XII« Je marche vraiment à côté de mes pompes. » C’est avec cette constatation désabusée dans la tête que Jean-Gabriel se préparait du café. Il s’était levé en pleine forme, un peu après neuf heures ce matinlà. Un soleil radieux éclaboussait le salon par la porte grande ouverte du balcon, balayant les idées noires et les inquiétudes de la veille et de cette nuit. Ses souffrances mentales, dorsales et intercostales avaient disparu, comme si elles n’avaient jamais existé, au moins pour le moment. « Il faudra longtemps », avait prévenu le médecin, l’année dernière à la Cavale Blanche, et le calme retrouvé, l’odeur du café, le soleil, tout ensemble stimulait en lui une envie de vivre qui en avait bien besoin. Il n’aimait pas ces nuits trop longues où les médicaments le faisaient dormir comme


