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1774 Mots
Le réveil fut dur, je peinais à ouvrir les yeux quand mon réveil se mit à sonner. Me levant bon gré mal gré, je me dirigeai vers la salle de bain, il me fallait me préparer rapidement. Me regardant dans le miroir, je vis à l'endroit de ma blessure à la lèvre qu'il n'y avait strictement rien. M'approchant un peu plus prés, je vis, quelques reflets de couleur or sur ma peau. Je fronçais les sourcils de surprise, Kerim avait t'il saigner? Car oui, le sang des dieux est de couleur or, quand il coule, car il est bien difficile de les faire saigner, sauf si vous avez une arme bien spécifique. Qu'importe, me déshabillant, je me glissais sous l'eau bouillante de la douche, laissant la chaleur m'envahir et soulager mes douleurs, bien que ces dernières, à ma grande surprise, ne semblaient pas meurtrir mon corps. Je finissais de sécher mes cheveux quand quelque chose attira mon attention, certaines de mes mèches avaient changer de couleur, semblaient plus brillantes, plus belles. A s'y méprendre on pourrait croire que je suis passée par le coiffeur, hors, je ne l'avais pas fait. Bien que cela me semblait assez surprenant, je n'en tenais pas compte, il me fallait me préparer pour aller en cours. Passant mon éternel jean tee-shirt avec une veste en cuir, j'étais fin prête pour ma journée de torture. Descendant les escalier, j'entendis des voix s'élever dans la cuisine, il s'agissait bien entendu de mes parents, mais il y avait une voix qui m'était inconnue, du moins, je n'arrivais pas à savoir à qui elle appartenait, car après quelques écoutes de plus, elle me semblait presque familière. Visiblement, la conversation était mouvementée et ma curiosité me poussa à me rapprocher de la porte afin d' entendre quelques mots. Bien sûr je priait intérieurement pour que je ne sois pas le sujet principal de cette discussion animée. Une fois assez proche, j'entendis plus distinctement, et mon cœur fit un bond dans la poitrine prenant conscience que cette voix que je pensais inconnue était en fait la voix de Kerim. D'ailleurs il commençait à devenir virulent envers mes parents. - Vous ne pouvez pas laisser faire les choses, il faut le lui dire! - Non, et dois-je te rappeler que ta mission est de comprendre ce qui arrive aux humains, pas se soucier de ce que je dis ou non à ma fille! Jamais je n'avais entendu mon père parler ainsi à une personne, visiblement il se passait des choses graves et Kerim en faisait les frais. Bien que je mourrais d'envie de les interrompre et ainsi avoir des réponses à mes questions restées en suspens depuis bien des années, je pris mon mal en patience et tendit un peu plus l'oreille, espérant savoir quelque chose que je ne savais pas à mon sujet. - vous ne comprenez pas Odon, ce loup l'a vue, il sait maintenant qui elle est! De quoi parle t'il? Visiblement, il sait plus de choses que je ne le pensais, ou du moins il en a appris un peu plus hier. - Et alors? qui croira un loup face à nous? Mon père toujours aussi sûr de lui et de notre supériorité, enfin de la leur, à eux les dieux. - Il se peut qu'ils demandent des preuves, ils vont s'en prendre à elle et vous savez que comme ça elle est vulnérable! Je percevais une réelle inquiétude dans la voix de Kerim, elle se brisa sur la fin de sa phrase et je me sentit touchée. Il avait peur pour moi, mais pour quelle raison? Que se passait t'il bon sang? - Le sujet est clos Kerim, fais ton travail et ne t'approches plus de ma fille! Il m'a fallu beaucoup de maîtrise pour ne pas bondir dans la cuisine comme une enragée et hurler que je ne voulais pas qu'il s'éloigne de moi. Il ne faut pas croire que j'avais le béguin pour lui, non, mais pour être honnête, je me sentais plus en sécurité quand il était près de moi. Cependant, il me fallait garder tout mon sang froid pour affronter mes parents, il le fallait. J'entendis la porte arrière se refermer, je fis un pas en direction de la cuisine, mais mes parents toujours ignorant de ma présence se mirent à parler entre eux, je vis rapidement que l'inquiétude de Kerim était fondée, ma mère la ressentant également. - Odon, crois-tu qu'il est bien avisé de la mettre en danger ainsi? - Elle n'est pas en danger! ne crois pas cet idiot de Kerim! - Je pense néanmoins qu'il a raison de s'inquiéter pour elle, elle est la clé de tout, tu ne peux pas lui cacher indéfiniment son identité! - J'ai dit non! Jamais je n'avais entendu mon père hurler aussi fort, encore moins sur ma mère. A ce moment là il me fis vraiment très peur. Ma volonté de le confronter fut alors réduite à néant. J'avais besoin de savoir qui j'étais et ma place dans ce monde, mais pas dans de telles conditions. Faisant demi-tour, je bousculais la petite table qui se trouvait à côté de moi, entraînant le magnifique vase chinois qui se trouvait posé dessus et qui vint se briser sur le sol. L'inquiétude, la peur, me firent me figer sur place, incapable de bouger d'un seul