megan, me dit Tyler d'une voix différente. Je sais qu'à présent ce n'est pas Tyler qui me parle, mais son pouvoir. Je dois négocier avec lui, le convaincre, mais ça semble complètement absurde. - Vous n'obtiendrez rien en luttant contre nous. Je sais que vous venez d'une autre planète, même si je ne sais pas encore qui vous êtes tous, je pense qu'on devrait essayer de vivre ensemble...j'essaie. Je me sens ridicule. Je suis vraiment en train de négocier avec un extra-terrestre, à chercher bêtement une solution. Pourquoi est-ce qu'il m'écouterait de toute façon ? - Intéressant...marmonne mon interlocuteur. - Je... Un bruit d'explosion retentit soudain. - Qu'est-ce qu'il se passe ? je demande. - Les cagoules noires, me répond le pouvoir de Tyler. Même lui semble effrayé, pendant quelques secondes car ensuite Tyler s'effondre par terre, inconscient. La porte de la pièce s'ouvre en grand, et des cagoules noires font irruption. Les terroristes m'attrapent par les bras. Je me débats, mais on m'injecte une piqûre et ma conscience me quitte. *** Je me réveille en sursautant. J'essaie de bouger mais ne peux pas. Mes pieds et mains sont attachés à un lit d'hôpital. Je me débats, des fois que les liens ne soient pas solides, mais je ne peux rien faire. Je m'arrête pour observer plus attentivement la salle où je me trouve. Tout est blanc. Sans fenêtre. Juste une porte, et quatre murs formant une pièce carrée. Pas d'interrupteur pour la lumière fixée au plafond haut. Et juste un lit d'hôpital où je suis attachée. Pas d'appareil, rien. Il n'y a pas de caméra de surveillance. Je ne sais combien de temps je vais rester enfermée dans cette pièce, attachée à ce lit. Je sursaute encore lorsque la porte s'ouvre en grand. Une femme en blouse blanche entre dans la pièce, puis referme la porte derrière elle. Je reconnais l'infirmière de l'hôpital où j'étais allée il y a quelques jours. - Bonjour Megan, sourit-elle en lisant un dossier qu'elle tient à la main. - Vous, je réponds simplement en plissant les yeux. - Oui, toujours. Nous allons t'aider et te rendre service, me dit la femme avec son sourire narquois. - M'aider ?! En m'enlevant mon pouvoir ! C'est ça votre aide ?! je m'écrie. - Oui, sauf qu'on ne prend qu'une partie de ton pouvoir pour qu'il soit moins puissant et plus normal, me répond-elle calmement. - Mais mon pouvoir est normal ! je riposte. Elle ne me répond rien et s'approche avec une piqûre à la main. Je déteste finalement les piqûres. Toujours à m'en planter pour me calmer, m'enlever mon pouvoir. - Calme-toi, Megan. Tu ne peux plus rien faire contre nous, maintenant. Tu es prisonnière, faible. Tu n'es...plus rien, enfonce l'infirmière. À ce moment je déteste le monde entier. Je vois rouge. Je veux seulement qu'on me laisse vivre tranquille. Pour ça je dois sauver les autres, et nous devons partir du continent. Je ne suis pas rien, je ne suis pas prisonnière. J'ai encore mon pouvoir, je peux me défendre. - Vous faites une grave erreur, dis-je seulement. - Vraiment ? Tu te bats en vain, Megan. Une fois qu'on aura ton pouvoir, tu vivras normalement, en paix, me répond la femme. - Non, vous me tuerez puisque je sais ce que fait le gouvernement et que je peux porter plainte. - Bien vu. Le problème, c'est que c'est trop tard maintenant ! Elle brandit sa piqûre et s'apprête à me l'enfoncer dans le bras. Le temps semble alors s'arrêter. Je parviens à détacher mon bras du bout des doigts. Je dois sortir d'ici. Avec ma main maintenant libre je me détache l'autre bras et les mains, puis je me lève. Je suis en train d'utiliser mon pouvoir, je suis peut-être invisible, et vu que mon pouvoir est rapide, je peux m'en servir en accéléré. Je prends la main de l'infirmière pour tourner la piqûre vers son bras. Le temps reprend son cours. Dans son élan, l'infirmière se plante la piqûre dans le bras. L'effet est immédiat, elle s'écroule par terre, inconsciente. Je ne suis même pas sûre d'être bien invisible, mais je prends le risque. J'entrouvre la porte d'entrée de la salle puis sors dans une intersection de couloirs. Il y a une dizaine de gardes cagoulés plantés autour de la porte. Je referme discrètement la porte derrière moi alors que les cagoules noires fixent celle-ci en fronçant les sourcils. Ils ne comprennent pas dans l'immédiat. J'en profite pour m'éclipser dans un couloir au hasard. Mes doutes sont confirmés, je suis donc bien invisible. Un des gardes réagit enfin et au moment où je disparais dans le couloir je l'entends crier : - Le Sujet Numéro Un s'échappe ! Une alarme retentit alors, très forte, me cassant presque les tympans. Les couloirs sont blancs comme la salle, et j'ai l'impression d'être dans un labyrinthe. Je ne croise personne, aucune porte, pendant un long moment. Je trottine dans les couloirs infinis, prends des virages. J'ai l'impression de tourner en rond. Je commence à perdre espoir et à vouloir abandonner quand je perçois des voix. Je m'avance pour déboucher sur une nouvelle intersection de deux couloirs, avec une porte autour de laquelle sont postés une dizaine de gardes. Ils sont à l'afflux, comme s'ils m'attendent déjà. - On doit sortir le Sujet Numéro Deux ? demande un garde en criant pour se faire entendre. - Non, la fille va venir le chercher, c'est obligé, et on doit attendre l'infirmière. On a des ordres, lui répond un autre. Je réfléchis à toute vitesse. Si je les tue tous ça attirerait trop l'attention. Je reste plantée devant eux pendant un long moment, hésitante. C'est alors que l'infirmière en question arrive, manquant de me bousculer. Le plan le plus logique se place dans mon esprit. Je rattrape l'infirmière et la suis au moment où elle ouvre la porte pour s'engouffrer dans la pièce. Dès l'instant que la porte se ferme je ne perds pas de temps et attrape l'infirmière par le bras. Elle s'effondre par terre, inconsciente. Je me précipite vers le Sujet Numéro Deux maintenant conscient et manque de m'étouffer.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER