Sacrés fantômes ! Le vieux est depuis bientôt quarante ans sous la terre et c’est lui, Martial, à son tour, le vieux… Les voilà qui le cernent de leur vol noir, sacrées corneilles ! Il a beau les haïr – a-t-il seulement jamais cru à ces histoires de comtes, de barons ? – c’est tout de même à leur rencontre qu’il va, il faut qu’il les retrouve cette nuit coûte que coûte. Pas moyen de se passer d’eux cette nuit-ci ! À présent qu’il connaît son malheur, l’unique crainte est de lui mesurer sa part. Non ! qu’il entre une fois pour toutes, le malheur ! qu’il fouille, qu’il creuse, qu’il entre jusqu’au fond de sa vie, bien au fond ! N’importe quoi serait préférable au sentiment vague et indéterminé qu’il a désormais de sa honte, à l’horrible fatigue de l’âme. Que ne donnerait-il pour sentir encor


