Chapitre 4

2634 Mots
"Le mariage est une comédie, et je n'ai pas le génie de Molière." Depuis la venue de ma tante ma belle-mère était différente mais avec Soukeyna c'était pire. Elle faisait tout le temps des sous-entendus qui me touchaient guère. Moi j'avais même pitié car son mari n'hésitait pas à la bastonner. J'étais contre les hommes qui frappaient les femmes mais Soukeyna elle était très impolie. Je profitais de mon maximum avec babacar car il me restait que deux semaines ici au Sénégal. Mon amie Tamare de Turquie m'avait envoyé les trois mois de bourses et c'était une véritable fortune. Quand j'ai retiré l'argent j'ai passé au marché pour acheter de petits voiles à Bb Fatou elle me disait souvent qu'elle en voulait. J'en ai acheté trois et des robes assorties. J'ai acheté des fruits pour ma belle-mère et pour babacar. Quand je suis entré dans la maison je les ai trouvé entrain de déjeuner. Je les ai salué puis je suis monté dans ma chambre. J'avais extrêmement chaud je me suis donc engouffré dans le salle de bain. À ma sortie babacar était dans la chambre. - tu as duré là-bas. - il y avait beaucoup de monde là-bas. J'ai acheté des fruits pour toi attend je m'habille et je les lave. - d'accord. J'ai porté un djalaba vite fait puis je suis partie dans la cuisine pour laver les fruits que j'ai mis dans une assiette avant de les rapporter dans la chambre. J'ai prié puis je suis allé dans la chambre de ma belle-mère pour lui donner les fruits. - dieuredieuf wa hone na Soukeyna mou yaakal la wayé d'à foguone ni Dagua yendou( merci. J'avais dit à Soukeyna de te réserver ton déjeuner mais elle pensait que tu allais passer la journée). - amoul problème( pas de problème). Je m'attendais même pas à qu'elle me laisse mon déjeuner. Je verrai quoi manger après. Je suis retourné dans la chambre. Babacar était allongé. J'ai sorti l'argent pour le lui donner. - cheri tiens. - hum quoi ? - l'argent - et tu veux que j'en fasse quoi? - je voulais te le donner. - pour que je le garde pour toi ? - non pour que tu le prenne. - pour ? - comme si tu savais pas. - je sais pas kay. Tu viens me tendre ton argent comme ça. - tu es mon mari j'ai cru bon de te le donner. - donne le à ton père c'est lui qui paie tes Études. - il va pas accepter. Legui garde ça juste. - non. J'ai donc enlevé quelques billets que j'ai mis à l'intérieur de sa chemise. Puis je me suis levé en vitesse - youma - oui tu as besoin de moi Il me lança un sourire que je lui rendis avant de sortir avec ce que j'avais acheté pour Bb Fatou. Je me suis dirigé dans la chambre des filles où elle dormait parfois. Elles étaient toutes là-bas sauf Noguaye qui va tout le temps chez son mari. - salut les filles. - salut youma... Répondit marie. Ngoné m'a juste lancé un regard. J'ai sortis ce que j'avais acheté pour Bb Fatou et elle s'est automatiquement levé. - c'est pour qui ? - pour toi ma chérie. - alors je vais te ressembler. - oui viens on essaye. Elle est descendu du lit pour se mettre en face de moi. Je lui ai mis le noir et ça l'allait à merveille. - oh machallah c'est jolie chérie. - je vais montrer à ma mère. Elle sortit de la chambre en courant. J'ai pris un billet de 10,000f que je donna discrètement à marie. - c'est quoi youma ? - c'est rien je t'offre juste. Quand j'ai dit ça Ngoné s'est tout de suite intéressé à ce qu'on disait. Si elle croyait que j'allais la donner de l'argent elle peut toujours marcher. - ey way c'est trop youma. - mais non ce n'est rien. Tiens c'est pour bb Fatou garde ça pour elle je vais dormir. - merci beaucoup. Finalement je me suis couché sans manger de toute façon j'avais pas tellement faim. Babacar au lieu de me réveiller normalement s'est mis à parsemer mon cou de bisou. - babacar.. - lève toi aytia. - je suis fatigué wallah. - mais lève toi tu aura toute la nuit pour dormir - si tu me laisse dormir bien-sûr. - qui d'entre nous empêche l'autre de dormir ? - ha-ha je ne sais pas. Je me suis dégagé de lui et je me suis levé. Ce qui me plaît sur babacar c'est qu'il est très strict quand il s'agit de religion pourtant j'ai remarqué que ses sœurs ne priaient pas de même que Ngoné et Soukeyna. Marie elle chaque fois j'essayais de parler avec elle pour la convaincre. Pour moi être m******n sans poser son front sur le sol ce n'est pas vraiment être m******n. Qu'importe certains disent que tout est dans le coeur. On croit on pratique c'est tout. Et franchement avec tous les preuves que Allah nous montre chaque jour à travers nous même ou nos proches, les gens qui étaient ici et qui n'y sont plus, ces catastrophes naturelles qui dévastent des pays entiers, on devrait chaque jour qui se lève croire encore plus à ce pouvoir divin. Mais hélas Pour ceux qui croient, aucune preuve n'est nécessaire. Pour ceux qui ne croient pas, aucune preuve n'est possible. On était tous assis dehors quand Bb Fatou m'a appelé pour me dire de répondre à sa mère. C'était une première. Je l'ai trouvé dans mon salon, assise au calme. - oui Soukeyna tu as besoin de moi ? - j'ai vu les trucs que tu as acheté à ma fille merci beaucoup c'est gentille. - ce n'est rien. - en fait je voudrai que tu me rende un service. - dis-moi. - j'ai un mariage demain et je voudrai que tu me prête de l'argent je te le rendrai bientôt. - combien ? - 50,000f. - OK. J'ai pris l'argent que j'avais retiré et j'ai comptais 50,000f devant elle. - merci beaucoup youma. Elle sortit comme si quelque chose l'empêchait de rester. Hé bien on verra bien ce qu'elle compte faire suis pas pressé moi. (...) Alioune s'est occupé du billet d'avion tandis-que je m'occupais de mes bagages. J'ai acheté des cadeaux pour mes amis et même pour amir qui était comme un père pour moi. Babacar n'arrêtait pas de faire l'homme triste. Moi aussi j'étais triste il allait vraiment me manquer. Le temps que j'ai passé avec lui m'a rendu dépendant. Il avait mis les bagages devant la porte. Mes frères avaient déjà appelé pour dire qu'ils étaient en route pour l'aéroport. - youma tu fais quoi ? - je cherche mon sac à main beige où se trouve tout mes papiers. J'arrive pas à le trouver là où je l'avais mis. - tu l'avais mis où ? - dans l'armoire, le battant du milieu. - attends je viens. Babacar est venu m'aider on a cherché partout dans l'armoire. On a sorti les vêtements même ceux de Ngoné car madame gardait ses vêtements dans mon armoire. On avait rien trouvé. Le sac était nul part. Et pourtant il y'a même pas trois jours j'ai pris ma carte bancaire et à mon retour je l'ai remis dans le sac alors il est où? Je commençais à m'énerver vraiment. Alioune m'appelait mais j'avais vraiment pas la tête à répondre. Mon avion allait décoller dans moins d'une heure. Mes larmes avaient même commencés à couler. - tu pleure là ? Calme toi on va retrouver le sac. - mais il va être trop tard et mon avion va décoller sans moi. À la fin même lui ne savait pas quoi faire. Au moment où il s'asseyait à côté de moi mon téléphone sonna de nouveau. - allô Alioune je ne trouve pas mes papiers. - quoi? Tu les avais laissé où ? - dans ma chambre dans un sac et là je ne vois plus rien. - comment c'est possible tu as cherché partout? - partout vous devriez rentrer c'est mieux. J'ai raccroché les larmes aux yeux. Babacar me prenait dans ses bras comme pour me consoler. Et