"Il y a deux sortes de mariages : le mariage blanc et le mariage multicolore parce que chacun des deux conjoints en voit de toutes les couleurs. "
- madame ?
J'ai tourné la tête et je suis tombée sur babacar qui me regardait tristement. Je me suis levé pour m'asseoir.
- tu vas comment ?
- devine.
Il me prit automatiquement dans ses bras. Ce qui fit sortir mes larmes.
- je suis désolé ma chérie. Excuse-moi tout ceci est de ma faute.
Je ne pouvais pas répondre je me contentais juste de pleurer. Je pouvais lui dire que ce n'était pas sa faute que c'était pas à lui de culpabiliser mais j'ai préféré garder le silence.
- on va trouver le responsable youma je te le promets. Excuse moi encore une fois c'est ma famille alors je te demande pardon tu ne mérite pas toute cette méchanceté.
- non ne dis pas ça c'est pas toute ta famille c'est juste certains membres de ta famille.
- oui mais ça reste quand-même ma famille et j'ai ma part de responsabilité.
Je me suis tu le laissant me caresser le dos. C'était mieux qu'il ait attendu la nuit pour venir me prendre. Ma mère frappa à la porte et babacar sortit pour nous laisser seules.
- ma chérie je sais que tu ne pourra pas t'en souvenir mais tout n'a pas été rose dans mon ménage. J'ai beaucoup souffert avant d'avoir cette belle famille aujourd'hui. Youma moi j'ai failli mourir pour juste avoir épousé ton père pourtant j'ai pas déserté. J'ai perdu mon premier enfant à cause de ma co épouse mais sais-tu ce qu'elle a gagné ? Mon endurance. Ce qu'elle me faisait subir m'avait mûri, les humiliations m'ont fait grandir. Je suis resté juste parce-que s'il y avait une chose dont j'étais sûre, c'est que ton père me rendait l'amour que je lui portais et rien qu'en regardant babacar ça saute à l'œil qu'il t'aime. Sache que tu es bénie. Tu souffrira certes mais tu ne connaîtra jamais la honte.
Je suis restée silencieuse face à ce que ma mère m'avait dit. Après mes frères sont venus. Ils n'arrêtaient pas de menacer babacar en disant que s'il me faisait souffrir ils allaient s'occuper de lui.
Le soutien de ma famille était quelque chose d'important pour moi. Malgré le fait que l'on se chamaille à longueur de journée je savais que ce qui nous liait , était fort et que jamais je n'allais troquer cela.
Babacar m'avait demandé mes clefs pour conduire à ma place. Je ne disais rien me contentant de fixer le paysage et de penser à ce qu'elles risquaient de me dire quand elles me verront.
Ce n'est que quand babacar m'a ouverts la portière que je me suis rendu compte de notre arrivée. Il me prit la main comme pour me donner du courage. Dès qu'on est entré dans la maison tous les regards se sont rivés vers nous.
- wa youma ? Pour mane yagui fofou nonou Dagua bayi sa wayass bi hana ? ( youma ? Moi qui croyais que tu étais parti ou tu as annulé ton voyage ?...questionna ma belle-mère.
- bonsoir... Fis je
J'ai enlevé ma main dans celle de babacar pour monter dans ma chambre. J'ai jeté le sac sur le sol en me jetant sur le lit à mon tour. Babacar vint quelques instants après.
- youma je te prie de me laisser m'en occuper. Pour le moment on ne connait pas le responsable. Youma ça peut même être moi.
Je sursauta face à ce qu'il venait de dire.
- hey calme toi. En aucun je ne ferai cela. Je vais être franc avec toi le fait que tu ne parts pas me profite aussi. L'idée que tu aller être loin de moi ne me plaisait pas. Mais Bilahi, Walahi, TALAhi ce n'est pas moi.
- je sais babacar.
- alors s'il te plaît avant d'accuser qui que ce soit essayons d'abord de savoir celle, je dis celle parce que j'élimine birima et matar.
- et marie aussi elle ne me fera jamais ça.
Il resta silencieux un moment, sûrement il pensait à la possibilité que ce soit sa mère. Moi mon esprit s'est rivé vers Ngoné. Elle avait ses vêtements dans mon armoire alors elle a plus d'accès dans ma chambre mais pour longtemps.
De la nuit je ne suis pas sortis de la chambre. Seule marie est venu me voir et elle est même resté à discuter avec moi.
Le lendemain je savais très bien que marie était à l'école mais ce n'est pas pour autant que j'allais faire le ménage. J'ai juste rangé ma chambre. Je me suis même pas installé avec elles pour le petit déjeuner. Babacar était à l'école alors j'étais toute seule. La maison aussi était vide. Il ne restait que ma belle-mère Soukeyna et Ngoné et noguaye. Les autres étaient au travail ou à l'école.
J'ai pris une bassine pour y mettre les habits de Ngoné. J'ai pris la bassine que j'ai porté jusqu'à la chambre des filles. Après cela je me suis installé devant ma télé. Comme je m'y attendais elle débarqua. .
- youma c'est toi qui a sorti mes affaires ?
- oui.
- pourquoi ?
- j'avais besoin de place pour mes vêtements.
- et après mes habits étaient là avant même que tu ne vienne ici.
- osef.
- ça veut dire quoi?
- va demander.
- youma.
Je continuais de fixer la télé en la laissant debout. Au bout de deux minutes elle était bien partie.
Si ce n'était pas ma maison la chambre au moins m'appartenait.
(...)
- youma hé diougueul ( youma lève toi)...me dît Ngoné
- c'est quoi ton problème?
- khoudia néna gua gneuw dem marché ( khoudia te dis d'aller au marché).
- vas dire à khoudia que je ne cuisine pas.
- Yaw rew gua d . Gua ayé baparé né do toguou ( tu es impolie c'est ton tour de cuisiner et tu refuse )
- tu as quelque chose à dire sur cela ?
Elle me regarda de haut en bas et sortit. Après elle c'est ma belle-mère mais je ne l'ai pas répondu. Je me sentais mal en me comportant ainsi mais je me suis dit que c'était pour la bonne cause
À 15h babacar m'a trouvé au lit..
- tu as prié ?
- oui. Tu as passé une bonne journée ?
- pas vraiment. J'ai l'impression que certaines choisissent l'arabe juste comme ça mais ne s'y intéressent.
- tu étais au complexe ?
- non j'avais pas cours là-bas. J'étais au lycée.
- ça ne te fatigue pas de faire la navette ?
- mais comment faire j'ai besoin des deux boulots. Ça m'aide à arrondir les fins de mois. Et j'ai beaucoup de dépenses surtout avec la maison en construction.
- si tu me laissais t'aider.
- je vais prendre un bain.
- tu évite encore ?
- tu dis quoi ? J'ai pas entendu.
À chaque fois qu'on parlait d'argent il se renfermait pourtant avec l'argent que j'ai accumulé toutes ses années je pouvais bien l'aider. Je ne savais pas s'il était juste orgueilleux ou fier.
Pendant qu'il était dans les toilettes Ngoné est passé apporter le déjeuner de babacar. Ha donc Soukeyna a cuisiné.
J'emmenai le bol quand babacar avait fini et je suis tombé sur Soukeyna et Ngoné qui faisaient messe basse. J'ai fais comme s'il y'avait personne. J'ai posé le bol j'ai pris une bouteille et suis ressorti.
- youma?
- hum
- ma mère m'a appelé à l'école pour me dire que tu avais refusé de cuisiner.
Elle va vite d Soubhannallah.
- youma je sais que tu as mal et c'est normal. Je ne vais même pas te dire que je comprends car je ne comprends pas non je ne peux pas comprendre le degrés de ta peine. Mais si tu te comportes comme ça on va t'indexer. Elles auront beaucoup plus d'opportunités pour parler de toi et je ne supporterai pas qu'on te parle mal. Youma tu n'es pas comme ça, ne laisse personne te changer.
- babacar je change pas je ne veux juste plus être celle qui encaisse tout.
- oui je suis d'accord mais pas de cette manière. Tu leur regarde en face et tu leur dis ce qu'il en est. Soukeyna, Ngoné et noguaye vous êtes de la même génération alors tu peux leur tenir tête et ne pas céder.
Il les a cité et pas sa mère. Mais je comprenais une mère restera une mère. Mais connaît-il vraiment le comportement de sa mère ? Mais qu'importe sa mère je ferai mon possible pour ne pas dépasser les limites. Elle pouvait dire tout ce qu'elle voulait mais je me garderai de la répondre. C'est la mère de mon époux et ce serait comme si Athia et Rayhan ne respectaient pas ma mère.
- je vais cuisiner demain babacar t'inquiète pas. Mais sache juste que si je suis dans cette maison c'est uniquement pour toi.
- je sais et j'en suis conscient.
(...)
Après avoir préparé le petit déjeuner je me suis préparé pour aller au marché comme je l'avais promis à babacar.
- donne moi l'argent maman je dois aller au marché.. Dis-je à mère khoudia.
Elle prit sa pochette pour en sortir l'argent qu'elle me tendit. Et elle venait de me donner 4000f.
- maman tu viens de me donner 4000f.
- va au marché.
- 4000f et tu veux que je prépare avec cela le déjeuner et le dîner?
- bou touti wé gua wah sa dieucoeur mou yok ( si c'est peu tu n'as qu'à dire à ton mari d'augmenter).
Elle me lança un chip puis regarda autre part. J'étais outrée, elle devait me donner 6000f et là elle me donne 4000 cela veut dire qu'elle a pris les 2000, je retiens.
Au marché je ne savais pas quoi faire. Au début j'avais dit que je n'allais pas y mettre mon argent mais c'était quasi impossible. Rien qu'avec les poissons presque tout l'argent y est passé et pour le dîner j'ai dû prendre mon argent. C'est juste de l'aumône me suis-je dit.
J'avais pas l'habitude d'avoir un mauvais comportement. Ça me fait toujours mal. Mais aussi si je me comportais bien avec les gens, ils devraient faire de même.
Ma mère me disait souvent que le bonheur dans la maison de sa belle-famille c'est de cuisiner et que tout le monde mange à sa faim.
Elles m'avaient condamné à rester ici alors ça ne sert plus à rien de me morfondre. Je devrais rendre fier mon mari. Qu'il sache qu'il a épousé une fille bien. Tout le monde peut penser du mal de moi dans cette maison mais pas babacar, je ne le supporterai pas. Babacar a été le premier homme dans ma vie, c'est le premier à m'avoir toucher. Je n'ai jamais eu de petits amis. J'en voulais pas, j'en pouvais pas, je ne sais pas. Tout ce que je savais c'était que toute ma vie j'ai voulu être comme mon père sur le domaine intellectuel, spirituel ou social. Mais pour le premier j'avais l'impression que j'étais revenue à la case de départ.
(..)
On avait déjà dîné et j'étais entrain d'aider Boubacar à corriger des copies quand tout a coup on entendit des cris. En vitesse on est sorti de la chambre pour voir ce qui se passait.
- Soukeyna il se passe quoi ? Questionna babacar
- Dagne ma Satie 20,000f you birima la défone sama nek gnou Satie KO. Li moussou fé am kouko Satie na guené haliss bi diaral nama DM police( on m'a volé. Les 20,000f de birima que j'avais mis dans ma chambre on les a volé. Cela ne s'est jamais produit dans la maison. Celui ou celle qui les a volé a intérêt à les sortir sinon je vais aller à la police).
C'était que des ignominies. Je voulais retourner dans la chambre quand elle m'agrippa.
- Yaw FO dieum tahawal bamou leer( toi tu vas où ? Reste ici jusqu'à ce que ça soit clair)
- Soukeyna tu m'accuses d'avoir voler ton argent ?
- attend youma elle n'a pas dit ça.. Me dit babacar.
- Wa waw Yaw la y'a gnou rah( oui c'est toi. L'étranger ici c'est toi).
- Soukeyna si tu as fini de roucouler tu me paie les 50,000f que je t'avais prêté quand tu me disais que tu devais aller à un mariage. Et mon argent je le veux au plus tard demain. Si tu as mangé les 20,000f de ton mari et que tu voulais rembourser tu aurais dû venir me voir, encore, je t'aurais donné cet argent comme quand je t'ai donné les 50,000f.
Mère khoudia qui était là essayait de retenir birima qui lui voulait s'avancer vers sa femme. Soukeyna s'est tu et s'est mise à me fixer. Je l'ai regardé longuement avant de retourner dans ma chambre.
- depuis quand tu es une banque pour prêter 50,000f, me demanda babacar, mais non les banques prêtent aux personnes qui travaillent. Pense tu que Soukeyna va te payer ?
- je pouvais même l'offrir l'argent mais vu qu'elle me traite de voleuse je préfère ne plus avoir de liens avec elle. Babacar moi qu'est-ce-que j'ai bien pu faire pour mériter ce traitement venant de ta famille ? Je suis impolie ? Ou c'est parce-que je suis une étrangère ?
Mes larmes avaient commencé à couler. Babacar m'a pris la main pour me poser sur lui.
- amour pleure pas. Je ne veux pas te voir pleurer. S'il te plaît.
Il essuya mes larmes puis me fixa.
- une beauté pareille ne devrait pas pleurer. Youma supporte juste pour moi bientôt on va déménager mais avant ça je dois en parler à ma mère. Comprends moi avant de partir il faut que j'ai sa bénédiction. C'est le seul parent qui me reste je ne peux partir sans qu'elle soit d'accord.
- oui je comprend amour je ne te presse pas pour déménager moi je veux juste vivre en paix même si c'est ici.
- tu sera en paix.
À ce moment on toqua à la porte. C'était birima.
- youma je te demande pardon pour ce que Soukeyna a fait. Elle n'avait aucun droit de te traiter de voleuse. Excuse pour elle. Pour l'argent qu'elle t'a emprunté laisse moi d'ici la fin du mois pour que je te paie ton argent.
- birima ce n'est pas grave t'inquiète pas. Pour l'argent elle peut prendre y'a pas de problème.
- non je vais te payer.
- on est une famille j'insiste.
- merci beaucoup youma.
Quand il sortit babacar se mit à me regarder avec ses gros yeux.
- wa pourquoi tu me regarde ?
- rien mère Theresa. On continue la correction. Tu n'as jamais pensé à enseigner l'arabe.
- enseigner j'ai jamais pensé à ça
- tu pourrai faire un concours.
Faire un concours? Ses mots me rappelaient que je ne vais plus continuer mes études et si je décidais de reprendre j'allais recommencer à zéro.
Depuis cet événement je faisais attention. Soukeyna et moi, on s'occupait des repas et Ngoné et Noguaye s'occupaient du ménage.
Je n'avais plus aucun espoir de continuer mes études. Je m'ennuyais à longueur de journée. Une autre chose aussi me tracassait , je ne tombais pas enceinte. Pour moi ce n'était pas un problème je me disais que ça viendra quand ce sera le moment. Babacar aussi n'en parlait pas le problème c'était sa mère et Soukeyna. Ma belle-mère n'arrêtait pas de dire qu'elle voulait des petits enfants et Soukeyna elle à chaque fois que j'envoyais son enfant elle me disait de trouver une fille comme elle l'avait fait. Tout ceci je prenais sur moi. Mais chaque nuit je priais Dieu pour que cela arrive.
(...)
On devait aller à un tour de famille à grand Médine. Dans ma voiture j'avais pris matar, marie Ngoné et noguaye tandis-que les autres étaient dans la voiture de babacar. Moi ce que je voulais c'était partir avec mon mari mais ma belle-mère a dit que c'était de la gâchis de prendre un taxi alors que ma voiture était là.
La rue était tellement étroite que j'ai du garer ma voiture un peu loin de la maison.
- tu pouvais continuer jusque là-bas, me lança Ngoné, où tu veux nous montrer que c'est ta voiture.
- Ngoné lo ndéké sékou ? Sank bâ Legui yagui wah RK ( Ngoné tu as pris un perroquet comme petit déjeuner ou quoi ? Depuis tout à l'heure tu es là à jaser)... Lui demande matar.
J'ai hâté le pas avec marie pour ne plus l'entendre.
Là maison était déjà pleine. J'avais l'impression d'être seule au milieu de ce monde. J'étais assise auprès de babacar et je lui tenais la main. Tout à coup une dame surgit de nulle part.
- Wa ki dou babacar (c'est pas babacar) ? Dit-elle en me regardant étrangement.
- ma tante comment tu vas ?
- sant.
- je te présente ma femme Aissata. Youma elle c'est la mère de Ngoné.
- bonjour maman.
Elle me répondit même pas et a continué de parler avec babacar. A part elle j'ai rencontré des personnes formidables telles le fils de l'homonyme de babacar, Kader et sa femme codou. J'étais avec eux toute la journée.
Pour le chemin du retour noguaye est allé dans la voiture de babacar et la mère de Ngoné qui devait passé une semaine avec nous est montée dans la mienne.
- Ngoné j'espère que avec babacar tout va comme sur des roulettes? Demanda la mère à sa fille
- tu me connais maman.
- quand tu fera ton mariage personne n'osera plus le faire sans te demander la permission.
Elles parlaient de mon mari au calme comme si j'étais pas la. Après elles se sont mises à discuter en sérère.
Une fois à la maison il se sont tous installés en bas. Moi je me suis déshabillé puis je suis sorti acheter du lait
En revenant je suis tombé sur une discussion ou plutôt une dispute qui m'a déchiré le cœur. Pourquoi tout ça tombait sur moi ?