Line prit des affaires et alla s'installer dans la résidence des Bille. Mais en quittant sa maison, elle laissa un mot pour son Mari.
Bonsoir chéri, sache que le passé est derrière nous. Tu as certes fait une erreur mais elle n'était aucunement volontaire, j'en suis sûre. J'aimerais que les derniers jours sur Terre de notre petite fille soient les plus heureux de sa vie. Les Bille ont décider de nous héberger jusqu'à ce que la petite pousse son dernier souffle. Nous avons décidé tous ensemble que nous vivrons tous dans la même maison afin de mieux soutenir Muléma. J'y vais de ce pas. J'espère que tu nous y rejoindra.
Line
Line arriva à la résidence et Simi la conduisit aussitôt dans la chambre qui serait la sienne durant tout son séjour.
Muléma se réveilla dans la chambre qu'elle occupait d'habitude chez les Bille. Quand elle ouvrit les yeux, le premier visage qu'elle vit était celui de son amie Eding. Mais en ouvrant plus les yeux, elle constata qu'elle n'était plus à l'hôpital mais à la maison.
- Dit moi que c'était juste un cauchemar et que je n'ai jamais été à l'hôpital, dit Muléma.
Eding s'approcha de Muléma, s'assit sur le lit de cette dernière et prit sa main.
- Si seulement tu avais raison mon amie, dit Eding.
Muléma se mit une fois de plus à pleurer. Eding fit un effort surhumain pour ne pas pleurer en voyant son amie dans cet état. L'infirmière était hors de la chambre quand Muléma se réveilla. Mais Eding avait pour mission de l'appeler lorsque Muléma ouvrirait les yeux. Mais Eding avait en tête de discuter d'abord avec Muléma avant de laisser quelqu'un d'autre la voir.
- Ne pleure pas, je suis avec toi et je ne te quitterai jamais. Tu sais Muléma, mon papa et ta maman ont décidé que vous vivrez tous ici, histoire que toi et moi ne soyions pas séparés. Sache que nous t'aimons tous et que nous t'accompagnerons tous jusqu'à la fin. Et qui sait, peut être qu'on aura droit à un miracle comme dans les films.
Eding ne voulait surtout pas paraître bouleversée en parlant à Muléma. Mais entendre ces paroles sortir de la bouche de sa meilleure amie qui était presqu'une sœur pour elle réconforta Muléma.
- Je t'aime tu sais, déclara Muléma à Eding.
- Je t'aime aussi plus que tout au monde, répondit Eding.
Eding fit un câlin à Muléma et essuya les larmes de cette dernière. Ensuite Eding sortit de la chambre pour mettre tout le monde au courant du réveil de Muléma. Il n'a fallu que quelques instants pour que toute la famille monte voir Muléma dans sa chambre. Il pleuvait des " Comment tu vas mon bébé ?", " J'ai fait ton plat favoris, tu en veux?". Voyant à quel point tout le monde lui portait beaucoup d'attention, Muléma ne pu s'empêcher de fondre en larmes. Tous les autres s'efforcèrent juste de garder leur sang froid. Et c'est Line qui embrassa sa fille en lui disant tout plein de mots doux. On aurait dit un cirque. Line, Muna, Jude et Simi étaient au petit soin avec Muléma. On aurait dit une reine et ses serviteurs. Ils redevenaient tous des enfants quand ils étaient avec Muléma. Ils riaient très fort, parlaient de tout et de rien. On aurait dit une veritable famille. Muléma riait encore et encore à toutes les blagues qu'on lui racontait. Nul ne faisait rien d'important dans la maison. Pas de travail, pas d'études. La priorité numéro un de tout un chacun dans cette maison était de rendre Muléma heureuse. La nuit tomba et c'était enfin le moment de dormir. Si cela ne tenait qu'à chacun, ils dormiraient tous avec Muléma dans sa chambre. Muna avait donc décidé qu'ils procèderaient par tirage au sort pour savoir qui dormirait avec Muléma dans sa chambre. Eding insista pour être celle qui écrirait les noms pour les mettre dans le vase. Donc elle agit en grande stratège et mit son prénom sur tous les bouts de papier sans exception. Le tirage au sort fut donc un grand succès pour elle. Heureusement pour elle, les adultes n'y avaient vu que du feu. Jude se chargea donc de réaménager la chambre de Muléma en y ajoutant un second lit pour la personne qui dormirait auprès de Muléma. L'infirmière elle dormait dans l'une des chambres qui étaient tout près de la chambre de Muléma. C'était très éprouvant pour tout le monde mais ils étaient heureux de pouvoir dessiner un sourire sur le visage de Muléma. Eding et Muléma papotèrent pendant une bonne partie de la nuit. Muléma n'eut aucun malaise. Mais en discutant avec elle, Eding constata qu'elle oubliait de nouveau des trucs. Mais elle ne s'y attarda pas comme auparavant. Elle discutait donc avec Muléma comme si de rien n'était.
