Chapitre 1
Cécile regardait le spectacle du médium Estella sur la scène d'un petit théâtre au cœur de la grande ville de Citeneuve - capitale de son pays -. Elle avait supplié sa meilleure amie - Sabine - de venir avec elle pour cette représentation. Cette dernière n'aimait pas beaucoup sortir les soirs de la semaine car en tant qu'employée d'une boulangerie, elle se levait toujours tôt les matins. Mais il se trouvait que Cécile avait tellement insisté qu'elle n'avait pas pu le lui refuser, en lui faisant promettre, toutefois, de ne pas rentrer tard.
Les amies étaient médusées par les numéros qui s’enchaînaient les uns après les autres. La voyante demanda au public s’il y avait des personnes volontaires qui souhaitaient se faire hypnotiser devant toute une assemblée, et un petit groupe monta sur l'estrade. La présentatrice les " endormit " et leur suggéra de se l****r la main, comme le ferait un chat ; et tandis que les gens s'activaient de bon cœur, la foule dans la salle se mit à rire.
Cécile était une grande femme mince aux longs cheveux blonds et aux yeux en amande, de couleur verte. Depuis sa tendre enfance, elle croyait au surnaturel et cette démonstration avait un côté magique.
Sa meilleure amie, Sabine, était un petit bout de femme aux cheveux bruns mi-longs et aux yeux noisette malicieux qui, elle, ne croyait pas au domaine du paranormal. Elle était réaliste et cartésienne, ce qui donnait un indéniable sens à leur amitié car elles se complétaient à merveille.
Les jeunes femmes se trouvaient au troisième rang et avaient une vue imprenable sur l'ensemble de la représentation. L'extralucide continua son show en passant à la séance suivante. Elle demanda à ce que l'on baisse les lumières et alluma plusieurs bougies sur une table. Elle prit quelques instants dans le but de se concentrer et s'approcha ensuite des spectateurs. Puis, elle commença à choisir des personnes au hasard afin de leur dévoiler leur avenir tout en ponctuant ses prédictions de quelques anecdotes sur leurs vies privées.
Cette dernière était vêtue d'une grande robe violette et portait de somptueuses et lourdes boucles d'oreilles en or ainsi qu'une multitude de bracelets qui s'entrechoquaient lorsqu'elle levait les mains. Elle avait également un ruban noir dans ses cheveux roux et d'innombrables bagues à ses doigts. Cécile se demanda s'il s'agissait d'un costume de comédien ou si la vieille dame était une véritable gitane lorsque celle-ci la désigna :
- Vous avez perdu vos parents dans des circonstances tragiques lorsque vous étiez enfant et c'est votre grand-mère qui vous a élevée. Vous n'êtes pas seule, je distingue une ombre, votre grande sœur sans doute.
Cécile eut un hoquet de surprise et tint le bras de son amie. Le médium poursuivit :
- Il vous faudra puiser toute la force qui est en vous car vous êtes en danger. Des volutes noires tournoient autour de votre personne et menacent de vous entraîner dans leurs spirales. Souvenez-vous de votre passé et vous réussirez à franchir les obstacles car la clé ne se trouve pas loin. Vos parents et votre grand-mère veillent sur votre famille et vous aiment.
Cécile sentit des larmes perler aux coins de ses yeux et se leva précipitamment pour sortir de la salle car elle avait soudain la sensation d'étouffer. Des rumeurs et commentaires circulèrent sur ce qui venait de se passer mais elle ne voulait plus rien entendre. La voyante l'avait à la fois surprise et touchée en plein cœur.
Arrivée sur le trottoir qui bordait le théâtre, elle put laisser libre cours au flot de larmes et aux tremblements qui l'accompagnaient sans se soucier des regards des passants. Plusieurs sentiments s'entremêlaient lorsqu'elle sentit une main caresser ses cheveux. Elle vit à travers le rideau de pleurs qu'il s'agissait de Sabine qui lui tendait un petit mouchoir blanc. Elle lui sourit faiblement en le prenant et celle-ci lui lança en grimaçant :
- J'espérais bien sortir du spectacle un peu plus tôt mais je ne pensais pas que mon vœu serait si bien exaucé !
