« Tu écoutes du soufi, Leïla ? » lança Zayd, affalé sur un coussin dans la bibliothèque privée de Leïla, un oud désaccordé à la main. Les étagères en acajou, chargées de recueils de Rûmî et Darwish, baignaient dans la lumière douce des vitraux, projetant des motifs colorés sur le tapis persan. Leïla, 18 ans, en robe lavande et hijab assorti, feuilletait un recueil de poèmes, surprise par l’intérêt du jeune rebelle. Son carnet, où elle consignait son plan secret pour annuler son mariage forcé avec le prince Karim, était caché dans sa suite, mais l’alliance naissante avec Zayd, frère cadet de Karim, après qu’il l’eut aidée à déjouer le piège des lettres de Salma, la rendait prudemment curieuse. « Nusrat ? Bien sûr », répondit Leïla, un sourire naissant. « Sa voix… c’est comme une prière qui