Le jour se leva très vite mais les filles avaient dormi jusqu'à dix heure ce jour là. Au environs de douze heures, Muléma vit débarquer dans sa chambre tous ses camarades de classe et mêmes ses professeurs. Leur classe avait été dispensé de cours à partir de midi cette journée là afin d'aller rendre une petite visite à leur camarade et amie malade. Ils avaient tous apporté des cadeaux à Muléma.Que ce soit des petits mots ou mêmes des objets, Muléma était couverte de cadeaux. C'était là de très beaux gestes d'attention. La résidence Bille était pleine comme jamais. C'était tout simplement admirable de leur part à tous. Mais ces gestes ne laissèrent pas Muléma indifferente. Décidément, elle était destinée à épuiser toutes ses réserves de larmes. Ils étaient arrivés avec le bus scolaires. Ce bus était aussi chargé de ramener chaque élève et enseignant chez lui après la petite visite. Tout ceci sur ordre du Proviseur du lycée en personne. Muléma savait qu'elle allait mourir mais elle n'aurait jamais imaginé pas que sa mort serait la source de son plus grand bonheur. Toute la classe était là, même les camarades avec qui Muléma ne s'entendait pas en classe. Tous étaient là, juste pour elle. En discutant avec certains, elle finit par apprendre que tous le lycée avait même envie de venir. Muléma et Eding s'était fait connaître de tout le monde au lycée grâce à leur club donc toute l'école avait été touché par la triste nouvelle. C'était donc la volonté de tous de voir Muléma. Le club santé du lycée avait même élaboré un programme de sensibilisation des élèves contre les chocs supposés négligeables. La situation de Muléma avait affecté tellement de personne que cela prit une ampleur démesurée au lycée. La visite dura juste trois heures de temps et ils rentrèrent tous. Muléma semblait néanmoins être très épuisée. ça se voyait que sa santé se détériorait avec le temps. Elle était bien-sûr heureuse de voir tous ces gens avec elle mais elle n'attendait qu'une seule personne au fond et c'était son père, Sawa. Eding savait très bien que Muléma aimait énormément son père malgré tout et elle savait aussi que la joie de Muléma ne serait complète que si son père était à ses côtés. Donc, Eding Prit les devants et alla en parler à son père qui était seul dans son bureau à ce moment là.
- Papa, est ce qu'on peut parler? dit Eding.
- Oui chéri, entre et ferme la porte derrière toi.
- Muléma aimerait voir son papa.
- C'est elle qui te l'a dit?
- Non, mais je le sais. Elle aimerait l'avoir à ses côtés.
- Tu sais bien qu'il peut venir ici si il le veut. Mais il n'a donné aucune nouvelle depuis. J'en ai d'ailleurs parlé avec Line et ta maman. Line m'a dit qu'elle lui a laissé un mot avant de venir. Mais j'ai bien l'impression qu'il ne veut pas rejoindre sa famille.
- Mais je peux le convaincre, crois moi. Je sais que ça complètera le bonheur de Muléma.
- Donc,que propose ma petite fille?
- J'aimerais que tu m'accompagnes chez les Ibohn afin que je parle au papa de Muléma.
- D'accord et tu veux qu'on y aille quand?
- Tout de suite si t'es prêt.
- Laisse moi classer mes documents et on y va.
