Dans cette situation déplorable, elles arrivèrent au premier village. Les paysannes s’assemblèrent autour d’elles, et comme au travers de leur déguisement on ne laissait pas de remarquer que c’étaient des personnes de quelque condition, on leur demanda ce qui les obligeait à voyager ainsi sous un habillement qui paraissait n’être pas leur habillement naturel. Au lieu de répondre à la question qu’on leur faisait, elles se mirent à pleurer ; ce qui ne servit qu’à augmenter la curiosité des paysannes, et à leur inspirer de la compassion. La mère de Ganem leur conta ce qu’elle et sa fille avaient souffert. Les bonnes villageoises en furent attendries, et tâchèrent de les consoler. Elles les régalèrent autant que leur pauvreté le leur permit elles leur firent quitter leurs chemises de crin de