c'est comme ça que 20h45 est passé l'heure à laquelle l'avion allait quitter le sol. D'abord c'est Alioune après Tidiane puis ma mère mais j'ai rejeté leurs appels. J'étais sur le point de craquer. J'ai préféré ne pas sortir de la chambre car avec ces personnes qui étaient dehors j'avais pas envie de subir une interrogatoire. - youma regarde moi . youma si on trouve pas on va fera de notre mieux pour que tu en ai d'autres. - tu sais comment c'est difficile d'accéder au système turc et tu 'sais combien de voyage à fait mon père pour que j'obtienne les papiers ? Et le comble je ne peux même plus voyager plus de passeport plus de visa. MAIS COMMENT C'EST POSSIBLE MON DIEU. - mon amour calme toi. - me calmer ? Une personne est entré ici et a pris le sac. - comment tu le sais? - je le sens. Je sais qu'on l'a pris ici et cette personne va me payer babacar je te le promets. - ne parle pas comme ça s'il te plaît. Je lui ai tourné le dos pour fixer le mur. J'ai pleuré jusqu'à ne plus pouvoir. Très tôt je me suis préparé à aller rendre visite à mon père. Il allait m'aider à savoir où se trouvait le sac. Si c'est toujours dans la maison ou pas. J'ai juste posé un pied au pas de la porte et mon regard est tombé sur le sac. Oui c'était mon sac. J'ai hésité un long moment avant de le prendre. Quand je l'ai ouvert j'ai vu tout ce que j'avais construit s'écrouler. On avait tout déchiré , tout il ne restait que les cartes électroniques dont on ne pouvait pas déchirer. Tout ce que je voulais c'était être loin de cette maison. Arrivée devant chez mes parents j'ai hésité à entrer mais Oumou qui était parti acheter du pain m'a trouvé devant la porte. - tu fais quoi là tu n'entre pas ? Me demanda ma soeur. - j'attendais qu'on ouvre... Répondis je les yeux fixaient sur le sol. - c'était même pas fermée. Elle poussa la porte et passa la première. La première personne sur qui suis tombée c'était Alioune. Il changea d'itinéraire pour venir vers moi. - youma on t'a appelé plusieurs fois. Tu répondais pas. Et ton sac tu l'a pas trouvé ? Je lui lance le sac puis je me laisse tomber sur canapé. - p****n. Le cris de Alioune avait alerté la maison. Ils étaient autant surpris de me voir que Alioune qui sortait les papiers déchiquetés - il se passe quoi là ? Questionna mon père. Je n'ai pas pu lui répondre je ne pouvais lui répondre. J'avais la gorge nouée. C'est ma mère qui est venu s'assoir à côté de moi. Elle a posé ma tête sur son épaule et c'est mis à me caresser le dos. - calme toi ma chérie. Calme toi après tu nous dira ce qui t'arrive. Prends tout ton temps. J'essayais de parler mais aucun son ne sortait j'ai préféré pleurer en silence. Les autres ils avaient l'air peiné. - qui a fait cela ? Questionna Alioune - je ne sais pas. Hier on l'a cherché avec babacar toute la nuit. Ce matin je me suis levé tôt en ayant l'intention de venir voir papa pour qu'il regarde pour moi si le sac est toujours à la maison. En sortant je suis tombée sur ça. - qui peut bien vouloir T'empêcher de voyager ? Demanda ma mère. - c'est elles maman elles ne m'aiment pas j'ai... - redis plus ça, me coupa mon père, faut plus dire cela Aissata. - Papa sais-tu tout ce que je subis dans cette maison ? - je sais mais ce n'est pas pour cela que tu va dire que ta belle-famille ne t'aime pas. - alors qui a pris mon sac ? Qui a déchiré mes papiers ? Pourquoi on m'empêche d'aller continuer mes études. Papa si tu Sais-tu alors tu devrais savoir que ma belle-mère n'aimait pas le fait que j'étudie elle me l'a dit ouvertement. Et elles ont toutes accès à ma chambre. Alors je vais abandonner comme ça après trois ans vécu loin de ma famille, seule dans un pays étranger. Non je peux pas accepter cela. Papa après tous les efforts que tu as fait, la fortune que tu as dépensé pour que j'en arrive là et elles me font ça ? - youma n'est-ce-pas toi qui disait que les biens qu'on obtient ici étaient juste des biens terrestres qu'ils ne nous suivrons pas dans l'au-delà? - oui. - alors pourquoi tu t'en fais ? Tu peux continuer tes études ici si tu veux ou tu peux même travailler. - qui va m'embaucher sans diplôme ? Sans papiers ? - les papiers on peut s'en occuper et tu en aura d'autres. - Dans combien d'années? - papa c'est trop facile on peut pas les laisser comme ça, nous interrompu Alioune. - il a raison, ajouta ma mère, Hakim tu sais très bien que c'est elles qui ont fais cela. Et babacar il n'a rien fait ? - que voulez-vous qu'il fasse, répondit mon père, elles ont déjà déchiré qu'est-ce-que babacar peut faire d'autres. À ce moment mon téléphone sonna et quand j'ai vu que c'était babacar je l'ai remis dans ma poche. - tu réponds pas ? Questionna ma mère. - c'est babacar j'ai pas envie de retourner là-bas. - viens dans mon bureau youma. - papa youma est nôtre soeur sa vie nous concerne alors on devrait être présent...dit Tidiane en faisant un pas vers l'escalier. - je vous connais. Vous allez la dire de ne pas partir chez son mari. - tu veux qu'elle y retourne ? Questionna' Alioune un peu sur les nerfs. - vous voulez qu'elle déserte juste à cause de cela ? Youma ta mère ne t'a pas élevé ainsi et moi non plus. Tu sais très bien que babacar est un bon époux. Je ne l'aurais pas donner à ma fille s'il n'était pas capable de te rendre heureuse. Mais la vie est aléatoire parfois on voit la vie en rose et parfois on broie du noir. Si à chaque fois que tu as un problème tu reviens chez tes parents ta belle famille ne risque pas de te respecter. Sache une chose qu'importe les choses que tu subiras là-bas n'oublie jamais que babacar t'aime. Vous aurez plusieurs obstacles à sauter, sauter les ensembles ce sera plus facile. Parfois il te fera souffrir mais tu vas prendre sur toi car un jour vous serez heureux et crois-moi tu ne vas pas regretter d'être rester tout ce temps avec lui. On sera tous là pour t'épauler. Chaque mois je te verserai l'équivalent de ton salaire et qu'importe tes besoins je vais les assouvir. - et moi aussi chaque mois je te donnerai de l'argent , ajouta Tidiane. - moi tu aura de moi tout ce que tu veux... Me dit Alioune en serrant ma main. Ils sont tous venu auprès de moi,Khadija oumou Athia Rayhan. Ils ne peuvent pas comprendre ce n'est pas une question d'argent. Si je voulais être entretenu par ma famille je n'allais pas passer des années à étudier. Ce que je voulais c'était être quelqu'un et ne pas entendre " c'est la fille de Hakim barro " ou " la femme de babacar Sarr ". Ce que je voulais c'était être" youma Aissata barro " et j'ai l'impression qu'on venait d'anéantir mes rêves. Des rêves qui avaient vu le jour dès mon plus jeune âge. Mon père m'avait convaincu de repartir même si je savais qu'on allait se moquer de moi là-bas. Je n'avais pas le cœur à manger avec eux je suis donc allé me coucher dans mon ancienne chambre. J'ai reçu l'appel de Tamare , c'est elle qui devait venir me prendre à l'aéroport. Elle s'était inquiété en me voyant pas. J'avais trop honte de lui dire ce qui m'empêchait de venir vraiment. Cette maison venait d'anéantir toute une vie. Certains peuvent croire que je dramatise mais ce que je ressentais dans mon coeur personne ne pouvait le savoir même pas ma famille. Elles sauront qui je suis vraiment. Bientôt.
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