FRAGMENTS D’ORANABDELKADER DJEMAÏ (Extrait d’un récit à paraître aux éditions du Seuil) 1 Je suis né à Oran, le 16 novembre 1948, à 14 heures, au 14 de la rue Tardieu. Dépourvue d’arbres, plate et rectiligne, cette rue du quartier de la cité Petit, qui sentait la campagne, mesure à peu près six cents mètres. Elle était assez large et peu fréquentée, à cette époque-là, par les automobiles et les camions. L’école de garçons Jules-Abadie, et le cinéma Kid, dont les façades donnent sur la rue de Damas, m’offrirent leurs bancs. Je me souviens encore du beau visage de mon institutrice, aux cheveux clairs et à la voix douce. Dans cette ville où l’on vivait beaucoup le soir et qui avait la chance d’avoir un important port de commerce, la plupart des maisons du quartier et la villa du directe


