XLV La légende du défilé et du rocher de la Tête Cette nuit-là fut affreuse pour Ragastens. Il la passa à rôder autour du palais, interrogeant les lumières qui s’éteignaient l’une après l’autre, cherchant à deviner laquelle éclairait la chambre nuptiale de la princesse Manfredi. L’aube le surprit, pâle et défait, sur la grande place aux platanes. Il s’arracha enfin à cette torture de jalousie qu’il s’était volontairement imposée et s’en alla en murmurant : – Allons ! Tout est fini pour moi ! Giulio Orsini, qui l’avait pris en vive amitié, lui avait offert dans son palais une hospitalité que Ragastens avait acceptée de bon cœur. Ce fut donc au palais Orsini qu’il se rendit. Il réveilla Spadacape, qui dormait du sommeil du juste, et il lui ordonna de seller Capitan. – Dois-je vous acc


