XLVII Le duel Ragastens, en allant au rendez-vous de Jean Malatesta, était réellement désespéré, tout prêt à se laisser tuer par son adversaire, résolu d’en finir d’un coup avec une vie qui lui paraissait insipide du moment que Primevère lui échappait. Mais Ragastens avait compté sans le bon et puissant instinct de vivre, sans son tempérament spécial, qui lui faisait à la rigueur accepter et même souhaiter la mort, mais à qui la pensée de mourir dans une défaite était insupportable. Donc, au moment où il se mit en garde, il offrit pour ainsi dire sa poitrine à l’adversaire. Mais, dès le premier coup sérieux qui lui fut porté, il para. Ce ne fut pas seulement l’instinct de vivre, mais la curiosité intéressée du manieur d’épée. Malatesta était un adversaire digne de lui. Il jouait un jeu