Eding alla dire à Muléma qu'elle sortait avec son père faire quelques courses. Ils s'en allèrent donc. Eding indiquait le chemin à Jude car elle connaissait où est ce que vivaient les Ibohn. Mais quand ils arrivèrent, la porte de la maison était fermée. Eding se renseigna auprès des voisins et ceux ci lui dirent que Sawa était dans son bars favoris pas loin de là. Eding se souvint donc que par chance, Muléma lui avait un jour montré le bar où son père passait tout son temps. Donc Eding et Jude n'eurent aucun mal à s'y rendre. Fortuitement, Sawa était bien la bas. Jude et sa fille entrèrent dans le bar et prirent place près de Sawa.
- Bonjour monsieur Ibohn, je suis Jude Bille et voici ma fille Eding. On aimerait vous parler à propos de votre fille.
Il était évident en voyant la gestuelle de Sawa qu'il était ivre.
- Je vous écoute donc, leur dit il.
Eding prit donc la parole.
- Monsieur, je sais que vous vous sentez coupable de la situation de votre fille. Mais sachez qu'elle ne vous en tient pas responsable. Elle regarde la porte de temps en temps dans l'espoir de vous voir entrer. Je sais qu'elle vous aime alors donnez lui l'occasion d'être heureuse même pour une dernière fois. Votre présence compte beaucoup pour Muléma. Si ce n'était pas le cas, croyez moi monsieur que mon papa et moi n'aurions pas pris la peine de venir vous voir aujourd'hui. Ni Muléma, ni votre femme ne savent que nous sommes venus vous voir. J'espère que mes paroles auront eu le don de vous convaincre.
- Vous êtes le bienvenu chez nous, venez voir votre fille. Et si vous décidez de venir, j'aimerais que notre visite reste entre nous trois,ajouta Jude.
Sawa ne dit rien et Eding et Jude se levèrent et quittèrent le bar. Ils espéraient sincèrement que ces paroles l'avaient touché. Ils rentrèrent donc chez eux. Toute cette nuit là, Eding ne voulu pas s'en dormir car elle espérait que Sawa viendrait voir sa fille peu importe l'heure. Son père et elle n'avait rien dit à personne à la maison. Il espérait que si Sawa arrive, que sa fille et sa femme pensent qu'il s'était ressaisit tout seul. Mais pour mieux cacher leur action, père et fille firent des courses avant de rentrer à la maison. Les heures passaient l'une après l'autre mais personne ne sonna. Muléma quant à elle sentait que quelque chose tracassait Eding mais elle cru que c'était sûrement à cause de son état que son amie faisait une mine pareille.
- Eding, peux tu me raconter comment on s'est rencontré, je ne m'en souviens plus du tout, demanda Muléma.
- Volontier, je pourrait te raconter cette histoire tous les jours si tu le voulais.
Eding savait que Muléma oublierait plein de choses et même des personnes. Mais elle avait peur que son amie ne se réveille un matin en ayant oublié qui elle est. Le simple fait que Muléma ne se souvienne plus du jour de leur rencontre lui faisait tellement de peine. Néanmoins, elle n'y pouvait rien. Elle raconta donc en détail à Muléma le jour de leur rencontre. Mais Muléma s'endormit aussitôt qu'Eding débuta son récit. Ayant remarqué que Muléma s'était endormie, Eding leva la tête et fit cette prière.
Bonsoir le monsieur d'en haut. Je sais que jamais je ne m'étais adressée à toi avant aujourd'hui. Moi c'est Eding Bille et j'espère que tu me connais. J'ai entendu dire que tu connaissais tout le monde. Regarde la fille qui dort près de moi, c'est mon amie Muléma. C'est plus qu'une sœur pour moi. Tu sais le monsieur d'en haut, Muléma n'a jamais fait de mal à personne. C'est d'ailleurs la meilleure personne que je connaisse. J'ai entendu dire que tu savais tout sur tout, que tu étais partout à la fois et que rien ne t'était impossible. Alors, je viens te supplier au sujet de Muléma. Tu sais bien tout comme moi qu'elle ne mérite pas ce qui lui arrive. Je t'en prie, substitue nos places et fais en sorte que ma vie soit ôtée à la place de la sienne. C'est l'occasion de te faire entendre et de me montrer que tu existes réellement. Je sais que ma requête peux paraître farfelue mais tu peux au moins m'accorder cela. Car tu sais que moi, jamais je ne t'ai rien demandé.
Après avoir terminé sa prière, Eding se coucha et s'endormit.