LXIII Un bon lecteur Lucrèce Borgia avait accompagné son père tremblant dans son appartement. Cachée derrière un massif d’arbustes, elle avait assisté, invisible, à la mise en scène qu’elle avait combinée. Elle avait entendu le vieillard frappé de terreur, adresser de balbutiantes paroles au fantôme de la comtesse Alma. Puis, lorsque Primevère eut disparu et que le pape se fut évanoui, elle s’était élancée vers lui en appelant au secours. Maintenant, elle s’efforçait, en apparence, de calmer son père. – Mais enfin, s’écria-t-elle, qu’avez-vous vu, mon père ?... Est-il possible que vous vous abandonniez à des terreurs puériles ? – Oui... tu as raison, ma fille... répondit le vieux Borgia qui peu à peu se remettait ; ces terreurs sont indignes de moi... Mais, dis-moi, ma bonne Lucrèce, n


