– Gardez-vous de porter la main sur moi, dit sévèrement M. Ouine. Je ne vous veux d’ailleurs aucun mal, mais vous n’avez nullement besoin de mes secrets. – Je ne vous les demande pas, vos secrets. Donnez-les ou gardez-les, à votre choix. Ils ne me font pas peur non plus. – Vous faire peur ? Ils ne sauraient inspirer ce sentiment à personne. Leur complication m’apparaît désormais aussi vaine que celle des rêves. Sont-ce là seulement des secrets ? Peut-être jadis m’ont-ils fait honte. Je voudrais maintenant les haïr, mais je ne les hais ni ne les aime, la malice s’en est lentement affaiblie à mon insu. Ils ressemblent à ces trop vieux vins sans saveur, d’un rose livide, qui avant de mourir ont dévoré le liège du bouchon et mordu jusqu’aux flancs du verre. J’ai fait le mal en pensée, jeune


