Elle cligne des yeux de manières répétitives.
Je lui répètes mes mots, j'ai l'impression qu'elle ne les a pas vraiment compris :
- Je viens de te demander si tu veux bien être ma muse.
J'attends sa réponse mais rien. Elle se contente de se retourner. Elle n'a pas entendu ?
Je me répètes alors encore une fois.
- Veux tu être ma muse ? Lui dis je alors que je me replaces devant elle.
Elle fronce des sourcils et se retourne encore. Mais quoi à la fin !
Cette fois je l'arrête par le bras, et je lui cris :
- EST CE QUE TU VEUX ETRE MA MUSE !?
Brutalement, elle secoue sa main, et je la lâche. Elle chuchote :
- Pas si fort, je suis en train de travailler.
Enfin une réponse !
- Mais quoi le travail ? Qu'est ce que vaut le travail face à l'art !
Elle lève un sourcil.
- Ben le travail ça donne de l'argent.
Me balance t'elle. De l'argent ? Ouais c'est vrai j'en aurais bien besoin.
Je me mets à soupirer. Je lui avoues.
- Moi je venais à Paris pour vivre mon rêve, je n'ai pas un sous en poche.
Elle m'ignore encore. L
es gens de la capitale ne sont pas très sympas. Mais...
Je pose mes coudes sur les rebords du chariot de Paul.
Mes yeux se baladent le long de sa peau noire, d'un noire unique, si lisse, ces cheveux, si volumineux, uniques, touffus ? Moi qui vient de ma petite campagne du fin fond de Montpellier. Je n'ai jamais rien vu de tel. Elle a des yeux bleus, mais elle est noire. Je lui demande surprise.
- Tu mets des lentilles de contacts.
Elle prend l'argent d'un client, lui sourit quand elle lui tend un sandwich.
Elle m'a ignoré, encore. Je soupire.
Le client est parti. Elle me demande :
- Dit moi une chose, de là où tu viens on ne t'a pas appris le concept d'inconnu.
Je lui souris.
- Je ne te considère pas comme une inconnue.
Elle me lance un regard interrogateur. Je me racle la gorge avant de lui dire :
- Tu es ma muse.
Elle lève les yeux aux ciels. Ne semble plus vouloir me parler.
Mais elle pense que je vais laisser une fille comme elle s'en aller comme ça ?
Je penses qu'elle ne comprend pas je vais lui expliquer :
- Tu es ma muse, je te connais depuis toujours, car tu es familière à mon inspiration. Tu es l'une des raisons pour lesquelles je suis venue ici.
Cette fois, elle se tourne vers moi. J'ai attiré son attention ! Vite je dois, mieux lui expliquer, être toujours plus lyrique et peut-être pourra t'elle m'écouter, peut être pourra t'elle accepter ?
J'inspire un peu de cet air, enregistre les bruits des rires des enfants, et la chaleur qu'émet les familles qui se plaisent à se promener le long de la route en terre.
Je... Je sens que mon cœur est plein il faut que j'en parle.
Il faut que je le lui dises, pour qu'elle comprenne.
- Je ne m'appelle pas Paris. Mais au fond de moi, je sais que Paris est mon nom, parce que je rêve de cette ville, cette capitale de l'art dès la seconde où j'ai mis mes pieds à la gare j'ai senti à quel point j'aimais Paris ! Je l'ai senti l'inspiration qui me submergeait. Mais quand je t'ai vu j'ai tout de suite compris pourquoi aujourd'hui précisément, je devais prendre ce train ! Pourquoi depuis tant d'année, mon cœur me disait que je devais aller à Paris !
Je pose ma paume de main sur mon abdomen, inspire encore une fois.
- C'était pour te rencontrer, toi ma muse ! Un artiste, n'en rencontre qu'une seule de muse comme toi. Je ne savais pas quoi dire, mais quand mes yeux, se sont posés sur la simplicité de ta beauté, le naturel de tes gestes quand tu tends un de ces sandwichs. J'ai compris que toute ma vie, j'ai vécu pour ce moment. S'il te plaît soit ma muse.
Elle soupire.
Encore !
Mais je lui ai dis tout ce que j'avais sur le cœur pourquoi elle ne m'écoute pas !
