LV L’abbé Angelo César Borgia, ayant confié le commandement de ses troupes à un vieux reître, partit pour Tivoli avec une faible escorte. Ayant fait diligence, il y arriva le lendemain dans la soirée. À peine arrivé dans l’appartement qu’avait occupé son père, César fit venir l’abbé Angelo. L’abbé Angelo était âgé de vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Mais il en paraissait une vingtaine. C’était, en apparence du moins, le type achevé de l’abbé de cour : galant, empressé, pommadé, fardé, toujours à la dernière mode. Il avait un visage rose et frais, un air de candeur fait pour inspirer confiance. – Voyons, l’abbé, dit César en se jetant sur un fauteuil, que pensez-vous de la situation ? L’abbé Angelo tressaillit. Jamais César ne lui avait parlé de choses sérieuses. Maintes fois, il avait


