Chapitre cinq

3078 Mots
Dans la rue, Fama souffla, tempêta, grogna, la colère ne s’éteignit pas d’une petite braise. Il s’ordonna d’attendre le fils de chien de Bamba pour persuader tous les dégénérés de bâtards qu’encore sur cette terre vivait un homme viril et d’honneur, un sur lequel on ne pouvait pas porter impunément la main. La rue, une des plus passantes du quartier n***e de la capitale, grouillait. À droite, du côté de la mer, les nuages poussaient et rapprochaient horizon et maisons. À gauche les cimes des gratte-ciel du quartier des Blancs provoquaient d’autres nuages qui s’assemblaient et gonflaient une partie du ciel. Encore un orage ! Le pont étirait sa jetée sur une lagune latérite de terres charriées par les pluies de la semaine ; et le soleil, déjà harcelé par les bouts de nuages de l’ouest, avait cessé de briller sur le quartier n***e pour se concentrer sur les blancs immeubles de la ville blanche. Damnation ! bâtardise ! le nègre est damnation ! les immeubles, les ponts, les routes de là-bas, tous bâtis par des doigts nègres, étaient habités et appartenaient à des Toubabs. Les Indépendances n’y pouvaient rien ! Partout, sous tous les soleils, sur tous les sols, les Noirs tiennent les pattes ; les Blancs découpent et bouffent la viande et le gras. N’était-ce pas la damnation que d’ahaner dans l’ombre pour les autres, creuser comme un pangolin géant des terriers pour les autres ? Donc, étaient dégoûtants de damnation tous ces Noirs descendant et montant la rue. Donc, vil de damnation, un damné abject, le bâtard de Bamba qui avait porté la main sur Fama. Alors pourquoi attendre sur un trottoir un damné ? Quand un dément agite le grelot, toujours danse un autre dément, jamais un descendant des Doumbouya. Fama se commanda de continuer et traversa la rue. Un bout de temps éloignait encore de l’heure de la quatrième prière, le temps de marcher vite et d’arriver à la mosquée. Il évita deux taxis, tourna à droite, contourna un carré, déboucha sur le trottoir droit de l’avenue centrale et se mêla à la foule coulant vers le marché. Là, entre les toits, apparaissaient divers cieux : le tourmenté par les vents qui arrachaient des nuages pour les jeter sur le soleil déjà couvert et éteint, le bas épais et indigo montant de la mer et avançant sur les maisons et les arbres inquiets et tremblotants. L’orage était proche. Ville sale et gluante de pluies ! pourrie de pluies ! Ah ! nostalgie de la terre natale de Fama ! Son ciel profond et lointain, son sol aride mais solide, les jours toujours secs. Oh ! Horodougou ! tu manquais à cette ville et tout ce qui avait permis à Fama de vivre une enfance heureuse de prince manquait aussi (le soleil, l’honneur et l’or), quand au lever les esclaves palefreniers présentaient le cheval rétif pour la cavalcade matinale, quand à la deuxième prière les griots et les griottes chantaient la pérennité et la puissance des Doumbouya, et qu’après, les marabouts récitaient et enseignaient le Coran, la pitié et l’aumône. Qui pouvait s’aviser alors d’apprendre à courir de sacrifice en sacrifice pour mendier ? Les souvenirs de l’enfance, du soleil, des jours, des harmattans, des matins et des odeurs du Horodougou balayèrent l’outrage et noyèrent la colère. Il fallait être sage. Allah a fabriqué une vie semblable à un tissu à b****s de diverses couleurs ; b***e de la couleurdu bonheur et de la joie, b***e de la couleur de la misère et de la maladie, b***e de l’outrage et du déshonneur. D’ailleurs faisons bien le tour des choses : Fama pouvait-il prétendre avoir eu raison sur tous les bords ? Le cœur n’avait pas été froid et la langue était allée trop vite. En tout, un fils de chef et un m******n conserve le cœur froid et demeure patient, car à vouloir tout mener au galop, on enterre les vivants, et la rapidité de la langue nous jette dans de mauvais pas d’où l’agilité des pieds ne peut nous retirer. Maintenant naissaient dans les rues et les feuillages les vents appelant la pluie. Le coin du ciel où tantôt couraient et s’assemblaient les nuages était gonflé à crever. De brefs miroitements embrassaient et secouaient. Fama déboucha sur la place du marché derrière la mosquée des Sénégalais. Le marché était levé mais persistaient des odeurs malgré le vent. Odeurs de tous les grands marchés d’Afrique : Dakar, Bamako, Bobo, Bouaké ; tous les grands marchés que Fama avait foulés en grand commerçant. Cette vie de grand commerçant n’était plus qu’un souvenir parce que tout le négoce avait fini avec l’embarquement des colonisateurs. Et des remords ! Fama bouillait de remords pour avoir tant combattu