Son téléphone sonne. Elle le prend. J'entends des brides de conversations :
- Oui maman, j'ai bientôt fini, oui je vais rentrer ne t'inquiète pas. Il n'est que 17h30, je prends le métro j'arrive.
Elle raccroche, enlève son tablier, et le passe à son manager ?
Elle sort de la buvette !
Et s'en va vers la direction du métro, mais je n'ai pas d'argent pour la suivre !
Je lui cours après, et entre à mon tour pour la première fois de ma vie dans une bouche de métro.
Il n'y avait pas de métro dans le village d'où je viens, tout était si près de tout, il suffisait de marcher.
Mais concentre toi Elise ! Elle est là sur le point de traverser le guichet, son ticket à la main.
Pleine de désespoir, je hurles ce mot qui semble si stupide à ces yeux, mais si important pour moi, mon univers et même pour l'art ! Je dois l'arrêter, je dois le crier !
- Pitié ma muse arrête toi !
Elle traverse le guichet mais se stoppe, elle se retourne vers moi, semble ennuyée quand elle me voit.
Alors que je m'apprêtais à lui faire un de mes autres discours.
Elle tend son bras droit devant elle, la paume de sa main levée surement pour me faire signe de me taire. Secoue sa tête de gauche à droite. Sur un ton plutôt embêtée, elle me dit :
- Ecoute, Euh ... Paris ! Moi j'ai des choses à faire, j'ai des études qui me prennent un temps fou, j'ai des frères et sœur dont je dois m'occuper. Je n'ai pas le temps de jouer aux muses.
- Mais ce n'est pas un jeu ! Lui dis je avec le restes d'énergie que je possèdes.
Elle soupire.
- Oui je sais c'est ton destin, mais moi mon destin c'est de rentrer chez moi, pour ne pas que ma mère pète un plomb !
Elle se tourne, elle est en train de s'en aller. Ma muse s'en va ! Non ! Tout sauf ça.
Je regarde à gauche puis à droite. Il y'a une femme au guichet, mais je m'en fiche.
J'enfourche cette espèce de portique, et lui court après.
Quand j'arrives au devant du quais. Je la vois. Elle est là, si resplendissante. Rien que de la regarder là comme ça, face à ces rails, j'ai envie de ... J'ai envie de le dire en prose et en rimes !
Cette passante, celle que mon regard à croiser à 17h30
Cette passante, au regard saisissant
Cette passante, au sourire ravissant.
Quel est votre nom ?
Attendez ne partez pas maintenant !
Il est peut-être impoli de vous le demander à vous mademoiselle qui ne cessez de m’inspirer.
Cependant...Quel est votre nom ?
Quel est votre nom ?
Ce n’est pas comme si cela ne vous était jamais arrivé.
Une demoiselle aux regards si voluptueux.
A du se faire aborder par plus d’un courageux
Pardonner mon langage la dernière de mes envies c’est de voir vos joues devenir écarlates.
En revanche j’adorerais réentendre cette voix aussi douce qu’une sonate.
Alors mademoiselle, quel est votre nom ?
Je vous promets de m’arrêter à la seconde où vous répondrez à ma question.
Elle soupire quand elle me dit :
- Afida.
Je m'approche lentement d'elle quand je lui dis :
- Afida. Chaque jour, je dis bien, chaque jour avant que tu travailleras, du début de ta journée à sa fin, je serais sur cette fontaine, et je te ferais les plus beau des poèmes ! Jusqu'à ce que tu acceptes d'être ma muse. Parce que je le sens, si je suis ne serrasses que près de toi. Je le sais, je le sens, que je serais capable, de faire vibrer cette ville, si tu es ma muse je ferais vibrer Paris !
C'est alors qu'un miracle se produisit.
En même temps que ce train vert et blanc, hurlait d'un cri strident, elle me prit par la main, dès l'ouverture des portes et me fit entrer dans ce dernier. Avec elle.
A la seconde où il se referme, je remarque que des gens en tenues de gardien ? Contrôleur ? étaient sur le quais. Ils demandaient aux gens leurs tickets. Les portes se referment. Elle m'a sauvé.
Je lui souris. Quand je lui dis :
- Merci ma muse.