Une balle perdue, Adolphe NYSENHOLC

807 Mots

Une balle perdue Philippe Jones « Il avait une sale gueule. — Mais encore ? — Il me lançait des injures. — Qu’a-t-il dit ? — Je n’en sais rien, il ne parlait pas le français. — Comment sais-tu alors qu’il t’injuriait ? — Son visage le criait ! » Ce dialogue, entendu le matin dans le métro, l’avait frappé par sa violence et son absurdité. L’échange n’en reflétait pas moins ce temps, celui de l’incompréhension et du rejet. À l’heure du déjeuner, il apprit à la télévision que l’accident du rail à Pécrot, qui fit huit morts, serait partiellement le fait d’un malentendu linguistique, entre deux agents des chemins de fer, lors d’une communication téléphonique d’alerte, de gare à gare, à une trentaine de kilomètres de distance… D’autres causes aussi. Sans doute, l’absence d’un convoyeur

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