Il tira de sa poche un carnet élégant, aux armes de sa maison. Il y prit une lettre, la déplia, et, sans regarder la feuille, sans doute sachant de mémoire les mots qui y étaient écrits : – Écoutez, dit-il, voici la lettre que j’adresse au lieutenant général Gérard. Il y eut un mouvement de curiosité ; on se rapprocha. Bourmont lisait très bas : « Je quitte l’armée : je ne puis ni ne veux servir plus longtemps l’usurpateur, dont l’ambition effrénée perd la France. On ne me verra pas dans les rangs étrangers. Ils n’auront de moi aucun renseignement capable de nuire à l’armée française ; mais je tâcherai d’aller défendre les proscrits français, de chasser loin de la patrie le système des confiscations, sans perdre de vue la conservation de l’indépendance nationale. » Pas un mot : ces ge


