XVIII

3544 Mots

XVIIIDe tous les cafés qui eurent la vogue à l’époque de la Restauration, il n’en est pas qui ait excité plus vivement l’admiration des contemporains que le célèbre estaminet connu sous le nom des Mille-Colonnes. Si la Régence était depuis soixante ans déjà le refuge paisible des joueurs d’échecs, si le café de Foy était spécialement réservé aux calmes rentiers, le Caveau aux bavards politiciens, le café Lemblin aux militaires, Tortoni aux gens de Bourse, le café Chéron aux gens de lettres, le café Touchard aux comédiens, les Mille-Colonnes constituaient le rendez-vous éclectique de ce qu’on pourrait appeler, par un anachronisme hâtif, le tout-Paris de 1815. Les chroniqueurs du temps qualifient l’établissement d’un mot, qui résume toutes les épithètes louangeuses : C’est un temple. Dans

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