UNE ENFANCE ORANAISEYVES OUAHNON 1952 Papa a pris un taxi pour ramener Khaella, notre bonne m*******e, chez elle, au douar du Ravin. J’ai fait une scène pour être autorisé à la raccompagner. Maintenant, je la tire par sa robe et je pleure. Dans un coin, il y a un petit brasero qui rougeoie. J’avais quatre ans, quand je marchais dans la rue, ma main s’enroulait dans sa main et je poussais ma joue contre son voile. Elle me donnait le bain, me séchait dans une serviette et me pressait contre elle en me disant des mots d’amour. J’aimais l’odeur de menthe de sa sueur mêlée au henné. C’était une fille de la montagne au teint clair et aux yeux verts. Elle me montrait ses tatouages, m’apprenait à compter en arabe sur ses doigts. Ouahrad, zouj, tleta, arbya, rhamssa… «Rhamssa ye lik (Cinq sur to