et détesté les Français un peu comme la petite herbe qui a grogné parce que le fromager absorbait tout le soleil ; le fromager abattu, elle a reçu tout son soleil mais aussi le grand vent qui l’a cassée. Surtout, qu’on n’aille pas toiser Fama comme un colonialiste ! Car il avait vu la colonisation, connu les commandants français qui étaient beaucoup de choses, beaucoup de peines : travaux forcés, chantiers de coupe de bois, routes, ponts, l’impôt et les impôts, et quatre-vingts autres réquisitions que tout conquérant peut mener, sans oublier la cravache du garde-cercle et du représentant et d’autres tortures. Mais l’important pour le Malinké est la liberté du négoce. Et les Français étaient aussi et surtout la liberté du négoce qui fait le grand Dioula, le Malinké prospère. Le négoce et la guerre, c’est avec ou sur les deux que la race malinké comme un homme entendait, marchait, voyait, respirait, les deux étaient à la fois ses deux pieds, ses deux yeux, ses oreilles et ses reins. La colonisation a banni et tué la guerre mais favorisé le négoce, les Indépendances ont cassé le négoce et la guerre ne venait pas. Et l’espèce malinké, les tribus, la terre, la civilisation se meurent, percluses, sourdes et aveugles… et stériles. C’est pourquoi, à tremper dans la sauce salée à son goût, Fama aurait choisi la colonisation et cela malgré que les Français l’aient spolié, mais avec la bénédiction de celui qui… Parlons-en rapidement plutôt. Son père mort, le légitime Fama aurait dû succéder comme chef de tout le Horodougou. Mais il buta sur intrigues, déshonneurs, maraboutages et mensonges. Parce que d’abord un garçonnet, un petit garnement européen d’administrateur, toujours en courte culotte sale, remuant et impoli comme la barbiche d’un bouc, commandait le Horodougou. Évidemment Fama ne pouvait pas le respecter ; ses oreilles en ont rougi et le commandant préféra, vous savez qui ? Le cousin Lacina, un cousin lointain qui pour réussir marabouta, tua sacrifices sur sacrifices, intrigua, mentit et se rabaissa à un tel point que… Mais l’homme se presse, sinon la volonté et la justice divines arrivent toujours tôt ou tard. Savez-vous ce qui advint ? Les Indépendances et le parti unique ont destitué, honni et réduit le cousin Lacina à quelque chose qui ne vaut pas plus que les chiures d’un charognard. Après le marché, l’avenue centrale conduisait au cimetière et au-delà à la lagune qui apparaissait au bout chargée de pluies compactes. Cette avenue centrale, Fama laconnaissait comme le corps de sa femme Sali-mata ; cette avenue parlait et du négoce et de l’agitation anticolonialiste. Mais au fond, qui se rappelait encore parmi les nantis les peines de Fama ? Les soleils des Indépendances s’étaient annoncés comme un orage lointain et dès les premiers vents Fama s’était débarrassé de tout : négoces, amitiés, femmes pour user les nuits, les jours, l’argent et la colère à injurier la France, le père, la mère de la France. Il avait à venger cinquante ans de domination et une spoliation. Cette période d’agitation a été appelée les soleils de la politique. Comme une nuée de sauterelles les Indépendances tombèrent sur l’Afrique à la suite des soleils de la politique. Fama avait comme le petit rat de marigot creusé le trou pour le serpent avaleur de rats, ses efforts étaient devenus la cause de sa perte car comme la feuille avec laquelle on a fini de se torcher, les Indépendances une fois acquises, Fama fut oublié et jeté aux mouches. Passaient encore les postes de ministres, de députés, d’ambassadeurs, pour lesquels lire et écrire n’est pas aussi futile que des bagues pour un lépreux. On avait pour ceux-là des prétextes de l’écarter, Fama demeurant analphabète comme la queue d’un âne. Mais quand l’Afrique découvrit d’abord le parti unique (le parti unique, le savez-vous ? ressemble à une société de sorcières, les grandes initiées dévorent les enfants des autres), puis les coopératives qui cassèrent le commerce, il y avait quatre-vingts occasions de contenter et de dédommager Fama qui voulait être secrétaire général d’une sous-section du parti ou directeur d’une coopérative. Que n’a-t-il pas fait pour être coopté ? Prier Allah nuit et jour, tuer des sacrifices de toutes sortes, même un chat noir dans un puits ; et ça se justifiait ! Les deux plus viandés et gras morceaux des Indépendances sont sûrement le secrétariat général et la direction d’une coopérative… Le secrétaire général et le directeur, tant qu’ils savent dire les louanges du président, du chef unique et de son parti, le parti unique, peuvent bien engouffrer tout l’argent du