SI LE PARADIS EXISTE…LEILA MAROUANE À Marguerite Duras Il me souvient d’une oasis ocre sous le soleil, rouge sous les lueurs du crépuscule, on aurait dit une jeune mariée qui appréhende la nuit de ses noces. Est-ce pour cela que les Anciens l’avaient surnommée «Arrous-ezzibane1»? C’était une oasis, mais aussi une ville plus connue sous le nom de Biskra. Guy de Maupassant, Isabelle Eberhardt, André Gide, Frédéric Rimbaud, le père du jeune Arthur, pour ne citer que ceux-là, y avaient séjourné, parcourant ses rues, se prélassant dans ses palmeraies, dormant dans ses maisons aux courbes et à la topologie ottomanes, assouvissant chacun à sa manière ce fameux désir d’Orient. À l’âge que j’avais alors, je l’ignorais. C’est sur cette oasis que j’ai écoulé mon enfance, la petite, dont les années


