Le blanc, le rouge et le noir Jacques Lefèbvre Les anges, paraît-il, avaient, en une langue mallarméenne, musicale mais hermétique, adressé un message aux bergers. L’évangéliste Luc l’a rapporté en grec, saint Jérôme l’a traduit en latin et ceux qui, depuis Vatican II, doivent donner au peuple une version en « langue vulgaire » ne tombent pas d’accord. Deux interprétations opposent radicalement les exégètes, depuis qu’ils associent linguistique structurale et philologie avec la mauvaise foi des docteurs de la loi et l’assurance des Pères de l’Église. Pour les humanistes, les anges ont, au milieu des hautbois et des musettes, clamé : « Paix aux hommes de bonne volonté ». Autrement dit, la paix est un choix que font les hommes, en particulier les « décideurs » : premiers ministres ou chef