millimètre. Quand mon père est arrivé derrière moi j'ai arrêté de respirer attendant patiemment son courroux. - Claice, que fais-tu ici? La voix tremblante, je tentais de rassembler mes idées afin de répondre, cherchant une raison à ma présence. Qu'est ce que j'allais lui dire ?? "Coucou, j'ai trébucher! désolée pour le vase!" "Pardon, je ne voulais pas vous entendre ..." non tout ceci n'était pas crédible! et surtout très enfantin, il me faut rester dans le vrai pour que mon histoire, mon explication soit réelle et crue. - Je me dirigeais dans la cuisine afin de déjeuner quand je t'ai entendu crier papa, donc j'ai voulu partir, ne voulant pas vous déranger et puis, bam, le vase est tombé, je suis sincèrement désolée! Il me regardait avec ce regard sévère que je lui connaissait très rarement, il était irrité, et cherchait dans mon regard à savoir si je disais la vérité. Il faut dire que c'était la vérité, j'avais juste omis certains détails à savoir le fait que je les écoutaient depuis quelques instants. Il se tenait droit devant moi, les bras croisés sur les torse. Au bout d'un instant, qui me sembla durer une éternité, il se mit à sourire. - Je suis désolé, avec ta mère nous parlions d'une affaire qui ne te concerne pas et sur laquelle nos avis divergent. Je m'excuse si mon emportement t'a fait peur! - Ce n'est rien papa! Je n'arrivais pas à croire qu'il osait me mentir en me regardant droit dans les yeux, mais une fois de plus je devais garder le cap et ne rien dire, tôt ou tard je saurais le fin mot de cette histoire. Il s'approcha de moi et me prit dans ses bras, il faisait toujours cela quand il voulait se faire pardonner. Je dois avouer que ça marchait car après un câlin je ne lui en voulait plus. Je le sentit caresser mes cheveux, jusque là rien de surprenant, il le faisait tout le temps sauf que là, il prit une de mes mèche dans sa main. J'avais mon oreille collée à sa poitrine et j'entendis son cœur battre bien trop vite. - Papa, tu vas bien? S'écartant de lui, je le regardais dans les yeux, son visage était inquiet et fixait ma mère qui semblait dans le même état de confusion. - Que se passe t'il? Il posa à nouveau les yeux sur moi, il était plus que sérieux ce qui me déclencha un frisson qui descendit le long de mon dos. Son regard était paniqué. - depuis quand tes cheveux sont comme ça? Fronçant les sourcils, je le regardais avec beaucoup de concentration, essayant de comprendre en quoi la couleur de mes cheveux était subitement devenue un problème. Il se passait quelque chose, j'en étais sûr et certaine. - depuis ce matin il me semble! Il me fixa, surpris, puis posa ses yeux sur ma mère qui leva les mains ne sachant pas plus que lui ce qui se passait. Il était visiblement inquiet, cela se trahissait par ses mains qui tremblaient, il avait perdu sa confiance habituelle. - comment te sens-tu? Je ne comprenais pas en quoi mes cheveux pouvaient avoir un lien avec mon état de santé, mais je lui répondis tout de même, essayant de calmer cette inquiétude grandissante qui était en train de la gagner. - bien pourquoi? Il n'arrêtait pas de porter son attention sur moi puis ma mère puis de nouveau moi et cela me donnait le tournis. Je commençais sérieusement à en avoir marre de ces non-dit et je voulais comprendre ce qui se passait. - Que se passe t'il? visiblement quelque chose vous chiffonne donc dites le moi! - Rien, vas en cours! Grogna mon père qui semblait à court de répartie. Il faisait toujours ça, quand il ne voulait pas répondre à une question ou ne savait pas quoi répondre, il me disait de faire quelque chose pour que je ne sois plus dans son champ de vision, et ainsi il pouvait se poser et penser au problème pour pouvoir plus tard me répondre. Visiblement, je devenais une énigme pour lui, encore heureux qu'il n'avait pas connaissance de mon altercation avec le loup la nuit dernière ou du moins pas dans les détails sinon j'aurais déjà eut droit à des réprimendes de sa part.Je n'ai rien dit de plus et suis partie de la maison, je ne voulais pas non plus dire quelque chose qui pourrait me mettre en porte-à-faux. La stupeur me saisit une fois sur le porche quand mes yeux se posèrent sur l'avant de la maison, d'ailleurs, un couple se promenant me regardait avec un questionnement perceptible. Le devant de ma maison était un vrai champ de bataille, la pelouse avait des ornières assez larges, signe qu'il y avait visiblement eu un combat, au niveau du tilleul, il y avait des petites branches sur le sol, et des feuilles. Il y avait aussi l'impact sur le tronc de l'arbre, là où visiblement j'avais été projeté sans ménagement. Comment était-ce possible que je n'en ressente aucun contrecoup? Pourquoi je n'avais aucune douleur? visiblement la bataille avait été rude alors comment cela se faisait t'il? Toutes ces questions tournaient dans mon esprit sans que je puisse y amener la moindre réponse, et cela me frustrais beaucoup.  ....
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