Son amie avait toujours eu un humour noir dans les pires moments de leurs vies, ce qui avait le don de remonter le moral de la jeune femme en un clin d'œil.
- Allez viens, ajouta-t-elle, je te raccompagne chez toi.
Sabine joignit son geste à la parole en mettant une main sous son bras et elles descendirent dans les entrailles de Citeneuve prendre un métro qui les emmena à proximité des rues où elles habitaient.
Elles s'étaient connues à l'école maternelle de leur village, du nom de Vieuxport, en Nouvelle Terre, et ne s'étaient plus quittées.
Les parents de Cécile avaient perdu leurs vies dans un tragique accident de voiture à cause d'un chauffard ivre alors que celle-ci et sa sœur n'étaient que de jeunes enfants. Par chance, elles ne se trouvaient pas dans le véhicule. Ce fut leur grand-mère qui prit le relais d’une éducation convenable, car la famille Kardec était de descendance lointaine noble et fortunée. Cécile et Gabrielle - son aînée - avaient donc grandi dans la demeure des " Quatre Vents " située dans la lande bretonne à un kilomètre à peine de l'océan.
Gabrielle, elle, était d'une nature secrète et solitaire, et s'emmurait derrière les épaisses pierres du château. Cette dernière était également devenue la gestionnaire de la propriété familiale au décès de leur grand-mère quelques années auparavant, ce qui arrangeait énormément la jeune femme. Cécile n'avait jamais souhaité rester dans ses souvenirs et était partie faire ses études d'infographie dans la capitale dès la fin de son adolescence. Elle occupait un poste de directrice d'une agence de publicités dans le quatrième arrondissement et n'habitait pas très loin de son commerce, qui fleurissait à mesure que les années s'écoulaient. Elle avait fini par persuader Sabine de venir la rejoindre et l'avait hébergée le temps de trouver un emploi bien rémunéré, ainsi qu'un habitat. Son amie avait loué une chambre de bonne à quelques mètres de là. Il fallait admettre que chacune des femmes était toujours présente l'une pour l'autre au moindre souci.
Cécile n'était d'ailleurs pas aussi proche de sa sœur que de Sabine. Elle ne retournait pas souvent au manoir, y compris pendant ses vacances alors que la brunette avait bien du mal à s'habituer à l'effervescence d'une grande ville bouillonnante. Cette dernière regrettait son hameau et s'y rendait aussi souvent que possible, même en dehors des fêtes ou congés annuels. Sa mère lui manquait terriblement, même si la vieille dame passait beaucoup de temps à l'hôpital à cause de sa maladie invalidante. Son père, quant à lui, avait péri en mer lorsqu'elle était enfant et elles avaient décidé de quitter leur village natal quelque part en Nouvelle Terre afin de s'installer à Vieuxport, désirant reconstruire leurs vies, mais la sclérose en plaques s'était alors déclarée. Elle était passée inaperçue au départ pour s'aggraver progressivement avec le temps. Il s'agissait d'une pathologie neurologique irréversible, et il n'y avait pas d'espoir de la voir un jour en guérir car il n'existait pas vraiment de remède. Sabine était une enfant unique et considérait Cécile comme une sœur mais elle devait le reconnaître, à défaut de son amie, ses racines lui manquaient.
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Les jeunes femmes pénétrèrent dans le petit appartement de Cécile et cette dernière s'affala littéralement sur le canapé. Sabine se dirigea alors vers la cuisine et mit la bouilloire sur le feu de la gazinière en regardant son amie à la dérobée.
- Je te remercie de m'avoir accompagnée à la représentation de ce soir, dit Cécile.
- Il faut reconnaître que le spectacle était époustouflant !
- Je ne m'attendais pas à de telles révélations en public et j'en suis encore toute retournée.
- C'est bien normal. N'importe qui le serait à ta place.
- Sabine, qu'est-ce que tu penses de sa mise en garde d'un quelconque danger ?
