XVIIDu 1er au 22 juin 1815, quel changement d’axe dans le monde vivant ! Du Champ de Mai, où la France acclame Napoléon, à l’Élysée où, dans un petit salon retiré, Napoléon vaincu écrit fiévreusement les quelques lignes qui lui retirent le pouvoir, quelle distance ! La bataille de Waterloo a été perdue le 18 ; quatre jours après tout est fini. L’empire, applaudi il y a moins d’un mois, s’effondre piteusement, clandestinement en quelque sorte. Entre le passé et l’avenir, il y a une barrière de cadavres ; et, chose curieuse, ce sont ceux qui n’ont pas combattu, ceux qui n’ont pas eu aux yeux et au cerveau l’épouvantable réalité du désastre qui sont les plus impitoyables : Napoléon, qui était tout, n’est plus rien ; ils se vengent d’avoir encore une fois cru en lui ; son plus grand crime


