-7-

1666 Mots
Un grognement, venu des tréfonds de sa gorge me fit frissonner de peur, visiblement, à n'en pas douter mon comportement l'avait passablement énervé, et j'allais en comprendre l'ampleur assez rapidement. Il me fixait, comme un prédateur face à sa proie, faible et sans défense. Son regard, descendit sur moi, s'arrêtant au niveau de mon décolleté, et plus précisément, sur un objet auquel je tenais plus que ma vie. Un sourire se dessina sur ses lèvres, comme s'il avait trouvé le saint-graal. Il fit un pas de plus dans ma direction, bien qu'à mon goût, le peu de distance qui se trouvait entre nous était bien insuffisant. Je sentais son souffle sur ma peau, et je dois avouer que l'envie de fuir m'a traversé l'idée, mais pour combien de temps? dix, vingt secondes tout au plus?! Quand il voulu prendre, ou toucher mon collier, j'eu un mouvement de recul, non calculé, plus défensif que provocateur, il pouvait bien faire ce qu'il voulait de moi, mais jamais je ne le laisserais toucher mon collier, il en était hors de question. Il grogna, visiblement affecté par ma réaction. Je sentis alors une vive douleur, sans comprendre comment cela s'était déroulé, je me retrouvai à terre à quelques mètres sur sa gauche, contre le gros tronc d'arbre du tilleul qui se trouvait sur la pelouse, sur le devant de la maison. J'étais à terre, j'avais mal dans tout mon dos et au visage, et il me semblait que du sang coulait de ma lèvre. Essuyant ce dernier, je ne pu distinctement m'en rendre compte, la nuit étant cruellement sombre, mais le picotement, et l'effet mouillé sur ma main me confirmait mes doutes. Ce s****d avait osé me frapper! Je n'eu pas le temps de penser plus qu'il se trouvait de nouveau devant moi, il s'accroupit, me regardant, presque lassé de ce combat si on pouvait appeler cela ainsi. Il serra ma gorge de sa main, me soulevant du sol me faisant manquer d'air. J'avais beau m'accrocher à son bras, il était bien plus fort que moi et je ne pouvais rien contre lui, rien du tout. C'est alors que ma vue se brouilla, le manque d'air je pense, mes forces m'abandonnaient. Je ne pouvais pas me débattre, même si je tentais vainement de le faire lâcher à coup de coups de poings dans le bras et plantage d'ongle. Je ne pu résister à cette envie de fermer les yeux, même si je savais que dans ces conditions, ce serait pour toujours. Je m'en voulais d'être aussi faible, et je pensais à mes parents adoptifs, la peine qu'ils éprouveraient de me voir là, morte, ou pire disparue. Une fois les yeux clos, résigné à laisser la vie quitter mon corps faible, j'eus l'impression de tomber, et entendit un bruit sourd. Il me fallut quelques secondes pour comprendre que je me trouvais de nouveau au sol. La douleur m'avait quittée. Étais-je au paradis? Ouvrant les yeux, je fus surprise de voir que je me trouvais toujours dans le monde des vivants, des pieds fermement ancrés dans le sol se trouvaient devant moi, je pu voir plus loin, au sol, le loup. Quand mon regard croisa le sien, je fus surprise de voir de la peur dans ses yeux, une peur que je n'aurais jamais penser déceler dans les yeux d'un loup. Cependant une chose me frappa plus que la peur qu'il ressentait, c'était mon collier, dans sa main, il avait réussi à me prendre mon bien le plus cher. La colère se développa en moi de manière exponentielle. Je n'avais qu'une envie, le tuer afin de récupérer mon bien. J'étais tellement focalisée sur cet objectif que je ne vis pas le ciel se couvrir rapidement de gros nuages, et les éclairs commençaient à luire avec une violence sans limite, la pluie tombait abondamment. Le loup se mit à trembler, il était terrorisé, le mythe était peut être vrai, les chiens avaient bel et bien peur des orages! Je me mis debout, prête à en découdre avec lui, il avait réussi ce que personne n'avait jamais osé, me mettre dans une fureur telle que je n'avais plus peur de rien, même pas de lui. Il avait fait naître en moi une force que je ne soupçonnais même pas. C'est à ce moment-là qu'il partit en hurlant, ou plutôt en couinant. Le protecteur qui se trouvait devant moi s'avança, et prit le collier qu'il avait laissé tomber en fuyant à toutes jambes, il le regarda un instant avant de me le donner, sans même lever les yeux vers moi. - tournez vous, je vais vous le remettre! Je m'exécutais, il venait de me sauver une fois de plus la vie, je n'allais pas à ce moment, manquer de confiance en lui pour ne pas lui tourner le dos. Il prit soin de mettre mes cheveux de côté, puis passa la bijou devant avant de le fermer autour de mon cou. En sentant le frais du métal sur ma peau, je me sentis apaisée pour une raison que j'ignore. - Merci