monde sans qu’un seul œil ose ciller dans toute l’Afrique. Mais alors, qu’apportèrent les Indépendances à Fama ? Rien que la carte d’identité nationale et celle du parti unique. Elles sont les morceaux du pauvre dans le partage et ont la sécheresse et la dureté de la chair du taureau. Il peut tirer dessus avec les canines d’un molosse affamé, rien à en tirer, rien à s***r, c’est du nerf, ça ne se mâche pas. Alors comme il ne peut pas repartir à la terre parce que trop âgé (le sol du Horo-dougou est dur et ne se laisse tourner que par des bras solides et des reins souples), il ne lui reste qu’à attendre la poignée de riz de la providence d’Allah en priant le Bienfaiteur miséricordieux, parce que tant qu’Allah résidera dans le firmament, même tous conjurés, tous les fils d’esclaves, le parti unique, le chef unique, jamais ils ne réussiront à faire crever Fama de faim. La pluie avait monté l’avenue jusqu’au cimetière, mais là, soufflée par le vent, elle avait reculé et hésitait à nouveau, mais déjà des éclaircies brillaient sur la lagune et le cimetière se dégageait. Le cimetière de la ville n***e était comme le quartier noir : pas assez de places ; les enterrés avaient un an pour pourrir et se reposer ; au-delà on les exhumait. Une vie de bâtardise pour quelques mois de repos, disons que c’est un peu court ! Fama passa deux boutiques de Syriens à droite, une troisième à gauche, mais avecun petit sourire narquois contourna celle d’Abdjaoudi. Ce bâtard d’Abdjaoudi, quand sombra le négoce, ne trouva pas mieux que de s’installer usurier. Fama lui fit l****r comme à un âne du sel gemme, et s’endetta jusqu’à la gorge et même au-dessus de la tête tant que le Syrien lui fit confiance. Et quand la confiance s’ébranla, il l’exhorta à prier Allah afin que lui Fama arrive à s’acquitter, car par ces durs soleils des Indépendances, travailler honnêtement et faire de l’argent tient du miracle, et le miracle appartient à Allah seul qui par ailleurs distingue le bien du mal. Fama tourna à gauche ; la mosquée des Dioulas était là. Les bas-côtés grouillaient de mendiants, estropiés, aveugles que la famine avait chassés de la brousse. Des mains tremblantes se tendaient mais les chants nasillards, les moignons, les yeux puants, les oreilles et nez coupés, sans parler des odeurs particulières, refroidissaient le cœur de Fama. Il les écarta comme on fraie son chemin dans la brousse, sauta des tronçons et pénétra dans la mosquée, tout envahi par la grandeur divine. La paix et l’assurance l’arrosèrent. D’un pas souple et royal il marcha jusqu’à l’escalier, monta dans le minaret, au sommet s’arrêta et cria de toute sa force, de toute sa gorge l’appel à la prière. Il cria plusieurs fois ; la journée avait été favorable, il avait quelque chose en poche et à ses pieds des fourmis de malheureux, et en pensant, un subit contentement le souleva, et sur la pointe des pieds il se dressa pour crier plus haut, plus fort, pour voir plus loin. Du côté de la lagune, le quartier n***e ondulait des toits de tôle grisâtres et lépreux sous un ciel malpropre, gluant. Vers la mer, la pluie grondante soufflée par le vent revenait, réattaquait au pas de course d’un troupeau de buffles. Les premières gouttes mitraillèrent et se cassèrent sur le minaret. Fama redescendit dans la mosquée. Un vent fou frappa le mur, s’engouffra par les fenêtres et les hublots en sifflant rageusement. Les mendiants entassés dans l’encoignure s’épouvantèrent et miaulèrent d’une façon impie et maléfique qui provoqua la foudre. Le tonnerre cassa le ciel, enflamma l’univers et ébranla la terre et la mosquée. Dès lors, le ciel, comme si on l’en avait empêché depuis des mois, se déchargea, déversa des torrents qui noyèrent les rues sans égouts. Sans égouts, parce que les Indépendances ici aussi ont trahi, elles n’ont pas creusé les égouts promis et elles ne le feront jamais ; des lacs d’eau continueront de croupir comme toujours et les nègres colonisés ou indépendants y pataugeront tant qu’Allah ne décollera pas la damnation qui pousse aux fesses du n***e. Bâtards de fils de chien ! Pardon ! Allah le miséricordieux pardonne d’aussi malséantes injures échappées à Fama dans la mosquée ! Fama se ressaisit et se boucha les oreilles au vacarme, orages et torrents, et l’esprit aux excitations des bâtardises et damnations nègres et se livra tout entier à la prière. Par quatre fois il se courba, s’agenouilla, cogna le sol du front, se releva, s’assit, croisa les pieds. La prière comportait deux tranches comme une noix de cola : la première, implorant le paradis, se récitait dans le parler béni d’Allah : l’arabe. La seconde se disait tout entier en malinké à cause de son caractère tout matériel : clamer sa reconnaissance pour la subsistance, la santé, pour l’éloignement des malchances et malédictions noircissant le nègre sous les soleils des Indépendances, prier pour chasser de l’esprit et du cœur les soucis et tentations et les remplir de la paix aujourd’hui, demain et toujours. La santé et la nourriture, Fama les possédait (louange à Allah !) mais le cœur et l’esprit s’étiolaient parce que sevrés de la profonde paix et cela principalement à cause de sa femme Salimata. Salimata ! Il claqua la langue. Salimata, une femme sans limite dans la bonté du cœur, lesdouceurs des nuits et des caresses, une vraie tourterelle ; fesses rondes et basses, dos, seins, hanches et bas-ventre lisses et infinis sous les doigts, et toujours une senteur de goyave verte. Allah pardonne Fama de s’être trop emporté par l’évocation des douceurs de Salimata ; mais tout cela pour rappeler que la tranquillité et la paix fuiront toujours le cœur et l’esprit de Fama tant que Salimata séchera de la stérilité, tant que l’enfant ne germera pas. Allah ! fais, fais donc que Salimata se féconde !… Dehors la pluie continuait de se déverser, les éclairs de scintiller et là-dedans les mendiants de se serrer et jurer. Pourquoi Salimata demeurait-elle toujours stérile ? Quelle malédiction la talonnait- elle ? Pourtant, Fama pouvait en témoigner, elle priait proprement, se conduisait en tout et partout en pleine m*******e, jeûnait trente jours, faisait l’aumône et les quatre prières journalières. Et que n’a-t-elle pas éprouvé ! Le sorcier, le marabout, les sacrifices et les médicaments, tout et tout. Le ventre restait sec comme du granit, on pouvait y pénétrer aussi profondément qu’on pouvait, même creuser, encore tournoyer et fouiller avec le plus long, le plus solide pic pour y déposer une poignée de grains sélectionnés : on noyait tout dans un grand fleuve. Rien n’en sortira. L’infécond, sauf les grâce et pitié et miséricorde divines, ne se fructifie jamais. Un éclair jaune illumina la pluie et la mosquée. Les mendiants proférèrent des jurons et des appels affolés et se cramponnèrent comme des petits singes aux murs. Ils eurent raison. Un fracas d’enfer dégringola du ciel, balança toute la terre. Fama, pétrifié, coupa la prière, cria : « Allah, aie pitié de nous ! » et se couvrit la tête des deux mains. Le tonnerre s’affaiblit, s’éloigna et mourut dans le lointain. Fama souffla un gros « bissimilai » et dut reprendre la prière par les premiers mots. Les mendiants se ranimèrent. Sans répit et très tard la pluie tomba. Reclus dans la demeure d’Allah, Fama le pria plusieurs fois et avec force, le sollicita avec insistance. La nuit sortit de la terre et épaissit la pluie ; on alluma. Avènement d’une nuit, et avec la nuit les prières de Fama remontèrent à Salimata. L’intérieur de Fama battait trouble. Qui pouvait le rassurer sur la pureté m*******e des gestes de Salimata ? Trépidations et convulsions, fumées et gris-gris, toutes ces pratiques exécutées chaque soir afin que le ventre se fécondât ! Elle priait les sourates pieuses et longues du marabout qui solliciterait que toutes ses selles soient d’or. Finissait-elle ? Avec fièvre elle déballait gris-gris, canaris, gourdes, feuilles, ingurgitait des décoctions sûrement amères puisque le visage se hérissait de grimaces repoussantes, brûlait des feuilles, la case s’enfumait d’odeurs dégoûtantes (Fama plongeait le nez dans la couverture), elle se plantait sur les flammes, les fumées montaient dans le pagne et pénétraient évidemment jusqu’à l’innommable dans une mosquée, disons le petit pot à poivre, à sel, à piment, à miel, et en chassait (ce que Fama leur reprochait le plus) la senteur tant enivrante de goyave. Toujours fiévreusement, Salimata plongeait deux doigts dans une gourde, enduisait seins, genoux et dessous de pagne, recherchait et attrapait quatre gris-gris, les accrochait aux quatre pieux du lit, et la danse partait… D’abord elle rythmait, battait, damait ; le sol s’ébranlait, elle sautillait, se dégageait, battait des mains et chantait des versets mi-malinké, mi-arabe ; puis les membres tremblaient, tout le corps ensuite, bégaiements et soupirs interrompaient les chants, et demi- inconsciente elle s’effondrait dans la natte comme une touffe de lianes au support arraché. Un moment, le temps de fouetter les pieds et de hurler comme un démon, elle se redressait. Essoufflée, en nage, en fumée et délirante elle bondissait et s’agrippait à Fama.
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