CCXLIIIe nuit Sire, poursuivit la sultane, Saouy, meurtri de coups, se releva à l’aide de ses gens, avec bien de la peine, et il eut la dernière mortification de se voir tout gâté de fange et de sang. Il s’appuya sur les épaules de deux de ses esclaves, et, dans cet état, il alla droit au palais, à la vue de tout le monde, avec une confusion d’autant plus grande, que personne ne le plaignait. Quand il fut sous l’appartement du roi, il se mit à crier et à implorer sa justice d’une manière pitoyable. Le roi le fit venir, et, dès qu’il parut, il lui demanda qui l’avait maltraité et mis dans l’état où il était : « Sire, s’écria Saouy, il ne faut qu’être bien dans la faveur de votre majesté, et avoir quelque part à ses sacrés conseils, pour être traité de la manière indigne dont elle voit qu’o


