QUELLE LIBÉRATION ?BRAHIM HADJ-SLIMANE Je tente d’être un écrivain dans la vie. Je veux dire la vie du peuple. Lorsque je parle de peuple, je ne veux pas signifier cette abstraction fictive dont se proclament le FLN et les dirigeants qui ont pris le pouvoir à l’indépendance. Non, le peuple auquel je pense est celui des «perdants» de l’après-guerre, et même avant, durant la guerre. Celui des combattants asphyxiés dans les maquis avec leurs héros tués par les leurs ou donnés à l’armée française. On le sait maintenant que le voile de l’omerta se déchire et que les langues se délient peu à peu. Ceux auxquels je pense sont ces loosers qui constituent la majorité écrasante. Un ami me racontait, sous le sceau de la confidence, ce témoignage d’Édouard Glissant: en juillet 1962, celui-ci avait p


