CCLVe nuit Sire, quand le prince de Perse eut atteint l’âge de quinze ans, il s’acquittait déjà de tous ses exercices avec infiniment plus d’adresse et de bonne grâce que ses maîtres : avec cela il était d’une sagesse et d’une prudence admirables. Le roi de Perse, qui avait reconnu en lui, presque dès sa naissance, ces vertus si nécessaires à un monarque, qui l’avait vu s’y fortifier jusqu’alors, et qui d’ailleurs s’apercevait tous les jours des grandes infirmités de la vieillesse, ne voulut pas attendre que sa mort lui donnât lieu de le mettre en possession du royaume. Il n’eut pas de peine à faire consentir son conseil à ce qu’il souhaitait là-dessus, et les peuples apprirent sa résolution avec d’autant plus de joie, que le prince Beder était digne de les commander. En effet, comme il y