L'intéressée arrêta le feu sous la bouilloire qui sifflait. Elle prit son temps pour verser l'eau chaude dans les tasses avant de lui répondre :
- Je ne crois pas beaucoup au paranormal. Je pense que cette femme t'a reconnue dans la foule et t'a raconté n'importe quoi !
Elle rapporta les boissons au salon et Cécile enchaîna :
- Je ne suis pas aussi célèbre que tu sembles le penser. Le tragique accident de mes parents remonte à des lustres et il faudrait avoir une sacrée mémoire pour se rappeler tous les faits divers de ces vingt-cinq dernières années.
- Tu es naïve ma chérie. Certains quotidiens parlent régulièrement du succès de ta société depuis que tu fais de la publicité pour les grandes marques de parfums, bijoux et haute couture, non sans rappeler ton triste passé ou ta fortune actuelle.
Cécile écoutait ces paroles en continuant de boire sa tisane. La logique de son amie avait un effet des plus rassurants.
- De plus, poursuivit Sabine, un bon médium se tient informé des dernières rumeurs circulant en ville.
La jeune femme soupira et hocha la tête :
- C'est toi qui as raison, comme toujours ! J'ai été tellement bouleversée lorsqu'elle a mentionné ce drame que mes émotions ont pris le dessus. Ta clairvoyance est une aide infiniment précieuse !
- Ma clairvoyance ? répéta Sabine avec un sourire ironique.
Elles pouffèrent sur ce jeu de mots puis passèrent à d'autres sujets pour terminer leur soirée. Enfin, ce fut l'heure pour Sabine de rentrer à son domicile. Elles se quittèrent en se promettant de se retrouver le dimanche suivant pour leur habituel petit-déjeuner.
Après le départ de la jeune femme, Cécile enfila son pyjama et se pelotonna sous sa couette. Elle entendit l'orage au-dehors qui approchait et sombra dans un sommeil agité.
Dans son rêve, elle se promenait sur une longue plage de sable blanc et admirait un magnifique coucher de soleil sur l'océan. Elle tourna la tête et ses parents lui firent un signe de la main. Elle s'avança vers eux et monta dans leur berline car ils étaient attendus chez des amis. Ceux-ci étaient pressés et son père conduisait à une allure folle. La voiture fit une brusque embardée sur le côté pour éviter un autre véhicule en face d'elle et manqua un virage, se dirigeant subitement vers une falaise. Elle pouvait entendre les cris des siens et le grondement de la mer juste au-dessous d'elle : la peur la fit hurler à son tour. A ce moment précis, une main se posa sur son épaule. Elle tourna la tête et manqua de respirer. Elle avait à ses côtés un être à moitié humain et à moitié animal. Il avait un visage de chèvre avec des cornes noires retournées en arrière. Ses yeux étaient rouges et il semblait mesurer au moins deux mètres. Il sentait une affreuse odeur d'excréments humains et elle commença à suffoquer lorsque celui-ci lui dit : " Tu peux sauver ta vie si tu décides de me suivre. " Puis ce fut le trou noir et Cécile se réveilla en sueur.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle jeta un coup d'œil à son réveil posé sur la table de nuit. Il indiquait 3h33 du matin et sentit la même puanteur que dans son cauchemar. Cela lui souleva le cœur et elle se leva précipitamment pour aller vomir dans les toilettes. La jeune femme tremblait et transpirait abondamment. Sa main moite réussit à allumer l'unique lampe du plafonnier et elle resta là plusieurs minutes à essayer de reprendre une respiration moins saccadée. Le malaise se dissipa progressivement et elle retourna dans sa chambre. Les relents étaient toujours présents et Cécile dut ouvrir tous les volets et toutes les fenêtres de son petit appartement. La nuit était chaude pour cette fin d'été et seul un air lourd entrait dans les pièces.