En me retournant je lui sourit, je lui devait la vie, même si je n'avais pas tout compris à ce qui venait de se passer. Quand j'ai posé les yeux sur lui, il semblait mal à l'aise, et bizarrement, je le trouvait plus grand, mais cela n'avait pas d'importance, j'avais pris un sacré coup et ma perception des choses devait je pense en être altérée. Sans un mot, il se retourna, prêt une fois de plus à s'enfuir sans parler, sans me parler. Hors moi j'avais des questions, et pour une fois, j'allais les lui poser. - Attendez! Il s'arrêta, me tournant toujours le dos. Comme s'il hésitait à me faire face. Ce n'est pas grave, cela n'allait pas m'empêcher de le questionner. - Quel est votre nom? - Je m'appelle Kerim! Déjà un bon début, j'avais un nom. Mais autre chose me perturbait, comment avait t'il fait pour être là au bon moment?. - Comment avez vous su que j'avais besoin d'aide? Il baissa la tête, mais ne répondit pas à la question, je fis deux pas vers lui, j'avais besoin de comprendre certaines choses, et j'espérais pouvoir obtenir des réponses de sa part! - Ce sont mes parents qui vous ont demandé de veiller sur moi? Il se tourna me faisant face, le visage inquiet il répondit à ma question. - Non, et ils ne doivent pas savoir que je vous viens en aide! Bien que je n'en comprenais pas la raison, j'acquiesçais, je ne dirais rien, personne ne saurait qu'il m'aide, en cachette. - merci d'être arrivé à temps! Son visage se ferma et il fut l'espace d'un instant sur le point d'exploser, il me regarda, il semblait tellement désolé. - Je ne suis pas arrivé à temps, si j'étais arrivé à temps rien de tout cela ne se serait passé! Visiblement il se sentait coupable de ce qui était arrivé et de ce qui aurait pu arriver, mais rien n'était de sa faute, et il devait l'entendre. - Vous ne pouviez pas savoir ce qui allait se passer, vous ne pouviez pas savoir que je sortirais de la maison pour l'affronter. Il retenait en lui une colère non dissimulée, seulement mes derniers mots le figèrent sur place, il me regardait fixement, comme s'il n'avait pas compris ce que je venait de dire, les mots qui venaient d'être prononcés, ou tout simplement, il ne voulait pas les entendre. - Vous l'avez volontairement affronté? - oui! Il fit des vas et viens, passant sa main dans ses cheveux, réfléchissant surement à comment agir avec moi afin de garantir ma sécurité. En fait je n'en savais rien, j'extrapolais. Mais il était visiblement en pleine réflexion. - Ce loup n'aurait jamais dû pouvoir poser une main sur vous! Quoi? comment? pourquoi? Il aurait été humain je l'aurais cru jaloux, mais là, je ne comprenais pas sa réaction qui pour moi était assez excessive. - Ce n'est pas grave, j'ai déjà plus mal! Bien que j'avais dit cette phrase pour calmer ses angoisses, je me rendis rapidement compte que je disais la vérité, mon dos, qui m'avait fait tellement mal, limitant mes mouvements à néant ne me faisait plus mal du tout. Ma lèvre, passant mes doigts dessus, ne me faisait plus mal non plus. Bizarre.... Il me regardait faire l'inventaire de mes "blessures" qui semblaient avoir été rêvées. Pourtant, à y regarder de plus près, mes vêtements étaient couverts de traces d'herbe et de terre, signe que tout cela s'était bien produit. Après avoir fait l'inventaire des trous sur mes vêtements, je constatais, que je ne portais pour ainsi dire quasiment pas de vêtements si ce n'était une nuisette qui en dévoilait un peu trop et un par-dessus. Fermant le dernier vêtement, il sourit d'une certaine satisfaction, visiblement il avait vu ce qu'il voulait voir. - vous devriez aller vous reposer, il ne reviendra pas de sitôt! En repensant à son regard terrorisé, je me mis à rire, en effet, si voir Kerim lui faisait cet effet là, il ne reviendrait pas de suite. Je sentit une fois de plus son regard sur moi, ce qui, je dois bien l'avouer, n'était pas désagréable. J'étais cependant curieuse. - Qu'avez vous fait pour le terroriser comme ça? Il me fixa surpris par ma question, je vis rapidement dans son regard une grande incompréhension, presque comme si je devais être au courant. Je lui fit signe que j'attendais une réponse, que je ne comprenais pas son silence. Il me répondit enfin au bout d'un moment. - Je lui ai juste montré ma supériorité! - C'est tout? Je dois avouer que sa réponse était un peu légère, mais bon, il ne me connaissait pas et de plus étant humaine, il n'avait pas à me raconter tous ses secrets donc j'ai pris cette réponse pour ce qu'elle était, une réponse très vague. Il se retourna et s'en alla sans parler plus, quant à moi, je retournais me coucher. ....
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER