"Le mariage, jeune fille, c'est travailler, enfanter et souffrir."
- boko takoul ma aramal la Yaw. Dagua ma beugue rousse lo wayé dou am douma KO nanguou. Top Ndaw si gua hamné dom sah mounou KO am. Hawma lo guiss si mom wayé sou féké may sa nday DINA ler( si tu l'épouse pas je vais te renier. Tu veux me faire honte mais je ne vais pas l'accepter. Tu cours derrière cette fille qui n'est même pas capable d'enfanter je ne sais pas ce que tu la trouve mais si je suis ta mère ce sera claire)... Dit khoudia
- maman tu ne peux pas me forcer à l'épouser. Laisse youma tranquille s'il te plaît si on a pas d'enfants c'est parce-que ce n'est pas le moment.
- doul la wah digua ko tak wala mane khoudia doutouma nek sa ndaye. Hamal ni kafouma. Halatal bou bah nak. Lima la wah RK Bilahi bo takoul Ngoné babacar nala bayi adina ak alahira. Yayame d'Ay gnibi legui Yaw RK lay har ( tu vas l'épouser ou moi khoudia je ne serai plus ta mère. Sache que je ne badine pas. Si tu épouse pas Ngoné babacar je vais te renier dans cette vie et dans l'au-delà. Sa mère doit rentrer et elle n'attend que toi).
Elle se retourna et me vit. Elle me lança un de ses regards qu'elle avait toujours quand elle me regardait. Quand elle disparu babacar se rendit compte de ma présence. Sans un mot je suis retourné dans la cuisine j'ai pris un verre j'y ai versé le lait que j'ai bu d'un trait.
J'ai retrouvé babacar assis, la tête entre les deux mains. Quand il sentit ma présence, il leva la tête et se mit à me regarder. Je n'ai rien dit je me suis contentée de prendre mon téléphone et m'installer dans le salon. J'ai commencé à mouiller mon téléphone alors je l'ai posé sur le canapé. Mes yeux fixaient la télé mais je ne voyais rien tout était flou. J'ai éclaté en sanglot sans pouvoir m'arrêter. Babacar est venu vers moi.
- youma si tu pleure je vais me sentir mal. Je ne compte pas l'épouser ma chérie.
- mais tu as entendu ce que ta mère a dit ? Et je ne suis même pas capable de te donner un enfant.
- je te promets que je ne vais pas l'épouser.
- ne me fais pas de fausses promesses s'il te plaît. Tu vas laisser ta mère te renier juste pour moi ? Non moi même je ne vais pas accepter cela.
Je venais de dire cela mais mon cœur n'était pas d'accord avec ça. J'aimais babacar mais j'allais pas accepter que sa mère le renie juste pour moi. Mais pourquoi fallait-il que cela soit Ngoné ?
Je pleurais en silence et babacar me caressait la main.
Le lendemain j'ai fait comme si de rien était. J'ai préparé le petit déjeuner puis je suis allée au marché.
À force d'avoir pleuré j'avais un mal de crâne atroce. Ngoné se dandinait devant moi comme comme si elle provoquait. Sa mère elle se contentait des grimaces. Je n'allais pas répondre à cela.
Quand j'ai servi le repas je n'avais pas envie d'avaler quoi que ce soit.
- fi d kene dou lek sa agne. Togu baparé né do lek ( personne ne va manger. Tu cuisine et tu dis que tu vas pas manger)...me lança la mère de Ngoné en repoussant le plat.
- woroul d'Al liguey yi d'à beuri si deukbi ( c'est pas sur. Le maraboutage est fréquent dans le pays).. ajouta Ngoné.
Elles se sont mises à parler en même temps. J'ai laissé le plat pour retourner dans la cuisine et ranger. En sortant je suis tombée sur Noguaye.
- tu devrais faire attention. Je ne t'aime pas certes mais j'aime encore moins Ngoné et sa mère se sont des arrivistes et elles feront le nécessaire pour que Ngoné soit la femme de babacar. Ma mère ne sait pas encore ce que veulent ces gens elle est trop intéressé par l'argent et pour elle c'est la famille d'abord.
Elle ne me laissa pas répondre et disparu comme elle était apparu.
Je ne savais pas si elles avaient manger ou pas je n'étais pas retournée là-bas.
Durant deux jours mère khoudia ne parlait plus à babacar. Ce dernier faisait son possible pour qu'elle lui parle mais rien et la présence de l'autre dame n'améliorait rien. C'était sûrement elle qui détournait khoudia. Après cette séance de mutisme elle s'est adonnée à une grève de la faim. Elle refusait de manger. Son comportement me dépassait. Elle faisait tout ceci pour que babacar épouse Ngoné. Jusqu'à s'en prendre à sa santé ?
Le week-end babacar essayait de convaincre sa mère. Cela faisait 4 jours qu'elle se torturait. Birima et babacar faisaient de leur possible. Dans la soirée elle s'était évanouie et ça avait déclenché une énorme dispute entre les deux frères. Depuis que j'étais dans cette maison c'était la première fois qu'ils se disputaient. Birima disait que c'était la faute de babacar, que s'il avait accepté d'épouser Ngoné leur mère se porterait bien. En plus il avait raison. Khoudia n'a mangé que quand babacar avait cédé. Je ne savais pas s'il l'avait dit pour que sa mère mange ou s'il comptait vraiment le faire.
J'essayais de ne pas pleurer devant lui. Mais Dieu sait que c'était difficile. J'étais pas contre la polygamie que Dieu m'en préserve. Ce qui me tracassait c'était le fait de devoir partager mon mari avec elle.
Après cette nuit tout allait tellement vite. Ngoné et sa mère étaient parties pour " préparer le mariage" avaient-elles dit. Khoudia riait à longueur de journée et Soukeyna n'arrêtait pas de me narguer. Babacar lui ne pouvait pas me regarder en face. Peut-être il avait honte mais pourquoi ? Parce-qu'il allait épouser une autre femme ?
Je voulais parler avec quelqu'un de se que je ressentais mais je n'avais personne. J'allais pas prendre le risque d'en prendre avec mes frères, ils risquaient de massacrer babacar.
(...)
Je venais de raccrocher avec ma mère. Elle m'a sorti qu'elle avait eu une mauvaise intuition et qu'elle vérifiait si tout allait bien. J'aurai voulu l'en parler mais pas aujourd'hui.
Babacar ,qui sûrement attendait que je raccroche, s'est approché de moi. Il hésitait compte tenu de sa bouche qu'il ouvrait et refermait.
- tout va bien babacar ? Dis-je pour lui donner la force de parler.
- je voudrai te parler.
- dis-moi.
- avant tout il faut que tu sache que je t'aime au plus profond de moi...
- tu veux me parler de ton mariage?
- oui et si je le fais c'est juste pour ma mère.
- oui juste pour ta mère. Babacar ne m'explique pas. C'est ta mère celle qui t'a mise au monde, qui t'a élevé qui t'a vu grandir ce n'est pas comparé à moi qui suis entré dans ta vie il y'a pas longtemps.
- écoute moi.
- s'il te plaît. Déjà que j'essaye de m'y faire avec ce mariage dont j'ai du mal à digérer je ne voudrai pas parler de ton mariage. Et ne t'inquiète pas je ne t'en veux pas.
- écoute moi s'il te plaît.
- je ne peux pas. Je veux rien savoir des détails du mariage s'il te plaît.
- youma.
- S'IL TE PLAÎT
J'ai tout de suite regretté d'avoir crier sur lui.
- excuse moi j'ai pas fait exprès.
Il se coucha sur le lit et me tira sur lui. Personne ne parlait on se contentait juste du silence assez confortable.
En me réveillant le lendemain il y'avait eu des changements marie changeait de chambre pour aller en bas. La chambre allait sûrement devenir celle de Ngoné.
- lale bima commandé Soukeyna mbar DINA gneuw tel. Ngoné dimanche lay seuysi( le lit que j'avais commandé j'espère que ça viendra tôt Ngoné va venir dimanche ?)
Elle avait attendu de me voir passer pour dire ça. J'ai fait la sourde. Comme ça c'était dimanche, elle perdait pas son temps.
- je vais l'appeler pour voir.
- bama dalé har bâ Legui. Dou goné mo may téré am louma beugue( depuis que j'attends ça. Ce n'est pas une gamine qui va m'empêcher d'avoir ce que je veux.)
Je faisais comme si elles n'existaient pas. Je balayais et marie passait la serpillière. Je faisais des efforts mais je ne tenais plus. J'avais extrêmement chaud et pourtant la température était favorable. J'avais juste une envie me coucher. Marie avait remarqué et elle m'a proposé d'y aller. 5 min après ma belle-mère me retrouva dans la chambre.
- youma sa djeukeur wahnala d'Ay tak niarel?( youma ton mari t'as dit qu'il va prendre une deuxième femme).
- oui.
- defougnou d'Ara nak d'Ay seuysi RK( on va pas faire de fêtes elle va juste rejoindre son mari).
- d'accord.
- lolou RK gua am loy wah ?) c'est tout ce que tu as à dire ?).
- je leur souhaite heureux ménage.
- Yaw nak wero ( toi tu n'es pas lucide).
Que voulait-elle ? Que je pleure ou que je quitte la maison ? Mon mari ? Je n'ai pas peur d'avoir une co épouse. J'ai bien plus peur d'autre chose que de cela.
Dans la maison tout le monde préparait le mariage sauf l'intéressé. Babacar n'en parlait même pas. C'était comme s'il n'allait pas se marier. Moi je lui montrais que j'allais bien. Il n'avait pas besoin d'un autre problème dans sa vie. Déjà qu'il revenait de l'école fatigué avec tous les efforts qu'il faisait pour subvenir à nos besoins.
(...)
- chérie tu peux répondre à mon téléphone? Me demanda babacar qui était sur le point de prier.
J'ai décroché et c'était Ngoné.
- Diohal téléphone bi babacar Yaw) donne le téléphone à babacar).
- bonsoir tu vas bien ?
- Yaw boul ma tardel ( toi me retarde pas). Dis à babacar de me rappeler c'est urgent.
Elle raccrocha de suite. Je pris place sur le lit en attendant qu'il finisse.
- c'était qui?
- Ngoné elle te dit de la rappeler.
Il ne prit même pas le téléphone. Il a haussé les épaules puis s'est jeté sur le lit.
Le mariage était dans quelques heures et on dirait que ça le rendait anxieux. Et moi alors ? Il m'a ouvert ses bras et je m'y suis logé. Je me sentais bien dans ses bras et avec ce froid ça me réchauffait. Bientôt j'allais perdre ce privilège. Il ne sera pas chaque jour avec moi, il sera avec quelqu'un d'autre, il sera avec Ngoné.
En me réveillant le matin je me sentais vraiment mal. La tête me faisait mal ainsi que mon ventre. Je me disais que c'était parce-que ce jour était un jour spécial. Ça avait empiré alors j'ai décidé d'aller à l'hôpital. Le médecin m'a fait plusieurs analyses. Il m'avait dit d'attendre les résultats mais je ne pouvais pas rester je voyais juste mon lit. Je lui ai donné mon numéro pour qu'il m'alerte.
La maison était presque vide. Ils étaient tous chez leur oncle où se déroulait le mariage de Ngoné. Seule khoudia était là avec une autre dame. Elles étaient apparemment entrain de préparer la venue de la nouvelle belle-fille.
À l'heure du déjeuner elles ont apportés le repas mais j'avais pas la tête à manger. Babacar est descendu à 15h. Il avait même refusé de manger.
- j'ai juste envie de te prendre dans mes bras là.
Je l'ai donc retrouvé au lit. Il me caressait le visage et avait l'air pensif. On aurait dit que seul son corps était là avec moi.
- je t'aime Youma Aissata barro. Excuse-moi vraiment je sais que j'ai droit à 4 femmes mais pour moi t'avais pris la place de toutes les 4. S'il y'avait un moyen de retourner sur cette décision je le ferai je te le promets. Pardonne moi.
- arrête de me demander pardon. C'est juste une femme, une deuxième femme
Il se sépara de moi et me tourna vers lui. Il posa ses lèvres sur les miennes et une larme coula pour se mélanger à notre b****r. Il essuya cette larme puis continua de m'embrasser. On est resté ainsi un long moment à s'embrasser et j'en ai oublié le mariage.
- je voudrai aller chez moi babacar pour deux jours.
Il sursauta comme si j'avais dit quelque chose de grave.
- quoi ? S'il te plaît ne m'abandonne pas maintenant
- je ne t'abandonne pas je veux juste...
- youma j'ai besoin de ton soutien. J'ai besoin que tu sois avec moi. Tu crois que c'est facile d'épouser une fille qu'on aime pas?
- je sais babacar.
- reste avec moi s'il te plaît je t'en supplie.
Il avait un regard si triste que je n'ai pas pu faire autrement que rester.
Dehors on commençait à entendre du bruit. La mariée allait sûrement arriver. Tout à coup on entendit des cris et même pas deux secondes ma belle-mère débarqua. Elle ne savait pas que avant d'entrer dans une chambre faut toquer ? J'avais posé ma tête sur le buste de babacar et elle s'y est attardé un long moment.
- babacar diougueul sa diabar gneuw n'a ( babacar lève toi ta femme est venu).
- elle peut entrer dans sa chambre.
- do KO térou sah( tu vas pas l'accueillir ?)
- maman s'il te plaît.
- bahna.
Quand elle partit je me suis levé.
- tu y va pas ?
- non je reste.
À ce moment un bruit provenant de mon ventre se fît entendre. Le traître.
- c'est ton ventre la ? Je suis sûre que tu n'as pas mangé de la journée.
- non.
- folle. Je vais te chercher quelque chose à manger.
- non n'y va pas.
Il ne m'avait même pas écouté. Il revînt avec des burgers qu'on avait manger ensemble. Après cela je tombais de sommeil et comme j'aimais être dans ses bras je m'y suis logé.
J'étais endormi quand j'entendis des cris. J'avais du mal à ouvrir les yeux.
- maman tu vas réveiller youma parle doucement.
- elle n'a qu'à se réveiller. Il fait nuit ta femme t'attend.
- comme tu l'as dit c'est ma femme alors c'est entre nous.
- donc viens il fait tard.
- vas-y babacar...dis-je une fois qu'elle soit sortis.
- tu dors pas toi?
- va rejoindre ta femme. vas-y
Il hésita un long moment puis m'embrassa avant de se lever.
- je t'aime.
- je t'aime aussi.
Ça était la pire nuit de ma vie. J'arrivais pas à fermer l'œil. Je les voyais partout.
Le lendemain quand j'ai ouvert mes yeux je suis tombée sur babacar qui me regardait.
- tu fais quoi ici babacar ?
- c'est ma chambre tu as oublié ?
- non je veux dire pourquoi..
- je suis là? J'adore te contempler.
Il évitait le sujet OK.
J'ai pris un bain vite fait. Et au moment où j'entrais dans la chambre mon téléphone sonna.
- allô Mme sarr?
- oui c'est moi.
- c'est docteur diop. J'ai vos résultats.
- j'ai quelque chose de grave ?
- non vous êtes enceinte. Félicitations.