LXII L’aile de la mort Alexandre Borgia menait dans le château de sa fille l’existence d’un condamné. Chez ce vieillard qui, jusqu’alors, avait donné des preuves constantes d’une incroyable énergie morale, s’était produite soudain une dépression des facultés de l’esprit. Tous les soirs, avant de s’endormir il se verrouillait solidement. Il était rare qu’il dormît deux nuits de suite dans la même chambre. Peu à peu, pourtant, le pape se rassurait. Lucrèce, d’ailleurs, s’ingéniait à lui démontrer que, dans ce château si bien gardé, il n’avait rien à redouter. Le vieillard, au bout de quelques jours, s’enhardit jusqu’à descendre seul, le soir, à la nuit, dans son jardin qu’il avait tout de suite pris en affection parce qu’il lui rappelait les jardins de Tivoli. Comme à Tivoli, il aimait à