Se sentant un peu plus forte, elle se dirigea vers la salle de bains et prit une longue douche fraîche. Puis, sachant que le sommeil ne reviendrait pas de sitôt, elle rejoignit la cuisine afin de se préparer une tisane. Cécile mit des bougies parfumées à la lavande un peu partout avant de s'installer sur un tabouret, sirotant son breuvage par petites gorgées.
Elle repensa à son mauvais songe et mit ça sur le compte de la peur qu'elle avait ressentie la veille, lors de la mise en garde du médium. Elle n'avait jamais rêvé du Diable et se demanda si elle avait toute sa raison. La senteur devait probablement venir des toilettes ou d'une canalisation défectueuse et son cerveau l'avait interprétée en vision cauchemardesque. Elle finit sa boisson et décida de faire le tour des pièces en allumant toutes les lampes afin de s'assurer qu'une conduite d'eau n'avait pas été fissurée, mais elle ne trouva rien. Elle revint donc s'asseoir au même endroit et se servit une autre tasse. L'odeur était à présent partie et elle jeta un œil sur la pendule accrochée au-dessus de la gazinière. Il était 5h10 du matin et la pluie commença à tomber au-dehors, accompagnée d'un agréable vent de fraîcheur. Le grondement du tonnerre se rapprocha et des éclairs déchirèrent le ciel encore sombre.
Le sommeil gagna la jeune femme, et après avoir éteint toutes les bougies et fermé toutes les fenêtres, elle retourna sous sa couette douillette et se rendormit profondément.
A 7h30, Cécile ouvrit les yeux et constata qu'une nouvelle journée s'avançait sous la pluie. Elle se souvint de son cauchemar et se promit d'en parler à Sabine dès que possible. Se levant péniblement, elle mit la machine à café en route, et beurra des tartines en pensant déjà à l'organisation de son emploi du temps.
Celui-ci se passa sans incident bien que Cécile se trouvait anormalement sur les nerfs. Elle essaya de chasser l'angoisse de la nuit passée parce que tout au fond d'elle, la jeune femme pressentait un danger.
Sa grand-mère tirait les cartes du Tarot de Marseille et avait beaucoup influencé l'enfance des sœurs Kardec quant aux sujets paranormaux. Ayant suivi une éducation catholique, elle croyait bien entendu à l'existence de Dieu mais ne s'était jamais vraiment posée la question sur l'existence du Diable.
Elle fut interrompue dans le fil de ses pensées par sa collègue de travail et se noya le reste de la journée dans diverses maquettes de publicités pour un grand magazine.
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Il était 19h30 lorsque Cécile traversa le hall de son petit immeuble afin de chercher son courrier. Elle croisa la concierge et après l'avoir saluée, lui demanda si elle avait quelques minutes à lui consacrer. Cette dernière acquiesça en la faisant entrer dans son local. Cécile l'interrogea dès que la porte fut fermée :
- Avez-vous eu des locataires se plaignant d'une mauvaise odeur cette nuit ?
La vieille dame réfléchit un instant avant de lui répondre :
- Non, personne n'est venu se plaindre de quoi que ce soit. Pourquoi cette question ? Avez-vous eu des ennuis ces derniers jours, mademoiselle Kardec ?
- Oui, des relents très désagréables ont envahi mon appartement ces dernières heures, probablement en provenance des toilettes, et il m'a fallu un bon moment avant de les faire disparaître. Y a-t-il des problèmes de canalisation dans le bâtiment ?
- Je n'en n'ai pas eu écho mais je peux faire venir un plombier pour vérifier l'état de votre tuyauterie si vous le souhaitez.
- Non, je vous remercie, madame Claire. Si cet incident devait se reproduire, je ne manquerais pas de faire appel à vous.
Cécile hocha la tête et sortit rejoindre son deux-pièces, situé au dernier étage, ses lettres en main. Elle posa son sac et y jeta un coup d'œil. Elle sourit lorsqu'elle reconnut le tampon de Larive : petite ville de Nouvelle Terre située à côté de son village. Elle ouvrit celle-ci avec un couteau, croyant avoir des nouvelles de sa sœur. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant une invitation à une commémoration des anciens élèves de sa classe pour le samedi suivant. Ses pensées se bousculèrent dans sa tête, faisant réapparaître la migraine de la nuit précédente.
" Combien de temps s'est écoulé depuis ma dernière visite au manoir ? " réfléchit-elle à haute voix. Elle s'assit sur son tabouret de cuisine et une foule de souvenirs lui revinrent alors en mémoire : ses jeux dans le sable, ses parties de cache-cache avec Sabine, ses camarades d'école qui ne semblaient pas l'apprécier outre mesure. Mais aussi des flashs de son adolescence : son indépendance, son caractère rebelle, ses longues balades sur la plage et aussi Marc, son premier grand amour. Elle soupira quand elle repensa à la colère de Sabine qui le lui avait présenté car il avait d'abord été son petit ami avant d'avoir le coup de foudre pour elle. C'était sa rupture d'avec lui qui l'avait décidée à partir pour Citeneuve et elle ne le regrettait pas.
Le téléphone sonna et son esprit revint subitement au présent. C'était Gabrielle à l'autre bout de la ligne.
- Bonsoir sœurette, lui lança cette dernière.
- Bonsoir Gaby.
- Est-ce que tu vas bien ?
- Oui, très bien. Et toi ? Quoi de neuf au manoir ?
- Il n'y a rien de particulier au château. Je te téléphonais pour savoir si tu avais eu toi aussi, l'invitation à la commémoration des anciens élèves de l'école primaire ?
- Oui, rétorqua Cécile, je viens tout juste de la recevoir.
- Et comptes-tu venir à cette soirée ?
Cécile se tut un instant car elle ne savait pas quoi lui répondre.
- Tu es toujours là ? s'enquit Gaby.
- Oui, oui... je réfléchissais.
- Ça me ferait plaisir de te voir, tu sais, lui glissa-t-elle.
Cette affirmation surprit Cécile car jamais auparavant sa sœur ne lui avait exprimé le moindre sentiment à son égard.
- Gabrielle, tu me le dirais si tu avais des ennuis ? interrogea la jeune femme, inquiète.
- Mais oui bien sûr. Je pensais juste que cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas revues.
- C'est vrai. Écoute Gaby, j'ai besoin d'un peu de temps pour prendre une décision.
- Je comprends. Sache que tu seras toujours la bienvenue au manoir.
- Je te rappellerai pour te donner ma réponse.
- C'est entendu. Prends soin de toi, Cécile.
La cadette n'eut pas le temps d'ajouter un mot que déjà sa sœur avait raccroché. Elle resta perplexe quelques instants, le combiné en main. Mais qu'arrivait-il à Gabrielle ? Elle finit par raccrocher avec la désagréable sensation qu'elle avait des problèmes. La jeune femme se remémora avec précision sa dernière visite au château. C'était pour l'enterrement de leur grand-mère : Marie. Et elle était partie pour la capitale sans même se retourner une dernière fois.
Le lendemain était un dimanche et Cécile attendait la venue de son amie avec impatience. La sonnette de sa porte d'entrée retentit plusieurs fois et elle se dirigea jusqu'à l'interphone pour ouvrir à Sabine. Cette dernière était à bout de souffle car elle avait presque couru dans les escaliers, mais réussit à sourire tout de même en lui donnant un sachet rempli de croissants.
- Bonjour Sabine, fit-elle en l'embrassant.
- Bonjour. Alors là, je dois reconnaître que tu m'étonnes ! D'habitude, je te tire du lit et là tu es déjà habillée !
- C'est que j'ai une tonne de choses à te raconter, reprit Cécile malicieusement en se dirigeant vers la cuisine.
Son amie ne se fit pas prier pour la suivre, sentant l'odeur alléchante du café frais.
- Tu m'as manqué la semaine dernière, commenta Cécile en versant le breuvage dans deux tasses. Nous n'avons pas tellement eu le temps de discuter de ton séjour à Vieuxport.
Sabine lui sourit avant de mordre dans une viennoiserie couverte d'une fine couche de chocolat. Elle était partie quelques jours chez sa mère.